Es­ca­pade chez les Pe­kua­ka­miul­nuatsh!

Connaissez-vous les Pe­kua­ka­miul­nuatsh? Ce sont les des­cen­dants des Tshi­shen­nuatsh qui, il y a quelque 6 000 ans, ont pé­né­tré le coeur du bou­clier canadien, fraî­che­ment li­bé­ré de ses glaces, pour oc­cu­per l’en­semble du ter­ri­toire qui forme au­jourd’hui le La

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Lise Gi­guère Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Lors de ma vi­site, honte m’est d’avouer que je ne connais­sais pas grand-chose de cette na­tion à la­quelle les Eu­ro­péens avaient don­né le nom de Mon­ta­gnais (ha­bi­tants des pe­tites mon­tagnes de la Côte-Nord) avec qui ils fai­saient le com­merce de la four­rure. Pour­tant, ce peuple fier, qui a conser­vé son iden­ti­té à tra­vers le temps, pré­fère qu’on les ap­pelle In­nus (êtres hu­mains)!

Tout en pré­ser­vant leur mode de vie no­made, les Pe­kua­ka­miul­nuatsh, seule com­mu­nau­té au­toch­tone de la ré­gion, ont vé­cu de nom­breux bou­le­ver­se­ments jus­qu’à la créa­tion de la ré­serve Pointe-Bleue en 1856, connue au­jourd’hui sous le nom de Ma­sh­teuiatsh (pro­non­cez mash-té-oui-ats).

C’est là, sur leur ter­ri­toire, que je les ai ren­con­trés. Après avoir dis­cu­té avec quel­que­suns d’entre eux, par­ta­gé un fes­tin ser­vi dans une im­mense tente sur cette pointe et avoir ad­mi­ré cette vue unique sur cette mer in­té­rieure, je suis tom­bée sous le charme.

L’HIS­TOIRE TELLE QU’ILS LA RA­CONTENT

Au Mu­sée amé­rin­dien de Ma­sh­teuiatsh, voi­sin de l’édi­fice qui, de­puis 1889, abri­tait les Pères Oblats, j’ai sui­vi la vi­site gui­dée à tra­vers un par­cours consti­tué d’écrits, de tra­di­tions orales, de ves­tiges ar­chéo­lo­giques, d’ob­jets an­ciens rap­pe­lant leurs ha­bi­tudes de vie, leurs cou­tumes et leurs croyances. J’ai dé­cou­vert leur his­toire, non pas comme on me l’a tou­jours ra­con­tée, mais comme eux dé­si­rent nous la faire connaître.

À l’ex­té­rieur, dans les jar­dins Nut­shi­matsh, une ba­lade sous dif­fé­rents thèmes (s’abri­ter, se dé­pla­cer, se nour­rir et se soi­gner) té­moigne de leurs liens an­ces­traux et in­dis­so­lubles avec cette terre qu’ils vé­nèrent.

L’en­droit est ma­gni­fique et si cha­leu­reux qu’on veut pro­lon­ger le sé­jour. Et pour­quoi s’en pri­ver?

Au Car­re­four d’ac­cueil, si­tué sur le lieu de ren­contre mil­lé­naire des Pre­mières na­tions du Qué­bec pour l’échange des four­rures, j’apprends qu’on y offre des sé­jours en ter­ri­toire. On peut même dor­mir sous la tente. Je craque plu­tôt pour l’Au­berge Mai­son Ro­bert­son.

DANS UN POSTE DE TRAITE

Spé­cia­listes de la traite des four­rures de­puis tou­jours, les Ro­bert­son ache­taient, pré­pa­raient, ven­daient la four­rure et aus­si la viande. Il faut dire que le lac Saint-Jean, avec son abon­dance de rivières, fa­ci­li­tait les dé­pla­ce­ments des Amé­rin­diens qui n’avaient que quelques pas à faire pour trans­por­ter le char­ge­ment de leur ca­not au poste de traite des four­rures Ro­bert­son & Fils, com­merce que la fa­mille ex­ploi­ta de 1907 à 1977. Edouard, 6e de sa gé­né­ra­tion, en est au­jourd’hui le pro­prié­taire. Comme ses an­cêtres, il tra­vaille aus­si dans le do­maine de la four­rure, mais dif­fé­rem­ment.

De la mai­son qui l’a vue naître et gran­dir, il a fait un centre d’in­ter­pré­ta­tion de la four­rure et une au­berge. Bien qu’agran­die en 1927, la mai­son pa­tri­mo­niale conserve ses pre­mières struc­tures qui datent de 1898. À l’in­té­rieur, l’his­toire de­la­com­mu­nau­té­mon­ta­gnai­se­se­ra­con­te­par les photos, les tro­phées de chasse, les to­tems, les ani­maux em­paillés, les­re­gistres de comptes, l’an­cien comp­toir, sans oublier les oeuvres de nom­breuxar­ti­sans­plus­con­tem­po­rains.

Si­tuée au coeur même de la com­mu­nau­té, l’Au­berge Mai­son Ro­bert­son a conser­vé tout son ca­chet mal­gré l’ajout des élé­ments es­sen­tiels au confort mo­derne. Il en ré­sulte un en­droit agréable qui per­met de par­ta­ger un mo­ment d’in­ti­mi­té avec ce peuple cha­leu­reux.

1. L’Au­berge Mai­son Ro­bert­son, un an­cien poste de traite des four­rures, conver­ti en centre d’in­ter­pré­ta­tion. 2. Le Par­cours du Mu­sée Amé­rin­dien pré­sente une autre vi­sion de l’ his­toire des Amé­rin­diens. 3. Des Fes­ti­vi­tés amé­rin­diennes à Ma­sh­teuiatsh. PHOTO CHARLES-DAVID RO­BI­TAILLE

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