Des gens d’une grande beau­té

Des vi­sites dans les hô­pi­taux pour en­fants ma­lades ont été le dé­clic qui a per­mis au ro­man­cier et dra­ma­turge Éric-Em­ma­nuel Sch­mitt de por­ter son livre Os­ca­ret­laDame rose au grand écran.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ma­ri­lou Sé­guin Le Jour­nal

« Ce qui me blo­quait avant, c’est que je ne vou­lais pas qu’on voie cet en­fant pour qu’on puisse l’en­ten-dre, dit-il. Et puis je suis al­lé vi­si­ter des en­fants ma­lades et j’ai vu des gens d’une grande beau­té.

« À par­tir du mo­ment où je voyais de nou­veau l’en­fant et non pas sim­ple­ment la ma­la­die, je me suis dit : c’est idiot, je peux mon­trer l’en­fant. Ça été ça, le dé­clic », ex­plique M. Sch­mitt sur le pla­teau de tour­nage du film à Mon­tréal.

Le contact avec la ma­la­die n’était pour­tant pas étran­ger à cet homme franc et gé­né­reux.

« J’ai eu la chance d’avoir un père qui était ki­né­sio­thé­ra­peute pour en­fants. J’ai eu une drôle d’en­fance, car il m’ame­nait avec lui dans les centres où il soi­gnait des en­fants, ra­conte-t-il.

« J’ai dé­cou­vert le monde de l’hô­pi­tal et de la ma­la­die très tôt. Il m’en est res­té quelque chose, c’es­tà-dire que je consi­dère que c’est être en bonne san­té qui est cu­rieux, qui est bi­zarre. C’est bien de pen­ser ça, car on est un peu plus sen­sible aux autres, plus prêt à écou­ter leur cri, ça ouvre les oreilles et les yeux. »

UN TRA­VAIL AB­SOR­BANT

L’adap­ta­tion d’Os­car et la Dame rose a de­man­dé beau­coup de tra­vail au ro­man­cier.

« Je m’en­tends très bien avec l’au­teur du ro­man ori­gi­nal; alors, on ne s’est pas contre­dit, mais ça a été dif­fi­cile, dit Sch­mitt en riant. Je n’ai pu le faire que parce que j’avais écrit ce livre il y a des an­nées.

« En même temps, quand mes his­toires me viennent, ce n’est pas en mots. C’est des émo­tions, une es­pèce d’or­ga­nisme avec des at­mo­sphères, des cou­leurs, etc., et je re­trans­cris ça avec des mots. En ce mo­ment, j’es­saie de les re­trans­crire avec la lu­mière, le cadre, les ac­teurs. »

Sch­mitt avoue ne pas avoir écrit une ligne de­puis qu’il a plon­gé dans ce pro­jet de film.

« Je suis mo­no­ma­niaque. Je suis in­ca­pable de faire deux choses à la fois, dit-il.

« C’est cu­rieux, parce que quand on écrit un livre on fait tout, les dé­cors, les cos­tumes, les rôles… Donc ça de­vrait être beau­coup plus fa­ti­gant que le ci­né­ma, eh bien non! Faire un film est beau­coup plus ab­sor­bant parce que c’est un tra­vail d’équipe. Une par­tie de moi-même de­vient les autres, ils m’ap­portent leur ta­lent, c’est un dia­logue. Dans quelques jours, on va s’ar­rê­ter et je vais être épui­sé », confie-t-il.

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