Tout pour se faire oublier

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION -

« Quel beau su­jet! Un vrai su­jet qué­bé­cois, parce qu’il touche du monde dans toutes les ré­gions du Qué­bec et des gens de toutes les couches so­ciales. Pour le réa­li­ser, on a dû par­cou­rir le Qué­bec d’un bout à l’autre », s’ex­clame Luc Bour­don, réa­li­sa­teur de Classes de maîtres.

Le ré­seau des conser­va­toires compte neuf ins­ti­tu­tions, sept en mu­sique dans sept villes, de Qué­bec à Gatineau et de Rimouski à Val-d’Or en pas­sant par Mon­tréal, le tout pre­mier, puis Sa­gue­nay et Sept-Îles, en plus de deux en art dra­ma­tique à Mon­tréal et à Qué­bec. Ce­lui de Qué­bec cé­lèbre d’ailleurs son 50e an­ni­ver­saire cette an­née.

« Le man­dat était de faire un beau film sur les conser­va­toires, on a choi­si de faire un por­trait ba­sé sur la re­la­tion maîtres-élèves. D’in­sis­ter sur l’as­pect hu­main, en met­tant de cô­té les for­ma­li­tés, les sta­tis­tiques et les per­for­mances. Notre plus grand dé­fi était de se glis­ser par­mi eux en se fai­sant oublier. On avait cette idée là en tête dès le dé­part et on a pris le temps », ra­conte le réa­li­sa­teur avec en­thou­siasme.

« On a d’abord as­sis­té aux cours sans ca­mé­ra pour qu’on puisse se connaître. Quand on y re­tour­nait, on po­si­tion­nait la ca­mé­ra en fonction de leurs be­soins, on n’était pas là pour faire notre show, il fal­lait qu’ils nous ou­blient. On s’ins­tal­lait au rythme de l’in­ter­ve­nant en se met­tant au ser­vice du su­jet », ex­plique Luc Bour­don.

« On a pris le temps de se pla­cer pour que le su­jet se fa­mi­lia­rise. La plu­part du temps, ça fi­nis­sait par une dis­cus­sion avec le pro­fes­seur et l’élève, C’était bon signe... » ajoute-t-il, pré­ci­sant avoir eu le luxe d’avoir du temps. Il ajoute s’être sen­ti pri­vi­lé­gié, puisque même par­mi les ad­mi­nis­tra­teurs du ré­seau des conser­va­toires, rares sont ceux qui ont pas­sé au­tant de temps dans cha­cune des ins­ti­tu­tions.

Le tour­nage de Classes de maîtres s’est éten­du sur une ving­taine de jours entre la mi-fé­vrier et le dé­but mai, après avoir ef­fec­tué la re­cherche et l’écri­ture du scé­na­rio à l’au­tomne 2007. Au fi­nal, 55 heures d’images tout aus­si élo­quentes les unes que les autres, par­mi les­quelles il a fal­lu faire des choix ju­di­cieux pour abou­tir à un do­cu­ment de 52 mi­nutes!

« Pas au­tant de maux de tête qu’on pour­rait le croire », pré­cise le réa­li­sa­teur, sou­rire aux lèvres, en ex­pli­quant qu’il sa­vait en par­tant qu’il fonc­tion­ne­rait par tra­ve­ling et avait une bonne idée de ce qu’il vou­lait mon­trer à l’écran. Néan­moins, la post-pro­duc­tion s’est éta­lée de mai à sep­tem­breoc­tobre.

PHOTO DI­DIER DEBUSSCHERE

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.