risque

Dans le réa­li­sa­teur Ch­ris­tian de la Cortina a in­ves­ti sa che­mise... et celle de son équipe, y com­pris les co­mé­diens, qui n’ont pas été payés en es­pé­rant une par­ti­ci­pa­tion aux pro­fits.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE -

«Comme on n’avait pas de bud­get, les co­mé­diens et les tech­ni­ciens ont ac­cep­té d’as­su­mer leur part de risque dans l’aven­ture. Si le film fait de l’ar­gent, ils en fe­ront; dans le cas contraire, ils au­ront quand même vé­cu une belle ex­pé­rience», ex­plique au Jour­nal le com­man­dant du na­vire, qui a in­ves­ti trois ans de sa vie et 35 000 $ dans cette ga­lère.

Re­dou­blant de dé­marches et d’in­gé­nio­si­té pour s’at­ti­rer des partenaires et des com­man­di­taires, le jeune réa­li­sa­teur de moins de 30 ans a pro­fi­té de la ré­cente ma­gie de la tech­no­lo­gie pour faire plus avec moins. «Ma ca­mé­ra de tra­vail a coû­té 7 000 $ et 4 000 $ pour le Mac, qui m’a ser­vi pour le mon­tage. On a dé­ni­ché un cas­ca­deur pour 600 $ et la ca­mion­nette dé­truite dans le film a été trou­vée dans une cour à scrap. » Mais la plus grande fier­té du réa­li­sa­teur a été de convaincre l’Union des ar­tistes de créer un pré­cé­dent en ac­cep­tant que des co­mé­diens ac­ceptent de tra­vailler dans un pro­jet sans ca­chet fixe, si­non un pour­cen­tage des re­cettes. Qui plus est, le film a été pro­duit sans au­cune aide gou­ver­ne­men­tale. Le pro­duc­teur-réa­li­sa­teur­cos­cé­na­riste et co­mé­dien ne vou­lait pas perdre un temps pré­cieux dans les méandres gou­ver­ne­men­tales, ni se faire dic­ter des obli­ga­tions pour ob­te­nir une aide fi­nan­cière.

«On au­rait exi­gé que j’em­bauche un gros nom comme Roy Du­puis et on au­rait pro­ba­ble­ment re­fu­sé que je joue dans le film que je réa­lise», si­gnale en­core de la Cortina, confiant que sa dé­marche d’avant-garde fe­ra des pe­tits chez les gens de ci­né­ma dé­si­reux de se créer un em­ploi. Il croit que le temps est ve­nu que les co­mé­diens se prennent en main et créent leur propre aven­ture, sans être tri­bu­taires des im­pé­ra­tifs com­mer­ciaux.

«Ça prend de la per­sé­vé­rance et il faut ai­mer le ci­né­ma», in­siste en­core le réa­li­sa­teur, heu­reux d’ap­prendre que Tran­sit semble en voie de suivre le cir­cuit in­ter­na­tio­nal de Bon cop, bad cop puisque son film, qui pro­fite du même dis­tri­bu­teur, a dé­jà été ven­du au Ja­pon et en Po­logne.

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