Le plai­sir de faire RIRE

La vie est tou­jours aus­si belle pour le co­mé­dien­réa­li­sa­teur Ro­ber­to Be­ni­gni qui, dans toute son em­phase ita­lienne, se dit «très ému, mais vrai­ment très ému» de l’in­vi­ta­tion qui lui a été faite de ve­nir faire dé­cou­vrir aux Qué­bé­cois son pre­mier spec­tacle d

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Pierre O. Nadeau

Au bout de la ligne, à quelques heures de se pro­duire à Athènes, le réa­li­sa­teur et co­mé­dien prin­ci­pal du film os­ca­ri­sé La vie est belle dé­borde d’en­thou­siasme et d’élo­quence sur un ton des plus joyeux, ty­pi­que­ment ita­lien. D’une hu­mi­li­té qui le gran­dit en­core da­van­tage, il dit ac­cueillir «avec beau­coup d’émo­tion et de gra­ti­tude» l’oc­ca­sion qui lui est of­ferte de fou­ler le sol qué­bé­cois pour la pre­mière fois, d’abord au Théâtre Saint-Denis, les 3 et 4 juin, dans le contexte du Fes­ti­val Juste pour rire, en­suite au Grand Théâtre de Qué­bec, le 10 juin, lors de la soi­rée d’ou­ver­ture du Grand Rire de Qué­bec.

«À vrai dire, je ne connais pas grand-chose du Qué­bec, si­non que je m’y poin­te­rai du­rant un des plus beaux mois de l’an­née. Mais soyez as­su­rés que je vais me ren­sei­gner d’ici là sur le Qué­bec et je vous pro­mets même un p’tit clin d’oeil lo­cal du­rant la pre­mière par­tie de mon spec­tacle.» Not- re in­ter­lo­cu­teur ajoute qu’il «tra­vaille même à amé­lio­rer son fran­çais», s’ex­pri­mant pour­tant dans un fran­çais des plus cor­rects.

TUT­TO DANTE

Ça fait main­te­nant trois ans que Ro­ber­to Be­ni­gni pro­mène son spec­tacle so­lo dans les plus grandes ca­pi­tales du monde. In­ti­tu­lé Tut­to Dante, le spec­tacle en fran­çais quelques pas­sages en ita­lien avec sous­titres fran­çais se veut un hom­mage aux hé­ros dan­tesques qui ont ha­bi­té ses rêves. En fait, Tut­to Dante est un évé­ne­ment unique dans l’his­toire du spec­tacle, un fas­ci­nant voyage qui passe de l’ac­tua­li­té (en pre­mière par­tie) à La di­vine co­mé­die à tra­vers ses propres sou­ve­nirs ra­con­tés sur le ton de l’iro­nie, de l’humour et de la poé­sie.

Le spec­tacle a dé­bu­té en juin 2006, dans le splen­dide théâtre ro­main de Pa­tras­so, en Grèce, où, de­vant un pu­blic ex­ta­sié, dit-on, Be­ni­gni a dé­cla­mé et ex­pli­qué le chant d’Ulysse, le XXVle chant de l’en­fer.

Ici, on connaît sur­tout Ro­bert Be­ni­gni pour son rôle dans le fa­meux film La vie est belle (1997), dans le­quel il ra­conte toute l’hor­reur de l’ho­lo­causte à tra­vers la dé­marche d’un père qui fait croire à son fils que tout ce­la n’est qu’un jeu. «On m’en parle en­core presque tous les jours, dit le réa­li­sa­teur et co­mé­dien. À la suite du suc­cès in­ter­na­tio­nal qu’a connu le film, on a vou­lu que je fasse une suite; mais pour moi, il n’en était pas ques­tion. Ce film a un dé­but, un dé­noue­ment et une fin. C’est tout. On passe à autre chose...» Il in­siste sur le fait que « La vie est belle est loin d’être une co­mé­die, mais une pro­fonde tra­gé­die». Ro­ber­to Be­ni­gni a hâte de re­ve­nir au ci­né­ma. «Cette fois, ce se­ra une co­mé­die, mais je n’ai pas en­core trou­vé le su­jet...»

Son der­nier film, Le tigre et la neige, date de 2005. Son im­po­sante fil­mo­gra­phie réunit deux dou­zaines de titres.

PHOTO AFP

RO­BER­TO BE­NI­GNI

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