En ci­né­ma comme en re­li­gion

Dans Ser­veuses de­man­dées, Anne Dor­val hé­rite de son pre­mier rôle de grand-mère à vie. « Ça m’a fait un choc », avoue-t-elle.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - – Maxime Demers

La Cri­quette Ro­ck­well du Coeur a ses rai­sons campe en ef­fet dans le film de Guy­laine Dionne la mère de Mi­la­gro (Cla­ra Fu­rey) qui élève seule la fille de cette der­nière (Marie-Ève Beau­re­gard). Un rôle bref mais char­gé d’émo­tion…

« C’est un beau per­son­nage, pas flam­boyant du tout, très seul et triste, in­dique Anne Dor­val. Elle vit dans le fond d’un rang à Ca­cou­na dans le Bas-Saint-Laurent, tra­vaille comme ser­veuse dans un pe­tit snack-bar et s’oc­cupe de sa pe­ti­te­fille que Mi­la­gro lui a confiée. Elle est seule à es­sayer de com­po­ser une en­fance meilleure à sa pe­tite-fille, ce qu’elle n’a pas réus­si à faire avec sa propre fille. »

Anne Dor­val s’est fait of­frir le rôle sans avoir à pas­ser d’au­di­tion. Une chance en or, se­lon elle.

« Quand quel­qu’un nous ap­pelle pour nous of­frir un rôle, comme ça, sim­ple­ment, on lui dit mer­ci. J’ai ai­mé le scé­na­rio, mais ma ren­contre avec Guy­laine m’a beau­coup convain­cue et ins­pi­rée aus­si.

« Ce qui m’a tou­chée dans son film, ce sont les rêves bri­sés de ces jeunes femmes. Mon per­son­nage aus­si parce qu’elle n’a pas de vie, pas d’at­taches. Elle s’est don­née beau­coup pour sa fille, elle ne vou­lait pas qu’elle ré­pète les mêmes er­reurs qu’elle. Mais mal­heu­reu­se­ment, on di­rait que le des­tin va se char­ger de bri­ser ses rêves à elle aus­si. »

LA FA­MILLE AVANT LE CI­NÉ­MA

La co­mé­dienne, qu’on voit cette an­née au pe­tit écran dans la char­mante sé­rie té­lé Les Parent, s’est tou­jours faite as­sez rare au ci­né­ma. On l’a vue il y deux ans dans la co­mé­die dra­ma­tique La Vie se­crète des gens heu­reux, de Sté­phane La­pointe, mais si­non, son rôle pré­cé­dent au grand écran re­mon­tait à 1992 dans Ris­pon­de­te­mi, un seg­ment du film col­lec­tif Mon­tréal vu par…, réa­li­sé par Léa Pool, De­nys Arcand, Mi­chel Brault et Atom Egoyan, entre autres.

« C’est vrai que je n’ai pas fait beau­coup de ci­né­ma, mais c’est un choix aus­si, parce que j’ai eu des en­fants », ex­plique-t-elle.

« Le ci­né­ma, c’est comme une re­li­gion. Quand tu dé­cides d’en faire un, tu ne vis que pour le film. J’au­rais été in­ca­pable de faire ce­la parce que j’avais des en­fants. Alors, j’ai pris des pe­tits rôles ici et là et j’ai fait de la té­lé parce que je vou­lais être avec mes en­fants. Mais je vais y re­ve­nir un jour parce que ça me manque. »

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