Ac­cou­che­ment dif­fi­cile

Le ci­néaste Jim Do­no­van ex­plore dans trois his­toires les en­jeux re­liés à la ve­nue d’un en­fant. Do­té d’un scé­na­rio in­té­res­sant, 3 sai­sons souffre du jeu in­égal des ac­teurs.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ni­cho­las La­val­lée Le Jour­nal

Cinq per­son­nages pour abor­der la ma­ter­ni­té, la pa­ter­ni­té et toutes les res­pon­sa­bi­li­tés qu’on doit as­su­mer lors­qu’on met au monde un en­fant.

En­ceinte, Sa­sha (Ca­ro­line Né­ron) doit choi­sir entre sa car­rière et la vie de fa­mille avec son conjoint, Car­mine (Ro­ma­no Or­za­ri), un ado­les­cent de 40 ans qui re­fuse de prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés. Un couple de jeunes punks (Ca­rinne Le­duc et Shawn Bai­choo) ver­ra aus­si sa vie à deux bou­le­ver­sée par la ve­nue d’un en­fant, alors que Ste­phen De­cker (Frank Schor­pion), un père dé­vas­té par la mort de sa fille, erre comme un fan­tôme dans les rues et les bars de Mon­tréal à la re­cherche du meur­trier de sa fille.

D’autres co­mé­diens tels que Dino Ta­va­rone, Claire Pim­pa­ré et Dan Bi­gras viennent en­ri­chir la distribution de 3 sai­sons avec des rôles se­con­daires.

TROIS HIS­TOIRES CROI­SÉES

Le ré­cit, comme une gros­sesse, est éche­lon­né sur une pé­riode de neuf mois. Au fil des sai­sons, les trois his­toires se ren­contrent, un peu à la ma­nière des films d’Atom Egoyan, et à me­sure que la gros­sesse évo­lue, l’in­ten­si­té des per­son­nages monte en cres­cen­do, at­tei­gnant son pa­roxysme à la toute fin du film. Même s’ils sont in­ti­me­ment liés, les per­son­nages de 3 sai­sons de­meurent pro­fon­dé­ment seuls.

Si Frank Schor­pion et Ca­rinne Le­duc, un nou­veau vi­sage qu’on a des chances de re­voir sous peu, im­pres­sionnent par leur jeu, d’autres co­mé­diens manquent de cré­di­bi­li­té, no­tam­ment Dan Bi­gras, qui campe le dé­tec­tive Bon­nard.

Dom­mage parce que le scé­na­rio, plu­tôt bien fi­ce­lé, écrit par Jim Do­no­van et Ca­rinne Le­duc, perd de sa force lorsque por­té à l’écran à cause de quelques per­for­mances dou­teuses.

Réa­li­sa­teur du film Pure en 2005, Jim Do­no­van en était à sa pre­mière ex­pé­rience de tour­nage fran­co­phone et a peut-être pris un risque en lais­sant les co­mé­diens im­pro­vi­ser dans cer­taines scènes.

En dé­pit de quelques la­cunes, le film ap­porte un point de vue in­té­res­sant sur un su­jet sou­vent trai­té avec lé­gè­re­té et on ne peut que sa­luer l’au­dace du pro­jet qui, mal­gré des pro­blèmes de fi­nan­ce­ment, a été tour­né avec les moyens du bord et la par­ti­ci­pa­tion vo­lon­taire des ar­ti­sans du film, qui ont ac­cep­té de faire le film et d’être payés plus tard.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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