Un uni­vers de fan­tai­sie

Sus­pen­du dans le vide et agrip­pé aux câbles d’un ring de lutte, Be­noît Brière in­carne avec amu­se­ment un ar­bitre farfelu en plein tour­nage du film OscaretlaDamerose, adap­té par Éric-Em­ma­nuel Sch­mitt de son propre ro­man.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ma­ri­lou Sé­guin Le Jour­nal

Avec sa pe­tite mous­tache fri­sée, sa per­ruque blonde et son cos­tume rayé noir et blanc, l’ac­teur qué­bé­cois semble sor­tir tout droit d’une bande des­si­née.

« J’ai beau­coup de plai­sir à faire ça. C’est simple, drôle et agréable », dit-il entre deux scènes.

Le film, une pro­duc­tion Ca­na­daF­rance-Belgique, ra­conte l’his­toire d’Os­car, un gar­çon de 10 ans at­teint d’une grave leu­cé­mie qui vit ses der­niers jours à l’hô­pi­tal. Il y fait la ren­contre de Rose, une Dame avec qui il dé­ve­lop­pe­ra une grande com­pli­ci­té.

Le per­son­nage d’ar­bitre-an­non­ceur in­car­né par Brière existe dans le monde oni­rique que la femme offre à Os­car.

« On est dans l’ima­gi­naire de l’en­fant, dans l’uni­vers de la fan­tai­sie », dit-il.

SUR LE PLA­TEAU

Si­tué dans la Ci­té du ci­né­ma de Mon­tréal, le stu­dio Mel’s 3, où sont en­re­gis­trées les scènes de l’ima­gi­naire, a briè­ve­ment ou­vert ses portes aux mé­dias cette se­maine.

Sous les pro­jec­teurs d’une im­mense salle bai­gnant dans la pé­nombre trône un grand ring de lutte rouge et vert.

Agrip­pé aux câbles et en­tou­ré de tech­ni­ciens, Be­noît Brière est sus­pen­du ho­ri­zon­ta­le­ment à plu­sieurs pieds du sol.

Vê­tu d’un chan­dail kan­gou­rou, le réa­li­sa­teur du film, Éric-Em­ma­nuel Sch­mitt, su­per­vise les opé­ra­tions, vi­si­ble­ment dé­ten­du.

Le si­lence se fait alors, une souf­fle­rie est ac­ti­vée et les ca­mé­ras com­mencent à tour­ner. Brière se tor­tille dans tous les sens, ten­tant de main­te­nir sa prise, mais il est pro­je­té plu­sieurs mètres plus loin en per­dant sa per­ruque pla­tine. La prise ter­mi­née, l’équipe éclate de rire.

« C’était un des matchs de lutte contre une femme im­mense qui a un souffle ex­tra­or­di­naire et qui souffle sur ses ad­ver­saires pour les sor­tir du ring sans avoir à les frap­per », ex­plique l’ac­teur qué­bé­cois.

« À chaque dé­but de match, les lut­teuses me sortent du ring. C’est une es­pèce de sur­en­chère de six com­bats où chaque fois l’ar­bitre fi­nit par se re­trou­ver dans les gra­dins. Le har­nais est en train de se mou­ler à moi tran­quille­ment », ajoute-il à la blague.

HYMNE À LA VIE

Ain­si, même si le film aborde un su­jet sé­rieux, l’au­teur-scé­na­riste et réa­li­sa­teur du pro­jet, ÉricEm­ma­nuel Sch­mitt, as­sure que le ré­sul­tat se­ra émou­vant, mais pas triste.

« Les si­tua­tions graves sont com­pen­sées par l’humour et la fan­tai­sie, dit-il. Je ne peux ja­mais res­ter dans la réa­li­té très long­temps. J’en­ri­chis tou­jours la réa­li­té par l’ima­gi­na­tion.

« Pour moi, l’ima­gi­na­tion n’est pas une fa­cul­té de fuir le réel, mais une fa­cul­té d’ha­bi­ter le réel en le ren­dant plus riche, plus com­plexe, plus co­lo­ré, plus amu­sant, plus gé­né­reux », ajoute le dra­ma­turge et au­teur, qui a dé­jà por­té son livre Odette Tou­le­monde au ci­né­ma.

Pour ce qui est de l’ap­pa­rence de la Dame rose dans le ring, il fau­dra at­tendre la sor­tie du film au grand écran, pré­vue pour l’hi­ver 2009-2010.

La pro­duc­tion sou­hai­tant gar­der la sur­prise, l’ac­trice Mi­chèle La­roque était vê­tue d’un peignoir bleu à l’oc­ca­sion du pas­sage des mé­dias.

Âgée dans le livre ori­gi­nal, la Dame ra­jeu­nit d’une bonne ving­taine d’an­nées au ci­né­ma.

« Je vou­lais qu’il y ait dans le film quelque chose que le livre ne ra­conte pas. Le livre est ra­con­té du point de vue de l’en­fant. Au fond, il ne dit pas grand-chose sur la Dame rose. Il dit sim­ple­ment l’ef­fet qu’elle lui fait, dit-il. J’ai vou­lu que, dans le film, on suive l’his­toire de l’en­fant mais aus­si l’his­toire de Rose.

« J’ai alors dra­ma­ti­sé son rôle. J’ai mon­tré une femme qui n’est pas du tout dis­po­sée à être une bé­né­vole des hô­pi­taux au dé­but du film, mais qui va le de­ve­nir à la fin. C’est donc tout le tra­jet de cette femme com­plè­te­ment chan­gée par la ren­contre mi­ra­cu­leuse avec cet en­fant mer­veilleux », ajoute Sch­mitt.

Pour la pré­si­dente de Ci­né­ma­gi­naire, De­nise Ro­bert, qui co­pro­duit l’oeuvre, il s’agit d’une his­toire tou­chante qui porte à ré­flé­chir.

« Éric-Em­ma­nuel Sch­mitt a une ma­gie! C’est quel­qu’un qui est ca­pable d’écrire un film. Il a la ca­pa­ci­té d’uti­li­ser le lan­gage ci­né­ma­to­gra­phique pour ex­pri­mer ce qu’il a in­tel­lec­tuel­le­ment dit dans le livre », si­gnale-t-elle. Os­car et la Dame rose pren­dra l’af­fiche au grand écran à l’hi­ver 2009-2010.

Le tour­nage d’Os­car dans le­quel Be­noît Brière joue le rôle d’un ar­bitre-an­non­ceur, vient de se ter­mi­ner à Mon­tréal. La co­pro­duc­trice du film, De­nise Ro­bert, en com­pa­gnie du pro­duc­teur exé­cu­tif Jean-Yves As­se­lin, te­nait à ce qu’une par­tie du tour­nage se fasse au Qué­bec. Dé­ten­du, le dra­ma­turge et ro­man­cier Éric-Em­ma­nuel Sch­mitt réa­lise le film qu’il a adap­té et scé­na­ri­sé à par­tir de son propre livre. La Dame rose (Mi­chèle La­roque) et le pe­tit Os­car (Amir Be­nab­del­mou­men) nouent une com­pli­ci­té qui va bou­le­ver­ser leur vie.

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