L’INS­PEC­TEUR RÉ­CI­DIVE

NEWYORK | Ona­par­fois l’im­pres­sion en li­sant un livre qu’il s’adresse di­rec­te­ment à nous. C’est ain­si que s’est sen­ti Steve Mar­tin en li­sant Out­liers, duCa­na­dienMal­colm Glad­well, dans le­quel l’au­teur com­pare les grandes car­rières de notre époque et en ar­ri

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Jim Slotek Sun Mé­dia

Les yeux de Mar­tin s’illu­minent lors­qu’on men­tionne le bou­quin au pas­sage. « Je suis en train de le lire, nous dit Mar­tin à la veille de la sor­tie de son 48e film, La pan­thère rose 2. J’ai écrit une lettre à l’éditeur et je lui ai dit : « C’est surprenant! »

« C’est ma vie. J’ai com­men­cé à tra­vailler au ma­ga­sin de ma­gie à 15 ans, huit heures par jour, sauf quand j’al­lais à l’école. En­suite, j’ai pré­sen­té quatre spectacles par jour pen­dant trois ans au Bird­cage Thea­ter (dans le parc d’at­trac­tions Knott’s Ber­ry Farm, en Ca­li­for­nie) et je n’ai ja­mais ar­rê­té. Ça a mar­ché pour moi. »

Ce fut le suc­cès im­mé­diat pour Steve Mar­tin, qui a main­te­nant 63 ans. Il a ani­mé l’émis­sion Sa­tur­day Night Live pour la pre­mière fois le 13 oc­tobre 1976 et pour la 15e fois (un re­cord!) hier soir – épi­sode lors du­quel il était à la fois ani­ma­teur et mu­si­cien in­vi­té, chan­tant des mor­ceaux ti­rés de son nou­vel al­bum de chan­sons de ban­jo, The Crow.

Quand on lui de­mande de com­pa­rer ces deux Steve Mar­tin, l’ac­teur-com­po­si­teur­ban­joïste y ré­flé­chit un ins­tant : « J’ai une ci­ta­tion en tête de­puis long­temps : “ On est nou­veau rien qu’une fois ”.

« Je crois mal­gré tout avoir écou­té mon coeur en di­ver­si­fiant mes in­té­rêts. Les gens viennent me voir et me de­mandent : pour­quoi tu ne fais pas un autre film dé­bile comme avant? (Sans doute une ré­fé­rence à The Jerk, The Man with Two Brains ou Dead Men Don’t Wear Plaid).

« Je me dis en se­cret : tu crois que c’est ce que tu veux, mais je ne fe­rais que me ré­pé­ter. J’ai fait autre chose et je suis res­té pro­fes­sion­nel dans ma car­rière d’ac­teur. »

FAIRE RIRE

Ce qui l’amène à par­ler de La pan­thère rose 2.

« C’est un pro­jet qui m’ex­cite quand même. Ça me donne une chance de faire ce que je fai­sais avant – de la co­mé­die vi­suelle. Or, j’aime aus­si m’en­ga­ger dans des films qui font pour d’autres ce que les co­mé­dies ont fait pour moi : faire rire. »

Le mal­adroit ins­pec­teur Clou­seau de La pan­thère rose « est un genre de per­son­nage clas­sique que Pe­ter Sel­lers (a créé), heu­reu­se­ment pour moi… mais nous avons pris une autre di­rec­tion sans rien vo­ler pour au­tant. C’est comme avec James Bond : un per­son­nage in­ter­pré­té par plu­sieurs ac­teurs. Ce­la dit, je constate que je suis le qua­trième ac­teur à jouer Clou­seau. » (Nul be­soin de nous en­voyer un mes­sage pour cor­ri­ger les dires de M. Mar­tin; en in­cluant les rôles mi­neurs, il pour­rait bien être le sixième.)

IM­POS­TEUR

Quand on a af­fir­mé, lors d’une confé­rence de presse, qu’une scène du film qu’on voit aus­si dans la bande-an­nonce – dans la­quelle Clou­seau fait sem­blant d’être le pape et fi­nit par pendre du bal­con du Va­ti­can après une chute – fait beau­coup pen­ser au co­mé­dien de films muets Ha­rold Lloyd, Mar­tin a nié avoir co­pié ses gags, mais a ajou­té que le pas­sé existe pour être re­cy­clé.

« Je re­gar­dais (la sé­rie de PBS) Make ‘Em Laugh, l’épi­sode avec Char­lie Cha­plin hier soir, et ça m’a vrai­ment fait réa­li­ser à quel point je suis un im­pos­teur. Il doit y avoir au moins 100 bonnes blagues qu’on pour­rait prendre sans que per­sonne s’en aper­çoive. »

Mar­tin ter­mine avec une autre dif­fé­rence entre l’homme qu’il est au­jourd’hui et l’ani­ma­teur de SNL d’il y a 22 ans : un sen­ti­ment d’hu­mi­li­té qui s’est ma­ni­fes­té lors de l’écri­ture de son au­to­bio­gra­phie.

« Je ne tiens pas à me van­ter, mais je ne tiens pas non plus à nier mes suc­cès. La co­mé­die rend humble parce qu’on s’en prend constam­ment aux autres. »

PHOTO LE JOUR­NAL

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