Comme à la mai­son

Bien que l’uni­vers de Home, qui pren­dra l’af­fiche au Clap ven­dre­di, soit sur­réa­liste, Oli­vier Gour­met se re­con­naît da­van­tage dans le per­son­nage de Mi­chel, un bon père de fa­mille, que dans la plu­part des per­son­nages qu’il a in­ter­pré­tés par le pas­sé.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - De­nise Mar­tel

« Il est plus aé­rien, plus sexy, plus doux. En gé­né­ral, on a plu­tôt ten­dance à me confier des per­son­nages plus ren­fer­més, plus durs et même plus vio­lents. Par sa joie de vivre, Mi­chel est beau­coup plus près de moi dans la vie » , dit Oli­vier Gour­met en en­tre­vue té­lé­pho­nique de son hô­tel à Mon­tréal.

« C’est sûr qu’al­ler ins­tal­ler sa mai­son au bout d’une au­to­route in­ache­vée, au mi­lieu de nulle part, c’est par­ti­cu­lier en soi, mais c’est la base même de l’his­toire. D’ailleurs, la réa­li­sa­trice, Ur­su­la Meier, vou­lait que le dé­pouille­ment soit le plus com­plet pos­sible. Elle a fait beau­coup de re­cherche et est même ve­nue ici au Qué­bec dans l’espoir de trou­ver le dé­cor du film qui a fi­na­le­ment été tour­né en Bul­ga­rie.

« Home est une fable plu­tôt sur­réa­liste, presque im­pos­sible ou même ab­surde. Quand le film com­mence, il y a un bel es­prit de fa­mille, une joie de vivre, mais en même temps, on sent qu’il y a quelque chose de la­tent qui ne de­mande qu’à sor­tir, une fê­lure. On ne sait exac­te­ment pour­quoi ils sont là, mais on sent que la mère, qui ne veut pas par­tir, est pro­ba­ble­ment à l’ori­gine de cet iso­le­ment.

« Nous, en tant que co­mé­diens, on se di­sait qu’elle avait un cô­té ago­ra­phobe (peur des foules et des lieux pu­blics), un pas­sé trash et pos­si­ble­ment une ado­les­cence dans la drogue dont son ma­ri l’a pro­ba­ble­ment sor­tie. D’ailleurs, c’est lui qui fait les courses et est le prin­ci­pal contact avec l’ex­té­rieur. Il fait bouillir la marmite et re­lance sans cesse la ma­chine avec elle et leurs trois en­fants pour rendre les choses vi­vables », dit Gour­met.

« Ils vivent un bon­heur ar­ti­fi­ciel loin du monde, un amour qui les en­ferme et qui de­vient étouf­fant jus­qu’à ce que les évé­ne­ments poussent cette femme dans ses der­niers re­tran­che­ments. La fi­nale est ou­verte, quelque chose s’est dé­noué, mais on ne sait ce qui ar­ri­ve­ra », ajoute le co­mé­dien, pré­ci­sant que le film pose une grande ques­tion. Vaut-il mieux vivre en marge du monde ou ac­cep­ter de vivre dans sa vio­lence?

PHOTO PAS­CAL RATTHÉE

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