HOL­LY­WOOD SE SERRE LA CEIN­TURE

À la veille de 2009, à Hol­ly­wood, il est ques­tion de se ser­rer la cein­ture juste pour un temps, ce qui n’a rien à voir avec les tailles de vê­te­ment in­fé­rieures à zé­ro.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Mi­chael Rechtshaffen Sun Me­dia

Comme dans tous les autres en­droits sur terre, les ré­per­cus­sions de la ré­ces­sion se fe­ront sen­tir à « Tin­sel­town » (terme pé­jo­ra­tif pour dé­crire cette ville). La crise af­fec­te­ra aus­si bien les stu­dios de té­lé­vi­sion et de ci­né­ma d’Hol­ly­wood et de Bur­bank que ceux si­tuées aux portes des châ­teaux de Be­ver­ly Hills.

De­puis la grande dé­pres­sion, on en­ten­dait tou­jours la même ri­tour­nelle vou­lant qu’Hol­ly­wood soit à l’abri de la ré­ces­sion. Si ce vieux re­frain est en­core va­lable pour la pro­mo­tion et la distribution des films, c’est une autre his­toire pour ce qui est de la pro­duc­tion de films.

Pour les gens qui re­cherchent le plai­sir d’une es­ca­pade ins­tan­ta­née, une soi­rée au ci­né­ma s’avère en­core bien plus éco­no­mique qu’un voyage dans une île pa­ra­di­siaque (en­core plus lorsque vous vous abs­te­nez de prendre un gros pop-corn). Ce­pen­dant, tous ceux qui tra­vaillent dans la vieille usine de fa­bri­ca­tion de rêves ne sont pas im­mu­ni­sés contre la ré­ces­sion.

Cette an­née, les prin­ci­paux stu­dios, qui ont dé­jà fait d’im­por­tantes mises à pied, de­vront aus­si pal­lier la hausse crois­sante de leurs coûts de pro­duc­tion et de pu­bli­ci­té en ré­dui­sant leurs ca­dences de pro­duc­tion.

Le nombre in­fé­rieur de titres en pro­duc­tion fe­ra en sorte que les mêmes films res­te­ront plus long­temps à l’af­fiche dans les com­plexes ci­né­ma­to­gra­phiques. La si­tua­tion se­ra ain­si plus pé­nible pour les ad­mi­nis­tra­teurs de ces com­plexes – sur­tout s’ils sont pris avec des na­vets es­ti­vaux du genre Le gou­rou de l’amour ou Ap­pe­lez-moi Dave. Consé­quem­ment, les étoiles qui étaient habituées à une prime de po­pu­la­ri­té de­vront dire adieu à leurs chèques à huit chiffres.

Si la vie est en­core belle pour des ve­dettes comme Will Smith, An­ge­li­na Jo­lie et Adam Sand­ler, les Ni­cole Kid­man de l’in­dus­trie au­ront beau­coup plus de mal à jus­ti­fier leurs an­ciens ca­chets, étant don­né leurs ré­centes per­for­mances au box of­fice et leurs ré­coltes d’os­cars.

La même chose vaut au pe­tit écran, où les reines de feuille­ton, comme l’in­con­di­tion­nelle Su­san Luc­ci dans All my Chil­dren, a vu son sa­laire di­mi­nuer de 40 %, pen­dant qu’une va­leur sûre comme Deirdre Hall était vi­ré de Days of Our Lives après avoir joué près de 28 ans le rôle du mé­de­cin dans cette sé­rie té­lé­vi­sée.

En rai­son de la crise fi­nan­cière qui se pro­longe, les sé­ries té­lé­vi­sées re­çoivent beau­coup moins d’at­ten­tion de la part des com­man­di­taires. En outre, Hol­ly­wood est tout aus­si pré­oc­cu­pée que De­troit par la crise des trois grands de l’au­to­mo­bile, pour d’ex­cel­lentes rai­sons. Comme une grande part des re­ve­nus pu­bli­ci­taires de la té­lé pro­vient des construc­teurs d’au­to­mo­biles, les ré­seaux té­lé­vi­sés – qui ont dé­jà du mal à dé­fendre leurs parts de mar­ché pu­bli­ci­taire dans un contexte de dé­clin de l’au­di­mat – pour­raient se re­trou­ver en très mau­vaise pos­ture si l’un d’eux mor­dait la pous­sière.

Ce genre de cli­mat laisse peu de place à des pro­jets ris­qués ou d’avant-garde, ce qui veut dire qu’en 2009, il est fort pos­sible que vous ayez une im­pres­sion de dé­jà-vu au pe­tit écran ( Cu­pid, The New­ly­wed Game) ou dans les sa­gas ci­né­ma­to­gra­phiques ( Des­ti­na­tion fi­nale 4, L’âge de glace 3, Le nin­ja de Be­ver­ly Hills 2).

Les temps s’an­noncent durs, mais pas tout à fait sur tous les plans. On en­tend dire que près de Be­ver­ly Hills, les prê­teurs sur gages (ou prê­teurs col­la­té­raux, comme ils pré­fèrent qu’on les ap­pelle) ont fait de très bonnes af­faires, élar­gis­sant leurs in­ven­taires avec di­vers types de mar­chan­dises, al­lant des Pi­cas­so aux Fer­ra­ri.

Hum… Le mont-de-pié­té Be­ver­ly Hills… Votre émis­sion de té­lé se dé­roule ici sous vos yeux, avec en plus une com­po­sante in­ter­ac­tive na­tu­relle qui per­met aux té­lé­spec­ta­teurs de faire main basse sur quelques-unes de ces at­ti­rantes mar­chan­dises. Main­te­nant, pro­cu­rez-vous vos billets!

PHOTO REUTERS

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