Les­bêtes mènent le­bal

Pa­la­ce­pour­chiens LOS ANGELES — On dit sou­vent que les en­fants et les ani­maux sont les plus dif­fi­ciles à di­ri­ger au ci­né­ma. Si ce­la est vrai­ment vrai, on n’au­rait pas ai­mé être dans les sou­liers du réa­li­sa­teur Thor Freu­den­thal sur le pla­teau de tour­nage de

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime Demers Le Jour­nal

Ins­pi­ré d’un livre pour en­fants du même titre de Lois Dun­can, Ho­tel for Dogs (Pa­lace pour chiens en ver­sion fran­çaise) met en ef­fet en scène quelques en­fants et pré­ado­les­cents, mais sur­tout une bonne qua­ran­taine de chiens de toutes les cou­leurs et de toutes les gros­seurs.

Le film ra­conte l’his­toire de deux jeunes ado­les­cents or­phe­lins (Emma Ro­berts et Jake T. Aus­tin) qui ré­cu­pèrent des chiens aban­don­nés ou per­dus pour les lo­ger clan­des­ti­ne­ment (et les dor­lo­ter à sou­hait) dans un vieil hô­tel aban­don­né. « C’est sûr que, pour un pre­mier film, il y avait un cer­tain risque à avoir comme ac­teurs prin­ci­paux des en­fants et des chiens; c’est une en­tre­prise qui m’a sem­blé chaque jour une vraie course à obs­tacles! » a ad­mis en riant Thor Freu­den­thal, un jeune réa­li­sa­teur is­su du mi­lieu de la pu­bli­ci­té, lors d’une ren­contre de presse la fin de se­maine pas­sée à Los Angeles.

On peut fa­ci­le­ment ima­gi­ner qu’avec au­tant de chiens dans le dé­cor (une qua­ran­taine pour cer­taines scènes), le pla­teau de tour­nage de Ho­tel for Dogs de­vait être plu­tôt chao­tique à cer­tains mo­ments.

« Mais le truc, c’était d’or­ga­ni­ser ce chaos au­tant que pos­sible, sou­ligne Freu­den­thal.

ÉQUIPES DE DRES­SEURS

« Avec les chiens, on ne peut pas ar­ri­ver sur le pla­teau de tour­nage et dé­ci­der de faire tout sim­ple­ment rou­ler la ca­mé­ra pour voir ce qu’ils vont faire parce qu’en tra­vaillant ain­si, on n’ob­tient ab­so­lu­ment rien. Il n’y a pas d’improvisation pos­sible avec eux. C’est sûr qu’il y a eu aus­si, à l’oc­ca­sion, quelques mo­ments spon­ta­nés co­miques de leur part qu’on a eu la chance de fil­mer, par exemple un chien qui saute sur la table.

« On a aus­si sou­vent fil­mé pen­dant des heures les chiens en at­ten­dant une pe­tite étin­celle dans leur re­gard ou leur ex­pres­sion fa­ciale. Parce que c’était im­por­tant pour moi de ne pas tri­cher en ma­ni­pu­lant leurs ex­pres­sions en uti­li­sant la tech­no­lo­gie nu­mé­rique. Je pré­fé­rais être pa­tient et cap­ter chez eux de vraies émo­tions pour qu’on sente qu’ils ont des sen­ti­ments.

« Mais en gé­né­ral, il faut beau­coup de pa­tience et d’or­ga­ni­sa­tion pour tra­vailler avec des chiens. »

Or­ga­ni­sa­tion : c’était donc le mot d’ordre sur le pla­teau de Ho­tel for Dogs.

« Les chiens étaient sé­pa­rés en plu­sieurs pe­tites équipes et chaque équipe avait deux dres­seurs qui de­vaient pré­pa­rer les bêtes pour leurs scènes », ex­plique le dres­seur en chef Mark Forbes, un des en­traî­neurs d’ani­maux les plus ré­pu­tés à Hol­ly­wood.

COÏN­CI­DENCE CA­NINE

Cu­rieux ha­sard : Ho­tel for Dogs est le se­cond film met­tant en ve­dette des chiens à prendre l’af­fiche en l’es­pace de quelques se­maines – après Mar­ley and Me, qui met en ve­dette Jennifer Anis­ton et Owen Wil­son et qui est sor­ti au dé­but jan­vier.

« C’est une drôle de coïn­ci­dence, en ef­fet », constate Freu­den­thal. « Mais quand on a com­men­cé à tour­ner notre film, on n’avait ja­mais en­ten­du par­ler de Mar­ley and Me. Ce sont deux films très dif­fé­rents. Ce qu’on m’a dit – je ne l’ai pas vu –, c’est que Mar­ley and Me est une co­mé­die ro­man­tique qui parle d’un chien qui a un ef­fet thé­ra­peu­tique sur un couple. Notre film à nous porte sur des en­fants qui prennent leur des­tin en main en ve­nant en aide à des chiens or­phe­lins. » Ho­tel for Dogs ( Pa­lace pour chiens) a pris l’af­fiche hier.

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