LA CONTRE-AT­TAQUE DU CI­NÉ­MA QUÉ­BÉ­COIS

C’est un été de grands crus pour le ci­né­ma qué­bé­cois. Les pre­mières réa­li­sa­tions de So­phie Lo­rain, de Mariloup Wolfe et Ken Scott; le duo tant at­ten­du de Louis-Jo­sé Houde et Mi­chel Cô­té et Roy Du­puis dans Lesdoigts­croches. La table est mise. Mais le ci­ném

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Mi­chelle Cou­dé-Lord

L’ac­teur-ve­dette Mi­chel Cô­té, le seul qui est sor­ti ga­gnant du com­bat de l’été der­nier contre les grandes pro­duc­tions amé­ri­caines avec son Crui­sing bar 2, qui a af­fi­ché des re­cettes de 3,6 mil­lions, es­time que la pé­riode es­ti­vale 2009 se­ra «un grand test pour notre ci­né­ma».

«Après l’été dé­sas­treux de l’an der­nier, il ne fau­drait pas vivre le même cau­che­mar, sur­tout avec ce que nous avons à of­frir. Ce sont des an­nées char­nières pour notre ci­né­ma. Ce se­rait triste de vivre le drame du ci­né­ma du Ca­na­da an­glais for­te­ment bou­dé par les ci­né­philes qui ne veulent que des ac­teurs amé­ri­cains», sou­tient en en­tre­vue Mi­chel Cô­té ve­dette avec LouisJo­sé Houde du film De père en flic.

LE COM­BAT IN­ÉGAL

Mariloup Wolfe, réa­li­sa­trice de son pre­mier film Les pieds dans le vide, qui sort en août presque en même temps que le Gi Joe amé­ri­cain lance une in­vi­ta­tion aux ci­né­philes qué­bé­cois.

«Ve­nez voir notre ci­né­ma. Il est bon et di­ver­si­fié. C’est un com­bat de tous les ins­tants que nous me­nons contre le géant amé­ri­cain. Bien sûr que nous n’avons pas les 200 mil­lions pour faire un film, mais quand on se com­pare, nous ar­ri­vons à faire des choses ex­cep­tion­nelles avec nos maigres moyens.

«Mon film est prêt de­puis fé­vrier. Sa sor­tie est stra­té­gique, nous es­pé­rons re­joindre un vaste pu­blic et prin­ci­pa­le­ment les jeunes femmes entre 20 et 30 ans. Les pieds dans le vide est l’his­toire d’un tri­angle amou­reux. Il faut que les gens conti­nuent de croire en notre ci­né­ma.»

L’AR­TILLE­RIE LOURDE DE KEN SCOTT

Ken Scott, réa­li­sa­teur du film Les doigts croches, ar­rive avec son ar­tille­rie lourde pour faire ce com­bat contre les pro­duc­tions amé­ri­caines: Roy Du­puis, Claude Le­gault, Pa­trice Ro­bi­taille et Pao­lo Noël en ban­dits for­cés d’aban­don­ner le mal et de­ve­nir de bons gar­çons. On as­sis­te­ra à leurs ré­flexions. Dé­jà dans les avant-pre­mières, les ci­né­philes parlent de la force du film qui fait rire et ré­flé­chir. Le buzz rap­pelle ce­lui de La grande sé­duc­tion à la sa­tis­fac­tion du scé­na­riste et réa­li­sa­teur Ken Scott.

« C’est un film pur bon­heur. Ce se­rait le genre de film que mes pa­rents iraient voir. J’écris des his­toires au ci­né­ma pour le pu­blic. Bien sûr qu’il y a de la pres­sion et que la com­pé­ti­tion est là. Les Amé­ri­cains ar­rivent avec leurs gros bud­gets. Moi si j’avais eu 200 mil­lions au lieu de 5,5 mil­lions pour tour­ner mon film Les doigts croches en Ar­gen­tine, nous l’au­rions réa­li­sé dans un plus grand confort. Ce fut tel­le­ment dur. Mais l’im­por­tant, c’est le ré­sul­tat. Il est pos­sible de vaincre la ma­chine amé­ri­caine: par exemple, La grande sé­duc­tion a dû af­fron­ter les Pirates des Ca­raïbes. On a fait des re­cettes de 8,5 mil­lions. Ce n’est pas fa­cile, mais on peut y ar­ri­ver. Il faut y croire beau­coup.»

Les pro­prié­taires des salles de ci­né­ma sont op­ti­mistes. «Les films qué­bé­cois sont va­riés et les têtes d’af­fiches ne manquent pas. Ça de­vrait être ga­gnant et, sur­tout, on de­vrait évi­ter la catastrophe de l’été 2008 », in­dique le pré­sident l’As­so­cia­tion des pro­prié­taires de salles de ci­né­mas, Mar­cel Venne.

À l’été 2008, pour la pre­mière fois de­puis 2002, les parts de mar­ché du ci­né­ma qué­bé­cois sont pas­sées sous la barre de 10%, soit 8,4%, per­dant le com­bat contre les mé­ga­pro­duc­tions amé­ri­caines. Nous étions loin de l’été 2005 avec 21,7% des parts de mar­ché.

«Nous avons un ex­cellent dé­but d’an­née dans les salles de ci­né­ma avec une aug­men­ta­tion de 18,3% de la fré­quen­ta­tion. Et les films qué­bé­cois à l’af­fiche du­rant la pé­riode es­ti­vale ont tout pour at­ti­rer les ci­né­philes. En temps de crise éco­no­mique, le ci­né­ma de­meure une belle sor­tie en fa­mille pas trop chère. Ce­la nous aide», ajoute M. Venne.

L’été, les salles de ci­né­ma réa­lisent 40% de leurs re­cettes an­nuelles, soit en­vi­ron 72 mil­lions.

Mariloup Wolfe est fin prête pour le com­bat de l’été de notre ci­né­ma.

«J’y crois tel­le­ment, il faut juste que les ci­né­philes de chez nous se de­mandent «et pour­quoi pas un film qué­bé­cois»? Car ce que nous pro­dui­sons c’est de la grande qua­li­té, et ce, même avec un bud­get de quatre mil­lions. Je leur lance vrai­ment l’in­vi­ta­tion», conclut la réa­li­sa­trice et ac­trice convain­cue.

KEN SCOTT

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MI­CHEL CÔ­TÉ

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