« Mau­rice Ri­chard est avec nous »

Ça pour­rait très bien être lui sur la cou­ver­ture de la ré­édi­tion de son livre Le Ro­cket. Sur la photo en noir et blanc, cinq ga­mins d’à peine dix ans prennent la pause avec leur at­ti­rail de ho­ckeyeur. Roch Car­rier dé­couvre cette image en même temps que so

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Clau­dia Larochelle Le Jour­nal

Il trouve que c’est le meilleur de tous ses livres. Quand il l’a re­lu, la veille de notre en­tre­tien, dans un ca­fé fort cou­ru si­tué tout près de chez lui à West­mount, c’est une ri­bam­belle de sou­ve­nirs qui lui sont re­ve­nus en mé­moire. Des sou­ve­nirs de jeu­nesse comme ces soi­rées pas­sées l’oreille col­lée à la ra­dio pour en­tendre les matchs de ho­ckey du Canadien de l’époque de Mau­rice Ri­chard, comme ceux de ces par­ties qu’il en­ga­geait avec ses co­pains de vil­lage qui pa­ti­naient de son propre aveu pas mal mieux que lui.

L’AUTRE BON DIEU

Dans son en­fance, Mau­rice Ri­chard était par­tout, plus pré­sent que le bon Dieu. « Nous avons huit, neuf, dix ans. Le prêtre, les re­li­gieuses nous as­surent que cha­cun de nous est ac­com­pa­gné d’un ange gar­dien in­vi­sible qui nous pro­tège. Avons-nous be­soin d’anges pro­tec­teurs ? Mau­rice Ri­chard est avec nous. » Dans cet ex­trait comme dans bien d’autres, la pas­sion que le Ro­cket anime chez les jeunes est grande, la fi­gure hé­roïque de l’homme est aus­si for­te­ment an­crée dans un Qué­bec qui ten­tait de faire sa place dans un monde sou­vent do­mi­né par les an­glo­phones.

Ses sou­ve­nirs sont aus­si ceux de ces deux an­nées pas­sées à écrire Le Ro­cket, d’abord à la main, puis au cla­vier. Roch Car­rier s’im­pli­quait corps et âme, de­ve­nait presque son hé­ros d’en­fance… « Je me sou­viens m’être vo­lon­tai­re­ment co­gné l’épaule contre mon mur de brique pour ten­ter de re­pro­duire un mou­ve­ment violent, sen­tir un peu ce que ça pou­vait faire », ex­plique l’au­teur, qui avait ren­con­tré per­son­nel­le­ment Mau­rice Ri­chard quelques an­nées au­pa­ra­vant.

C’était lors du lan­ce­ment du court mé­trage d’ani­ma­tion Le Chan­dail réa­li­sé à par­tir de son conte du même nom et qui ra­conte l’his­toire d’un jeune gar­çon qui com­mande dans le ca­ta­logue Eaton le chan­dail du Canadien, mais qui re­çoit par er­reur ce­lui des Maple Leafs de To­ron­to…

À 72 ans, Roch Car­rier voue tou­jours une ad­mi­ra­tion sans bornes à son hé­ros d’en­fance. Entre deux pé­riodes d’écri­ture, de voyage ou de tra­vail à des conseils d’ad­mi­nis­tra­tion aux­quels il siège, il trouve en­core le temps de lire et de suivre quelques matchs de ho­ckey à la té­lé.

PE­TIT BOUT DE BON­HEUR

Il vient aus­si de pu­blier Mon grand-pa­pa a dit aux édi­tions du Li­las, son troi­sième conte pour en­fants, dans le­quel un grand­père ra­conte à son pe­tit-fils le conte fan­tas­tique dont il a lui­même écou­té le ré­cit de la bouche de son grand-pa­pa. C’est dé­dié à son Ar­lo de trois ans. Sa nou­velle star. Il en a lui-même fait les illustrations. Un bon­heur n’at­tend pas l’autre en somme. Et puis, il ca­resse un pro­jet dont il ne peut par­ler.

L’au­teur de Jo­lis deuils : pe­tites tra­gé­dies pour adultes ou en­core de La Guerre, yes sir ! es­time avoir rac­cro­ché ses pa­tins de­puis très long­temps main­te­nant. Quant à son cla­vier, il n’est pas sur le point de le ranger. Il a en­core tant à ra­con­ter. La ré­édi­tion de la bio­gra­phie du Ro­cket l’anime d’au­tant plus.

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