UNEVIE REM­PLIE DERÊVES

Mère de 14 en­fants, gé­rante, ven­deuse, voya­geuse, ani­ma­trice ou porte-pa­role d’une fon­da­tion, ma­man Dion semble avoir vé­cu plu­sieurs vies. C’est du moins l’im­pres­sion qu’il nous reste après avoir vi­sion­né la bio­gra­phie Cen’était­qu’un­rêve: la­vie­dema­manDion

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Ca­ro­line Roy Le Jour­nal

Le pre­mier mé­rite du do­cu­men­taire, qui se­ra dif­fu­sé jeu­di pro­chain à TVA, est de lais­ser toute la place à ma­man Dion. Outre quelques com­men­taires élo­gieux sur sa mère, Cé­line s’éclipse der­rière elle.

Deuxième mé­rite : plu­sieurs té­lé­spec­ta­teurs se re­con­naî­tront dans la vie de ma­man Dion, une femme née en Gas­pé­sie en 1927. Ses pa­rents étant pauvres, Thé­rèse Tan­guay-Dion n’a pas fré­quen­té l’école aus­si long­temps qu’elle le sou­hai­tait.

Ado­les­cente, elle vou­lait voya­ger et sau­ver les en­fants ma­lades. C’est fi­na­le­ment à 82 ans, en sui­vant sa fille en tour­née de spectacles, qu’elle a pu faire le tour du monde.

Mais entre son en­fance et au­jourd’hui, ma­man Dion a tra­ver­sé plu­sieurs étapes qui s’ap­pa­rentent à celles de bien des Qué­bé­cois. Ces étapes, ma­man Dion les ra­conte avec émo­tion et fran­chise.

Il y a d’abord eu son coup de foudre pour son ma­ri, Ad­hé­mar Dion. « Ad­hé­mar, c’est un nom à cou­cher de­hors. Je trou­vais ça vieux et laid », dit ma­man Dion à pro­pos de la pre­mière fois qu’elle a en­ten­du le nom de son ma­ri.

Ad­hé­mar est bû­che­ron. Bien vite, ma­man Dion se re­trouve seule pour s’oc- cu­per de leurs quatre en­fants. Ça suf­fit.

« J’ai été à la confesse. J’ai dit au cu­ré : je suis obli­gée d’em­pê­cher la fa­mille. J’ai quatre en­fants. Ils n’ont qu’une chambre. C’est trop pour moi. J’ai peur de cra­quer », ra­conte-t-elle.

Sans sur­prise, le cu­ré ne vou­lait rien sa­voir. « Je suis re­par­tie chez moi et je ne suis pas re­tour­née à la confesse », dit-elle en riant.

DU COU­RAGE

C’est par la suite que le couple dé­mé­nage à Char­le­magne. Dans cette ville, ma­man Dion a joué les ar­chi­tectes et des­si­né les plans de leur fu­ture mai­son afin de re­ce­voir une avance de 10 000 $ de la banque. Elle s’im­plique aus­si dans la construc­tion de la de­meure de deux étages.

« Elle a mon­té dans les écha­fauds et elle était en­ceinte », ra­conte-t-on dans le do­cu­men­taire.

Une large part de la bio­gra­phie est consa­crée à l’im­pli­ca­tion de ma­man Dion dans la car­rière de Cé­line.

C’est après l’in­cen­die de leur res­to-bar Vieux-Baril que ma­man Dion dé­cide de prendre en main la car­rière de sa ca­dette. « Je vou­lais qu’elle fasse de la té­lé­vi­sion. Mon plan, c’était qu’elle chante ses propres chan­sons. Je pen­sais juste à ça. Je me le­vais la nuit pour écrire mes idées. C’est ain­si que j’ai écrit Ce n’était qu’un rêve », ra­conte-t-elle.

Elle choi­sit nul autre que Re­né An­gé­lil comme gé­rant pour sa fille. « Il faut tout un cou­rage pour al­ler vers le top », com­mente Georges-Hé­bert Ger­main, bio­graphe, à pro­pos du choix de Re­né An­gé­lil.

Un gé­rant qui n’a pas tou­jours plu à ma­man Dion, sur­tout quand Cé­line lui a an­non­cé qu’elle était en amour avec lui. « Ma­man était pei­née, cho­quée de ça », dit Clau­dette Dion. « Je pense qu’elle vou­lait le tuer », re­late Cé­line.

La bio­gra­phie rap­pelle aus­si que ma­man Dion a été ani­ma­trice d’une émis­sion de cui­sine aux cô­tés d’Éric Sal­vail. « Il n’y a pas une ani­ma­trice qui puisse se van­ter d’avoir com­men­cé à 71 ans », dit Ju­lie Sny­der, qui l’avait re­cru­tée à l’époque.

DÉ­FAUT : LES ARCHIVES

Ce n’était qu’un rêve : la vie de ma­man Dion, jeu­di à 20 h, à TVA.

Le dé­faut prin­ci­pal du do­cu­men­taire concerne les images d’archives, qui sont un mé­lange entre de vrais do­cu­ments de la fa­mille Dion et des images ano­nymes de l’époque.

Pour les té­lé­spec­ta­teurs, il de­vient dif­fi­cile de dé­mar­quer les vraies images des Dion et celles em­prun­tées à l’his­toire.

PHOTO D’ARCHIVES

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