Une chasse aux ve­dettes in­ter­na­tio­nales dans le but ul­time de les ame­ner sur les plaines. Telle est la mo­ti­va­tion du grand ma­ni­tou du Fes­ti­val d’été de Qué­bec, Da­niel Gé­li­nas.

Mi­chelle Cou­dé-Lord

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE -

Après son coup de Paul McCart­ney, les di­ri­geants du plus an­cien évé­ne­ment cultu­rel mu­si­cal du Qué­bec ont mis la barre haute, très haute.

« Il nous faut ab­so­lu­ment conti­nuer l’ex­pan­sion en cours et pro­fi­ter du suc­cès du 400e pour ac­cé­lé­rer en­core plus le dé­ve­lop­pe­ment de notre fes­ti­val », af­firme en en­tre­vue au Jour­nal de Mon­tréal Da­niel Gé­li­nas.

Ses trois cartes maî­tresses pour l’été 2009 se­ront Sting, Pla­ci­do Do­min­go et KISS et une pro­gram­ma­tion ma­jeure in­cluant The Lost Fin­gers, Pierre La­pointe, Jeff Beck, Bei­rut, Ser­gent Gar­cia, Girl Talk et Su­prê­meNTM.

« Notre plan de match est simple : in­ves­tir dans nos conte­nus exclusifs pour at­ti­rer le plus de monde à Qué­bec et être un mo­teur tou­ris­tique im­por­tant », ajoute le di­rec­teur du Fes­ti­val d’été de Qué­bec.

REMISEENQUESTION

Da­niel Gé­li­nas est ar­ri­vé en 2002 à la tête de ce fes­ti­val qui, à ce mo­ment-là, bat­tait de l’aile.

Le Fes­ti­val d’été re­ce­vait de la com­pé­ti­tion de toutes les ré­gions. Les fes­ti­vals se mul­ti­pliaient et at­ti­raient les mêmes noms qu’à Qué­bec.

« On ne se dis­tin­guait plus. Cette concur­rence nous a ame­nés à nous ques­tion­ner, à nous de­man­der pour­quoi nous n’étions plus le lea­der. »

Or, avec un pré­sident du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion du fes­ti­val qui se nomme Régis La­beaume, des­ti­né à de­ve­nir le maire de la ville, et un Da­niel Gé­li­nas com­ba­tif prêt à frap­per à toutes les portes pour vendre Qué­bec, le Fes­ti­val était ap­pe­lé à re­prendre sa place et son iden­ti­té.

« Nous sommes le fes­ti­val qui met le plus d’ar­gent sur la pro­gram­ma­tion en com­pa­rai­son avec le bud­get to­tal. Par exemple cette an­née, sur un bud­get de 16,6 mil­lions de dol­lars, huit mil­lions vont à notre pro­gram­ma­tion. Nous n’avons pas le choix si on veut at­ti­rer les plus grands chez nous. »

L’APRÈS-McCART­NEY

Da­niel Gé­li­nas le re­con­naît, la carte de vi­site de Paul McCart­ney a ren­for­cé le pou­voir de né­go­cia­tion à l’échelle in­ter­na­tio­nale.

« Il a tel­le­ment ai­mé chan­ter sur les plaines. Il a ap­pré­cié la sé­cu­ri­té, toute cette foule im­mense qui l’ac­cla­mait. Nous avons en­core des contacts avec cer­tains membres de son en­tou­rage qui ré­pondent ra­pi­de­ment à nos cour­riels. Car les gens doivent sa­voir que nous né­go­cions di­rec­te­ment avec les gé­rants des ve­dettes et non pas avec les di­rec­teurs de tour­née. Si nous vou­lons des exclusivités, nous n’avons pas le choix. Eh oui, ces stars ont un prix que nous ne dé­voi­lons ja­mais », ajoute le pa­tron du Fes­ti­val d’été de Qué­bec.

Pour Paul McCart­ney, on a par­lé d’un mil­lion de dol­lars en ca­chet. Ce qui n’a pas été nié par l’or­ga­ni­sa­tion.

Donc, les di­ri­geants du Fes­ti­val d’été de Qué­bec ciblent les plus grandes ve­dettes du monde.

DES MO­DÈLES À SUIVRE

Quand on lui parle de com­pé­ti­tion avec Mon­tréal, Da­niel Gé­li­nas ré­pond que son com­bat, il le fait avec les plus grands fes­ti­vals de mu­sique ex­té­rieurs du monde, comme le fes­ti­val de Bretagne, ce­lui de Nyon qui peut vendre 200 000 lais­sez-pas­ser en deux heures.

« Nous, l’an der­nier, en pré­vente en mai, nous avons ven­du 60 000 lais­sez-pas­ser en 36 heures. Et grâce au 400e, nous avons eu 1,7 mil­lion de vi­si­teurs; donc, si cette an­née nous at­tei­gnons 1,5 mil­lion de vi­si­teurs nous se­rons heu­reux. »

Juste pour vous don­ner un aper­çu des idées de gran­deur de Da­niel Gé­li­nas pour son fes­ti­val, cette an­née, en Grande-Bretagne, ils re­çoivent Bruce Spring­steen et The Killers et, à Nyon, en Suisse, Pe­ter Ga­briel, Björk et Pink.

« Nous vou­lons des évé­ne­ments exclusifs. Nous es­sayons plu­sieurs choses, ça prend de la pa­tience car ça ne marche pas tout le temps. Mais notre pré­sent et notre ave­nir se bâ­tissent au­tour des têtes d’af­fiche. Un mo­dèle confir­mé qui ac­corde à notre fes­ti­val une ré­pu­ta­tion mon­diale », dit Da­niel Gé­li­nas.

Et quand vous avez un Paul McCart­ney qui, tout à coup, de­vient am­bas­sa­deur de votre ville, la barre est haute.

« Nous n’avons pas le choix de ré­pondre aux at­tentes. On pense grand et on doit don­ner beau­coup à notre monde et don­ner sur­tout le goût aux tou­ristes de ve­nir à Qué­bec, du 9 au 19 juillet, cet été », dit en ter­mi­nant, op­ti­miste, le pa­tron du Fes­ti­val d’été de Qué­bec.

Le di­manche 19 juillet, Pierre La­pointe clô­tu­re­ra le fes­ti­val avec Ma­la­jube. Pla­ci­do Do­min­go se­ra en spec­tacle, le ven­dre­di 17 juillet, et Sting, le 18 juillet.

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