L’en­fance dif­fi­cile de Bo­ris Cy­rul­nik

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - So­phie Du­ro­cher Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Dans ses livres, le psy­chiatre Bo­ris Cy­rul­nik a ra­con­té l’his­toire de ses pa­tients qui ont sur­vé­cu à des trau­ma­tismes ter­ribles. Or, sa propre his­toire, qu’il ra­conte dans son au­to­bio­gra­phie Je me sou­viens, donne des fris­sons dans le dos et montre que le roi des sur­vi­vants, c’est lui.

Pen­dant la Deuxième Guerre mon­diale, son père et sa mère, Juifs, sont morts à Au­sch­witz. Or­phe­lin à cinq ans, il est re­cueilli par une bonne âme, puis ar­rê­té par les Al­le­mands au cours d’une rafle. Il s’évade et échappe à plu­sieurs oc­ca­sions aux ar­res­ta­tions et à la dé­por­ta­tion.

BOU­LE­VER­SANT

«J’avais clai­re­ment conscience d’avoir été condam­né à mort parce que j’étais Juif. Mais je ne sa­vais pas ce que c’était qu’être Juif. J’étais donc condam­néà­mort­pour­quel­que­cho­seque je ne connais­sais pas.»

Bo­ris Cy­rul­nik a mis au point le concept de ré­si­lience (re­naître de sa souf­france). Mais pen­dant des an­nées, il a vé­cu dans le dé­ni de ce qui lui était ar­ri­vé pour ne pas être pri­son­nier du pas­sé.

«Ça fait 64 ans que je n’ai rien pu dire, c’est la pre­mière fois que je le fais.» Dans ce livre bou­le­ver­sant, il rend hom­mage aux fa­milles cou­ra­geuses qui l’ont hé­ber­gé pen­dant la guerre au risque de leur vie.

Je me sou­viens, Bo­ris Cy­rul­nik, L’es­prit du temps.

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