Pré­sident Oba­ma › › › ›

PRO­PUL­SÉ AU FIR­MA­MENT DES ÉTOILES GRÂCE AUX STARS Au­cun can­di­dat à la pré­si­den­tielle amé­ri­caine n’a ob­te­nu un ap­pui aus­si im­por­tant du mi­lieu ar­tis­tique que Ba­rack Oba­ma.À quelques heures du coup d’en­voi de trois jours de cé­lé­bra­tions tou­chant l’as­serment

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS -

Par­ti­ci­pa­tion à des col­lectes de fonds, ap­puis rhé­to­riques, en­ga­ge­ment réel à des ac­ti­vi­tés par­ti­sanes, dé­cla­ra­tions-chocs sur les tri­bunes té­lé­vi­sées, ra­dio­pho­niques, In­ter­net ou lors de leurs ap­pa­ri­tions pu­bliques ou scé­niques : la contri­bu­tion des ve­dettes de toutes les sphères au­ra été à l’image de la cam­pagne du sé­na­teur dé­mo­crate, soit un vé­ri­table raz-de-marée.

Si les ar­tistes sont par­fois vic­times de sur­ex­po­si­tion mé­dia­tique – par­lez-en à Brit­ney Spears –, Ba­rack Oba­ma au­ra réus­si à être dans la mire des mé­dias du­rant plus d’un an sans bla­ser les foules ou l’élec­to­rat amé­ri­cain. Tour de force.

« Il y avait un risque vé­ri­table de sur­ex­po­si­tion, ex­plique Ch­ris­tine Fré­chette, co­or­don­na­trice de la Chaire d’études po­li­tiques et éco­no­miques amé­ri­caines de l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal. Mais l’ac­tua­li­té, qui a fait l’ob­jet de re­bon­dis­se­ments (la course avec Hilla­ry Clin­ton) et de cham­bar­de­ments (la crise éco­no­mique) comme ra­re­ment on l’a vu, lui a per­mis d’être om­ni­pré­sent sans qu’on ait l’im­pres­sion qu’il nous parle tou­jours de la même chose. Et Oba­ma s’est in­ven­té des fa­çons d’être pré­sent dans l’ac­tua­li­té, que l’on pense à son in­fo-pub té­lé­dif­fu­sée une se­maine avant l’élec­tion. »

IM­PACT RÉEL

Les ar­tistes ont-ils eu un im­pact réel au­près du pu­blic, ou plu­tôt sym­bo­lique, dans la me­sure où ces ve­dettes s’adressent par­fois à des conver­tis à leur cause?

« Les ar­tistes ont eu un im­pact réel, au­près no­tam­ment d’une nou­velle clien­tèle qui n’était peut-être pas in­té­res­sée à prime abord par les en­jeux de la cam­pa- gne. Ba­rack Oba­ma a ex­ploi­té In­ter­net de fa­çon phé­no­mé­nale et les ar­tistes ont sui­vi le mou­ve­ment en com­po­sant des chan­sons sur lui, ce qui a in­ci­té les jeunes à s’im­pli­quer dans la cam­pagne. »

Mme Fré­chette sou­ligne quatre temps forts de la cam­pagne d’Oba­ma, vus par la lor­gnette du vedettariat.

« L’un des pre­miers mo­ments forts de la cam­pagne, sur­ve­nu près d’un an avant l’élec­tion. Il y avait une in­ter­ro­ga­tion : al­lait-elle ap­puyer une femme ou un AfroA­mé­ri­cain? Elle s’est pro­non­cée as­sez tôt en fa­veur d’Oba­ma et on sen­tait un ap­pui im­por­tant au plan du pou­voir mé­dia­tique. Et en plus, elle a fait cam­pagne pour lui. Ça, ce fut ma­jeur. En dé­cembre2007, elle avait réuni plus de 7 000 per­sonnes dans un ras­sem­ble­ment pro-Oba­ma. » « Même si on l’at­ten­dait après son im­pli­ca­tion dans la pré­cé­dente cam­pagne, Bruce Spring­steen a eu un im­pact cer­tain, no­tam­ment au­près de la classe ou­vrière et de l’Amé­rique un peu plus pro­fonde. »

« Je ne sais pas si on doit la consi­dé­rer comme une ve­dette (rires), mais la Oba­ma Girl a été un phé­no­mène cultu­rel. Son clip a cir­cu­lé par­tout et a été vu par 12,5mil­lions de per­sonnes. Veux, veux pas, après avoir vu ça, ça gé­nère de la dis­cus­sion en­vers Oba­ma. »

« L’ap­pui le plus im­por­tant de la com­mu­nau­té ar­tis­tique. Avec sa vi­déo, will.i.am confir­mait l’idée qu’Oba­ma n’était pas qu’un po­li­ti­cien, mais aus­si un poète. Poète parce qu’il re­pre­nait des pa­roles des dis­cours du sé­na­teur pour en faire une chan­son. Il a aus­si fait ça de fa­çon très stra­té­gique : le clip a été lan­cé lors de la fin de se­maine pré­cé­dant le Su­per Tues­day. Il est in­ter­ve­nu de fa­çon in­ci­sive et mar­quée quatre ou cinq jours avant que la moi­tié des États amé­ri­cains aillent vo­ter. Ça a été vu par 15mil­lions de per­sonnes. »

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