POURLAQUALITÉDUJEU DEDUSTINHOFFMAN ETD’EM­MAT­HOMP­SON

Réunir deux lau­réats d’un Os­car au grand écran a une va­leur mar­chande in­es­ti­mable pour Hol­ly­wood, même si ce­la n’as­sure pas le suc­cès à l’ar­ri­vée. Au moins, quand l’af­fiche est par­ta­gée entre Dus­tin Hoff­man et Emma Thomp­son, ce­la a le mé­rite de main­te­nir

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Le Jour­nal

Si vous avez vu la ban­dean­nonce de Last Chance Har­vey ( La Der­nière Chance d’Har­vey), on ne peut rien pour vous : vous sa­vez dé­jà tout sur ce film, conclu­sion com­prise. Re­mar­quez, même sans rien sa­voir de cette pro­duc­tion ci­né­ma­to­gra­phique, vous al­lez tout com­prendre en un clin d’oeil dès les pre­mières mi­nutes.

Har­vey Shine (Dus­tin Hoff­man, Os­car pour Rain Man), concep­teur d’in­di­ca­tifs mu­si­caux com­mer­ciaux, est sur le point de se faire vi­rer de sa boîte de New York quand il se rend à Londres afin d’as­sis­ter au ma­riage de sa fille. Et son cal­vaire n’est pas fi­ni avec cette belle fa­mille qu’il n’a ja­mais vé­ri­ta­ble­ment fré­quen­tée. Kate Wal­ker (Emma Thomp­son, Os­car pour Sense and Sen­si­bi­li­ty), une An­glaise qui tra­vaille à l’aé­ro­port de Hea­throw, n’en peut plus de voir sa mère et ses proches ten­ter de lui dé­ni­cher un prince char­mant du­rant sa qua­ran­taine. Bref, ça va tel­le­ment mal pour ces deux-là que l’on sait qu’ils vont se croi­ser, tant leurs des­tins mer­diques les unissent d’em­blée.

SO­LIDES PER­FOR­MANCES

Pour­quoi al­ler voir Last Chance Har­vey ( La Der­nière Chance d’Har­vey) dans ce cas ? Exac­te­ment pour la rai­son qui a in­ci­té Hol­ly­wood à réunir Hoff­man et Thomp­son : pour la qua­li­té de leur jeu, mal­gré un scé­na­rio plus mince qu’une nappe de noces.

Hoff­man est cap­ti­vant et vul­né­rable au pos­sible dans la peau du type ju­gé dé­pas­sé par ses pa­trons et sno­bé par sa belle-fa­mille, alors que Thomp­son campe à mer­veille l’ar­ché­type de la femme édu­quée, qui re­pousse mal­gré elle les sou­pi­rants en rai­son de sa gen­tillesse pro­ver­biale.

Au­tour d’eux, des vé­té­rans comme James Bro­lin et la jeune Ca­na­dienne Lia­na Ba­la­ban, quoique avec de pe­tits rôles, sont de bon ton. Si Joel Hop­kins ne nous ren­verse guère par ses qua­li­tés d’écri­ture – c’est lui qui signe le scé­na­rio – , il s’en tire net­te­ment mieux en qua­li­té de réa­li­sa­teur.

ÉQUI­LIBRE

Points forts : le mon­tage ner­veux en pa­ral­lèle des deux des­tins avant la ren­contre-clé, les ma­laises par­fai­te­ment res­sen­tis lors de si­tua­tions ten­dues – du genre tu veux dis­pa­raître sous le plan­cher – ain­si que l’in­tel­li­gence de ne pas sou­li­gner à gros traits des ti­rades qui au­raient fait l’ob­jet d’ap­plau­dis­se­ments nour­ris dans des films mi­nables.

Film por­tant les es­poirs de re­nou­veau pour les di­vor­cés dans notre monde dys­fonc­tion­nel ? Feel good mo­vie pour les ba­by-boo­mers qui prennent de l’âge ? Ren­contre de deux cultures (amé­ri­caine et bri­tan­nique) ? Toutes ces ré­ponses sont va­lables, mais au fi­nal, ce sont vrai­ment les sen­ti­ments qui animent les per­son­nages de Hoff­man et Thomp­son qui en­lèvent le mor­ceau. Et pour ça, ça aide d’avoir des lau­réats d’un Os­car qui ont du mé­tier.

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