Les pe­tits bon­heurs quo­ti­diens du voya­geur

OUA­GA­DOU­GOU, Bur­ki­na Fa­so — « Bonne ar­ri­vée! Et le voyage? Et la san­té? Et la fa­mille? » Dans cette Afrique-là, à chaque ren­contre, les sa­lu­ta­tions – qui peuvent se ré­pé­ter et même s’éter­ni­ser – consistent à s’en­qué­rir du bien-être de son in­ter­lo­cu­teur. M

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Paul Si­mier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Ce fut le cas à notre ar­ri­vée à l’hô­tel Idéal, mo­deste éta­blis­se­ment pro­prié­té de la fa­mille Dia, au centre-ville d’Oua­ga­dou­gou, non loin de la ca­thé­drale et du pa­lais du Mo­ro Naba. Du­rant tout notre sé­jour dans le pays, cet hô­tel nous a ser­vi de base, à par­tir de la­quelle nous avons rayon­né.

LE SENS DE LA FA­MILLE

An­non­cés par une amie mont­réa­laise, nous avons vite fait connais­sance avec la fa­mille : deux des filles, Aï­cha et Mariam, le fils Ap­po et les pa­rents, et aus­si, au gré de leurs vi­sites, l’un ou l’autre membre d’une im­po­sante fra­trie, mais pas for­cé­ment de même père et de même mère.

Notre « carte de vi­site », avant d’exis­ter par nous-mêmes, nous pré­sen­tait comme des « amis d’Élise ».

Du­rant tout le sé­jour, nous aver­tis­sions l’un ou l’autre des membres de la fa­mille des cir­cons­tances et des mo­da­li­tés de nos dé­pla­ce­ments et sor­ties.

De leur cô­té, ils nous te­naient scru­pu­leu­se­ment in­for­més des ap­pels et des mes­sages éven­tuels.

Chaque pas­sage à l’hô­tel – où nous avions des chambres at­ti­trées – de­ve­nait dès lors comme un re­tour à la mai­son fa­mi­liale. Aux per­sonnes qui étaient de­ve­nues notre fa­mille, nous four­nis­sions un compte ren­du por­tant sur les per­sonnes ren­con­trées et les choses ob­ser­vées du­rant cha­cune de nos ex­pé­di­tions.

Un jour, ayant ap­pris par ses filles que j’avais souf­fert d’un lé­ger dé­ran­ge­ment du­rant une sor­tie hors de la ca­pi­tale, la ma­man m’a fait por­ter une énorme ra­tion d’un suc­cu­lent po­tage et un grand bol de riz – pré­pa­rés par ses soins – qui, a-t-elle dit, al­laient me re­mettre bien d’aplomb.

HOS­PI­TA­LI­TÉ

Des­cen­dant de nuit d’un au­to­car dans une ville to­ta­le­ment in­con­nue, nous avons vu un an­cien qui nous avait en­ten­dus de­man­der notre che­min don­ner l’ordre à un homme, que vi­si­ble­ment il ne connais­sait pas lui-même, de nous ser­vir de guide toutes af­faires ces­santes.

À une gare rou­tière de la ca­pi­tale, en échan­geant des sa­lu­ta­tions avec une ven­deuse am­bu­lante de fruits, nous avons na­tu­rel­le­ment par­lé de sa fa­mille et de ses en­fants. Quelle ne fut pas ma sur­prise de la voir re­ve­nir plus tard spé­cia­le­ment pour me pré­sen­ter avec fier­té son plus jeune en­fant!

« Je vais m’ar­ran­ger pour vous trou­ver un hé­ber­ge­ment à Kou­dou­gou pour le temps du Fes­ti­val des nuits aty­piques », nous avait dit Marie-Ber­na­dette, une amie bur­ki­naise.

Là-bas, à la des­cente du car, on nous at­ten­dait. Le « contact » de notre amie était là en com­pa­gnie d’un ami pro­prié­taire d’un vé­hi­cule. Il nous a tous in­vi­tés au res­tau­rant, en in­sis­tant pour payer la note, avant de nous conduire à un hô­tel. Nous ne de­vions plus les re­voir.

PHOTOS LE JOUR­NAL

1. Au pe­tit ma­tin, dans le quar­tier de mon hô­tel. 2. Ha­bi­tat tra­di­tion­nel de brousse au Bur­ki­na Fa­so. 3. Mo­nique Huard, en va­cances so­li­daires dans la ville de Kaya. 4. Sur la route de Kaya. 5. Scène or­di­naire sur la route.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.