SANS AU­CUNE VA­LEUR

Han­té­par­se­sex En re­gar­dant un film aus­si stu­pide et dé­nué d’es­prit que ce­lui-là, vous ne pou­vez que vous de­man­der si vous avez tou­ché le fond du baril.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ke­vin William­son Sun Me­dia

Il est vrai que le film Han­té par ses ex n’est sans doute pas le pre­mier exemple de dé­ve­lop­pe­ment ir­res­pon­sable de Hol­ly­wood qui sert ses propres in­té­rêts idéo­lo­giques, mais il est par­mi les plus nui­sibles : il s’agit là d’une cé­lé­bra­tion inepte et cy­nique de sa­lauds dé­gui­sée en une co­mé­die sen­ti­men­tale sur la ré­demp­tion amou­reuse.

À cette étape de sa car­rière, les films de Mat­thew McCo­nau­ghey sont de­ve­nus si minces et sans va­leur qu’ils n’ont même plus de scé­na­rios, mais un mes­sage très court, ré­duit à sa plus simple ex­pres­sion.

Cette fois, McCo­nau­ghey in­ter­prète le rôle de Con­nor Mead, sé­duc­teur fron­deur qui voit le ma­riage (et pro­ba­ble­ment le genre fé­mi­nin) aus­si fa­vo­ra­ble­ment qu’Ebe­ne­zer Scrooge voyait Noël. Comment ap­pre­nons-nous ce­la? Parce qu’aus­si­tôt après avoir fait la connais­sance de ce cé­lèbre pho­to­graphe de mode, ce der­nier rompt avec de nom­breuses femmes au cours d’une confé­rence té­lé­pho­nique.

Heu­reu­se­ment pour vous, l’ac­tion se trans­porte ra­pi­de­ment au ma­riage de son frère à New­port, où Con­nor avale du scotch, in­sulte la fu­ture ma­riée (La­cey Chabert), tri­pote son agui­chante mère (Anne Ar­cher) et com­plote en vue d’al­ler au lit avec la de­moi­selle d’hon­neur. Peut-être est-il réel­le­ment aus­si né­faste que ce­la, mais peut-être ne fait-il que ré­agir à la pré­sence de Jen­ny (Jennifer Gar­ner, com­plè­te­ment per­due ici), son amie de coeur d’en­fance, la seule fille qu’il n’ait ja­mais ai­mée. L’étin­celle est tou­jours là, de même que les bles­sures du pas­sé.

Le sa­lut ar­rive fi­na­le­ment sous la forme éthé­rée de l’oncle dé­cé­dé de Con­nor, Wayne (Mi­chael Dou­glas). De son vi­vant, il a éle­vé son ne­veu pour qu’il de­vienne ce qu’il est au­jourd’hui. Dans la mort, tou­te­fois, il veut mon­trer à son pro­té­gé qu’il est dans l’er­reur et qu’il n’est pas trop tard pour vivre le vé­ri­table amour. Il réa­lise ce­la en gui­dant Con­nor à tra­vers les di­vers épi­sodes de son exis­tence pas­sée, pré­sente et fu­ture.

Mais quel que soit l’es­pa­ce­temps dans le­quel vous vous trou­vez, tout ce­la est plu­tôt ré­pu­gnant, même si, à la fin, Con­nor est pas­sé d’un cy­nique in­croyant à un ro­man­tique au coeur tendre, déses­pé­ré de ra­vi­ver sa re­la­tion avec Jen­ny.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.