Notre gent­le­man chan­teur

Ces der­nières an­nées, Bru­no Pel­le­tier a connu le suc­cès col­lec­tif, que ce soit avec Dra­cu­la oua­vec­son GrosZor­chestre. Il est de re­tour, mais pas en qua­li­té de­mem­bred’une pro­duc­tion po­pu­laire, ni com­me­lea­derd’un­band. Re­voi­làB­ru­noPel­le­tier, le­gent­le­man­chant

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Le Jour­nal

Dans le loft du centre-ville où se dé­rou­le­ra l’en­tre­tien vi­sant à cer­ner la ge­nèse de Mi­cro­pho­nium, dixième al­bum de la car­rière de Bru­no Pel­le­tier, ce der­nier af­fiche un air sa­tis­fait et quelque peu ab­sent. C’est qu’il n’est pas en­core en mode « pro­mo », le Bru­no. Cinq jours plus tôt, il ter­mi­nait la gra­vure de son nou­vel al­bum, qui se­ra en ma­ga­sin le 3 fé­vrier. D’une cer­taine fa­çon, Pel­le­tier est en­co-

« J’ai dû l’écou­ter 8 000 fois, dit Pel­le­tier. La gra­vure, les fré­quences, les com­pres­sions, les ma­chins… Tout est en­core brouillon dans ma tête », lance-t-il en riant.

Ce­la fait main­te­nant sept ans que Bru­no Pel­le­tier n’a pas mis en mar­ché de disque com­po­sé ex­clu­si­ve­ment de ma­té­riel ori­gi­nal… de Bru­no Pel­le­tier, soit de­puis la pa­ru­tion de Un monde à l’en­vers. Cer­tains fans de longue date de l’ar­tiste s’at­ten­daient à ce re­tour plus tôt, soit après le pro­jet de Dra­cu­la. Mais il y a eu la pa­ru­tion de Bru­no Pel­le­tier et le GrosZor­chestre, disque aux ef­fluves jazz ma­jo­ri­tai­re­ment com­po­sé de re­prises. re en stu­dio, avec ses col­lègues, ses mu­si­ciens, ses chan­sons, ses mu­siques, ses es­poirs, ses craintes et ses in­ter­ro­ga­tions.N’im­porte quel ar­tiste vous le di­ra, il existe une courte pé­riode dé­sta­bi­li­sante pour le créa­teur d’un al­bum, entre la fin de la nais­sance du disque et le dé­but de sa com­mer­cia­li­sa­tion.

ALLERAILLEURS

« J’avais be­soin d’al­ler faire le tour. D’al­ler ex­plo­rer… Le GrosZor­chestre, je di­sais que c’était une pa­ren­thèse, que c’était quelque chose que j’avais la pos­si­bi­li­té d’es­sayer.

«La pa­ren­thèse a pris deux ans et de­mi, comme celle de Dra­cu­la qui a du­ré trois ans. Sin­cè­re­ment, après Dra­cu­la, si je me suis lan­cé dans le GrosZor­chestre, c’est parce que j’avais le goût de faire autre chose que ce que j’avais fait toute ma vie. »

« Le ti­ming était bon pour re­ve­nir à un al­bum ‘clas­sique’ de Bru­no Pel­le­tier. Mais on re­vient tou­jours avec l’en­semble de tout ce qu’on a fait. Ce sont des va­lises de plus… »

Si Pel­le­tier sa­vait que son nou­veau disque al­lait nous le ra­me­ner en « so­lo », il re­con­naît que Mi­cro­pho­nium est fort dif­fé­rent de ce qu’il avait pres­sen­ti au dé­part.

« C’est hal­lu­ci­nant entre l’idée de dé­part, qui était plus ou moins pré­cise – je ré­pète, je suis brouillon – et le ré­sul­tat fi­nal. Je suis par­ti d’une di­zaine de tounes que j’ai écrites et d’une soixan­taine que j’ai re­çues. Puis, j’ai ré­duit à 40, à 20 et à 16. Et là, je sa­vais que j’al­lais avoir un al­bum de 15 tounes. «Ça, c’était il y a six mois. Deux se­maines avant la fin, j’ai dé­ci­dé que ça al­lait être un al­bum de 12 chan­sons. Si tu me de­mandes si je sa­vais où je m’en al­lais dès le dé­part, la ré­ponse est non. »

MULTIPLESFACETTES

À l’ar­ri­vée, pour­tant, Mi­cro­pho­nium est bien à l’image des dif­fé­rentes fa­cettes de son créa­teur.

« Ceux qui suivent ma car­rière de­puis long­temps savent que je suis comme une balle de ping-pong : je me pro­mène, je re­bon­dis, j’es­saie des choses…

«J’es­pé­rais que cet al­bum pour­rait re­flé­ter l’en­semble de ce que je suis, de toutes les phases que j’ai vé­cues au cours de ma car­rière.

« Je suis le gars qui a fait des mu­si­cals, qui a tou­ché le jazz, le rock, qui fait des af­faires avec des cordes, etc. C’était la seule chose qui était claire pour moi au dé­part. Ce genre de ta­bleau-là. Bref, à la fin, il y a 12 tounes et 12 uni­vers qui re­flètent peut-être, peut-être… tout ce que je suis. »

PHOTO LE JOUR­NAL

Bru­no Pel­le­tier est de re­tour avec son dixième al­bum,

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.