Le sac ou la sa­coche

Ça m’a pris presque deux ans et de­mi pour ac­qué­rir le ré­flexe. Mais il faut croire que je ne suis pas très pav­lo­vien, car il m’ar­rive en­core d’oublier mon sac réuti­li­sable de la SAQ dans le coffre de ma voi­ture.

Le Journal de Quebec - Weekend - - GOURMANDISES - Claude Langlois Le Jour­nal

Je suis ren­du main­te­nant à une bonne dou­zaine de ces sacs et, si je com­prends bien, je n’ai pas fi­ni de com­plé­ter ma col­lec­tion.

Car de­puis le 1er jan­vier, fi­ni les sacs à la SAQ! Au­tant les sacs en plas­tique que les sacs en pa­pier.

Jus­qu’à main­te­nant, quand on avait eu la « dis­trac­tion », un eu­phé­misme dans ce cas-ci pour plu­sieurs éco­los en­ra­gés qui voyaient plu­tôt dans cet ou­bli une preuve d’ir­res­pon­sa­bi­li­té face à notre pla­nète – bref, quand on avait eu la dis­trac­tion, di­sais-je, d’oublier le sien à la mai­son ou dans sa voi­ture, il était tou­jours pos­sible, en dé­bour­sant quelques sous, de s’en pro­cu­rer un à sa suc­cur­sale pré­fé­rée.

Mais plus main­te­nant. Ou on part avec ses bou­teilles dans les bras (à la condi­tion de ne pas en avoir plus de deux), ou on les met dans sa « sa­coche », ce qui est tou­jours pos­sible quand on en a une grosse comme Mme Jé­rô­meFor­get, ou on dé­bourse 75 cents (ou 1 $ pour les grands for­mats) pour ache­ter un autre sac réuti­li­sable qui vien­dra peut-être s’ajou­ter à votre col­lec­tion per­son­nelle de sacs en co­ton et en po­ly­pro­py­lène de deux, quatre ou six bou­teilles.

Oui, ma­dame! J’ai per­son­nel­le­ment des sacs à deux bou­teilles en co­ton dans ma col­lec­tion, une ra­re­té qui date du temps où la SAQ a en­tre­pris son pro­gramme de sacs, en juin 2005, et que j’avais re­çus d’une agence pro­mo­tion­nelle.

Je se­rais cu­rieux de sa­voir com­bien ça vaut main­te­nant sur eBay.

Quoi qu’il en soit, ma col­lec­tion ne se­ra pas com­plète tant que je n’au­rai pas mis la main sur un des nou­veaux sacs (3,95 $) que la SAQ se pro­pose d’of­frir bien­tôt à son éco­lo­gique clien­tèle. Eux aus­si se­ront faits en co­ton.

Je dis éco­lo­gique clien­tèle car, et je suis le pre­mier sur­pris, ce pas­sage du sac à usage unique au sac réuti­li­sable s’est fait re­la­ti­ve­ment fa­ci­le­ment.

Ain­si, af­fir­mait ré­cem­ment la SAQ dans un com­mu­ni­qué, au mo­ment d’aban­don­ner dé­fi­ni­ti­ve­ment l’usage de ces sacs, 91 % des gens qui fai­saient des achats à la SAQ uti­li­saient dé­jà des sacs réuti­li­sables.

CEL­LIERS

Chan­ge­ment de pro­pos, êtes-vous de ceux qui ont pris comme ré­so­lu­tion de s’ache­ter un cel­lier d’ap­par­te­ment cette an­née?

Si c’est le cas, et que vous ne pos­sé­dez pas le pe­tit livre que le som­me­lier Gué­naël Re­vel a pu­blié sur le su­jet il y a quelques an­nées et qui est tou­jours of­fert en li­brai­rie ( L’es­sen­tiel des caves et des cel­liers, Édi­tions Les 400 Coups, 17,95 $), ra­bat­tez-vous sur le nu­mé­ro du mois de jan­vier de la re­vue Pro­té­gez-vous.

On y consacre en ef­fet un dos­sier qui de­vrait vous per­mettre de faire un achat plus éclai­ré. Ce qui n’est pas rien quand on s’ap­prête à in­ves­tir plu­sieurs cen­taines de dol­lars, si­non quelques mil­liers.

Vous ap­pren­drez no­tam­ment qu’il y a une dis­tinc­tion im­por­tante à faire entre les re­froi­dis­seurs à vin et les vé­ri­tables cel­liers qui per­mettent de faire vieillir le vin.

RE­COM­MAN­DA­TIONS

Mais nou­velle an­née ou non, jus­qu’à preuve du contraire, le temps semble pas­ser aus­si vite qu’en 2008 et je m’em­presse de vous faire quelques sug­ges­tions. En blanc, pour se mettre au ré­gime des prix après l’eu­pho­rie des Fêtes ou alors pour votre pro­chain par­ty si tant est que vous avez en­core l’éner­gie d’en faire un, le Cha­mar­ré 2006, Sauvignon Che­nin Blanc, Vin de pays du Jar­din de la France (12,85 $) : un bon pe­tit blanc du Val de Loire, simple et agréable, où le sauvignon se fait dis­cret (per­son­nel­le­ment, je ne m’en plains pas) et bien sou­te­nu par l’aci­di­té du che­nin blanc. Rien à re­dire. Et puis­qu’on parle de la Loire et du che­nin blanc, on se ré­gale de l’An­jou Les Pé­pi­nières 2006, Do­maine Jo Pi­thon (24,85 $) : no- tion de miel et de me­lon avec une pointe d’abri­cot, une bouche droite et élan­cée, mais avec en même temps du gras. Un blanc ori­gi­nal et dé­li­cieux. Tou­jours en blanc, le Châ­teau de la Tui­le­rie 2007 Vieilles Vignes, Cos­tières de Nîmes (18,15 $), aux dé­li­cates sa­veurs de pomme et de poire, nuan­cées par quelque chose de miel­lé, ce qui donne une im­pres­sion de moel­leux, mais l’en­semble reste bien sec. En­fin, un bon li­quo­reux à pe­tit prix, le Châ­teau Jean Fon­the­nille 2005, Lou­piac (19,75 $), peu cor­sé et mo­dé­ré­ment su­cré, aux franches sa­veurs d’abri­cots, élan­cé et équi­li­bré. Ab­so­lu­ment im­pec­cable. En rouge, Amar­cord d’un Ross 2005, San­gio­vese di Ro­ma­gna Ri­ser­va (26,35 $) : belle no­tion de fleurs et de cuir au nez; ample en at­taque, tex­ture ve­lou­tée, de la pro­fon­deur et de la per­sis­tance en fi­nale. Ce vin, qui contient aus­si 15 % de ca­ber­net sauvignon, est ab­so­lu­ment sa­vou­reux. Vous ai­mez les rouges au frui­té dé­ca­dent? Es­sayer le Cortes de Ci­ma 2005, Vin­ho Re­gio­nal Alen­te­ja­no, Por­tu­gal (22,50 $) : oui, il y a de l’al­cool (14,5 %), mais quel fruit! Un fruit tendre, pro­fond et en­ve­lop­pant. Ir­ré­sis­tible. Tou­jours du Por­tu­gal, le très beau Quin­ta Do In­fan­ta­do, Dou­ro (21,45 $), char­nu, gour­mand, mais néan­moins élé­gant et sty­lé. Très bonne af­faire. En­fin, mais on ne le trouve qu’à la bou­tique Si­gna­ture hé­las, le Châ­teau­neuf-duPape La Bas­tide Saint-Dominique 2005 (35,25 $), large et puis­sant, poi­vré à sou­hait, rond et ve­lou­té, gor­gé de fruit et de plai­sir. Les ama­teurs de gre­nache (il en contient 85 %) vont se ré­ga­ler.

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