UNE ÎLE CHAR­GÉE D’HIS­TOIRE!

Qu’on s’y rende pour sa beau­té, pour la paix qu’elle dé­gage ou pour sa par­ti­ci­pa­tion à notre his­toire, Grosse-Île ne laisse per­sonne in­dif­fé­rent. Il est vrai qu’elle a mo­di­fié la vie de mil­lions d’im­mi­grants, mais aus­si celle de mil­liers de Qué­bé­cois qui

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Lise Gi­guère Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

En 1832, l’ar­rêt sur cette île iso­lée était obli­ga­toire pour tous les na­vires qui ar­ri­vaient d’Eu­rope. Il s’agis­sait d’une pré­cau­tion, dé­cré­tée par le gou­ver­ne­ment du BasCa­na­da ,qui sou­hai­tait pro­té­ger la po­pu­la­tion de l’épi­dé­mie de cho­lé­ra asia­tique qui sé­vis­sait alors en Eu­rope. Elle de­vient donc « l’île de la qua­ran­taine » avant d’être le lieu d’ex­pé­riences bac­té­rio­lo­giques se­crètes. Vers 1952, l’île re­de­vient un lieu de qua­ran­taine, mais cette fois-ci, pour les ani­maux im­por­tés au Ca­na­da. Ce n’est qu’en 1984 qu’elle est ré­amé­na­gée et qu’elle de­vient un lieu his­to­rique na­tio­nal ap­pe­lé Grosse-Île-et-le-Mé­mo­rial-desIrlandais .

Il en a fal­lu du temps pour voir en­fin des vi­sages joyeux et sou­riants et une am­biance fes­tive sur cette île. Mais de­puis quelques an­nées, grâce aux vi­sites gui­dées par des guides de Parcs Ca­na­da et à l’ani­ma­tion de co­mé­diens, c’est chose faite.

Ain­si, dès que le ba­teau ac­coste, les pas­sa­gers sont ac­cueillis par le Dr Mar­ti­neau ou l’in­fir­mière Sa­rah Wade. Ils sont gui­dés vers l’édi­fice de dés­in­fec­tion et là, on pro­cède à l’exa­men afin de dé­tec­ter s’il n’y au­rait pas des signes évi­dents de ma­la­die. Le groupe peut en­suite vi­si­ter l’exposition mul­ti­mé­dia, les étuves de dés­in­fec­tion ori­gi­nales, les douches et les salles d’at­tente.

Après ce rap­pel d’un pas­sé dif­fi­cile, on peut choi­sir de faire le tour de l’île à pied ou op­ter pour le train ba­lade.

Au pied de la col­line, le Mé­mo­rial dé­dié aux im­mi­grants et aux em­ployés en­ter­rés à la sta­tion rap­pelle que 7 553 per­sonnes sont mortes sur l’île, dont plus de 5 000 du­rant la seule an­née 1847.

C’est en leur mé­moire et pour com­mé­mo­rer la grande fa­mine ir­lan­daise que le 15 août 1909, l’An­cien Ordre des Hi­ber­niens a éri­gé une croix cel­tique sur le point le plus éle­vé de l’île, dans le sec­teur ouest. Cette an­née, à la même date, mais 100 ans plus tard, une im­por­tante dé­lé­ga­tion de membres de cet ordre fe­ra un pè­le­ri­nage au pied de ce sym­bole.

PHOTO LE JOUR­NAL

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