La force de l’âge

À 30 ans, le co­mé­dien Hu­bert Proulx, le Bob­by Ra­jotte du po­pu­laire té­lé­ro­man Vir­gi­nie, de Fa­bienne La­rouche, se dit à un heu­reux car­re­four de sa vie.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Serge Drouin

UN COU­RAILLEUX

«Je suis beau­coup plus dis­ci­pli­né, plus ri­gou­reux au­jourd’hui. À 20 ans, j’étais un peu fou; j’avais un pé­tard dans le cul, dit-il dans son lan­gage co­lo­ré. Trente ans, c’est un bel âge.»

À la té­lé­vi­sion, Hu­bert Proulx doit une fière chan­delle à Fa­bienne La­rouche. «Quand je suis sor­ti de l’École nationale, Fa­bienne m’a of­fert un rôle dans For­tier. C’était mon pre­mier rôle. Après, j’ai été de Nos étés et, quelques an­nées plus tard, Fa­bienne est re­ve­nue me cher­cher pour Vir­gi­nie. Ce que j’aime de Fa­bienne, c’est qu’elle ac­cepte qu’on lui donne des pistes pour nos per­son­nages. Elle s’ins­pire beau­coup de l’éner­gie qu’on dé­gage», dit Proulx en en­tre­vue.

Son Bob­by Ra­jotte, Hu­bert Proulx le voit comme un «gars de par­ty, un homme à femmes, un cou­railleux». Tou­te­fois, les fi­dèles de Vir­gi­nie au­ront droit à quelques ré­vé­la­tions qui les sur­pren­dront au su­jet de Bob­by dans les pro­chaines se­maines. «C’est un per­son­nage tou­chant, drôle, im­pul­sif... Il se­ra choi­si sous peu ‘meilleur prof de l’an­née’ par les élèves», sou­ligne Proulx.

DE LA RIVE-SUD À MON­TRÉAL

Hu­bert Proulx est né à Saint-Jean Ch­ry­so­stome, sur la Rive-Sud de Qué­bec. Il a eu la pi­qure du mé­tier lors­qu’il était au se­con­daire. «J’étu­diais à la po­ly­va­lente avec Vincent Bol­duc. Vincent trou­vait que j’avais un cer­tain ta­lent. À 15 ans, nous avions dé­ci­dé de mon­ter Les four­be­ries de Sca­pin en nous ins­pi­rant de la mise en scène de De­nise Fi­lia­trault. Fal­lait le faire... J’ai tou­jours trou­vé que Vincent avait un ta­lent pour l’im­pro. On en fai­sait à l’école. Au­jourd’hui, Vincent est un des meilleurs joueurs de la LNI. Moi, je n’ex­celle pas là­de­dans», dit Proulx.

Plus tard, il s’ins­crit au Con­ser­va­toire d’art dra­ma­tique de Qué­bec et est ac­cep­té. L’ins­ti­tu­tion le met de­hors après un an. Son in­dis­ci­pline lui a coû­té sa place. «J’étais pas du monde.» Heu­reu­se­ment pour nous, l’École nationale lui ouvre ses portes par la suite.

En ce mo­ment, Hu­bert Proulx est de la distribution de la pièce Le re­tour, de l’au­teur Ha­rold Pin­ter, un au­teur peu joué au Qué­bec, dé­cé­dé en dé­cembre der­nier. Proulx joue Joey, le bum, un rôle qu’a dé­jà dé­fen­du Guillaume De­par­dieu, lui aus­si dé­cé­dé l’an der­nier. Dé­ci­dé­ment, la pièce a un de ces kar­mas...Ce huis clos pren­dra l’af­fiche de la salle Al­bert-Rousseau le 29 jan­vier, à 20 h.

Le re­tour ra­conte l’his­toire d’une fa­mille de Londres, au mi­lieu des an­nées 60, en plein coeur de la ré­vo­lu­tion sexuelle, de la mon­tée du fé­mi­nisme... Une fa­mille bour­geoise ré­agit au re­tour de l’un des siens, Ted­dy (Jean-Fran­çois Pichette), le seul à avoir réus­si sa vie et sa car­rière. La pièce, outre Proulx et Pichette, met en ve­dette Mar­cel Sa­bou­rin, Be­noit Girard, Noé­mie Go­din-Vi­gneault et Pa­trice Ro­bi­taille dans une mise en scène d’Yves Desgagnés.

Après Le re­tour, Proulx se­ra en ve­dette dans Les pieds des anges, la nou­velle créa­tion d’Eve­lyne de Lachenelière, à l’Es­pace Go, à Mon­tréal. «Je joue un mau­dit bon gars. Le théâtre per­met de jouer autre chose que les bums, con­trai­re­ment à ce que le pu­blic voit de moi à la té­lé», ter­mine-t-il.

PHOTO JEAN-FRAN­COIS DESGAGNÉS

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.