Ma­rio Jean rit de vos ados

Ils sont mous, un iPod tou­jours bran­ché dans les oreilles, ils ne parlent pas (ou quand ils parlent, c’est par gro­gne­ments), ils dorment jus­qu’à mi­di et sont ca­pables de vi­der votre fri­gi­daire en moins de temps qu’il ne faut pour dire piz­za po­cket... Arrr

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS -

Vous ai­mez vos ados même s’ils sont à la li­mite du sup­por­table? Vous al­lez ado­rer le tout nou­veau spec­tacle de Ma­rio Jean, qui com­prend un long sketch ex­trê­me­ment bien écrit et ab­so­lu­ment hi­la­rant sur l’âge in­grat.

Dans Gare au gros nou­nours!, le qua­trième one man show de Ma­rio Jean, il y a des blagues très réus­sies sur la po­li­tique, les re­la­tions hommes-femmes, l’hy­per­sexua­li­sa­tion des jeunes filles et la bouffe. Mais je vous avoue que le sym­pa­thique hu­mo­riste, que j’ai eu la chance de voir alors que son spec­tacle était en ro­dage, m’a lit­té­ra­le­ment fait cra­quer par ses re­marques si justes, si vraies et si dé­vas­ta­trices sur cette pé­riode in­ter-mi-na-ble de la crois­sance hu­maine. Et je sen­tais dans la salle, au­tour de moi, que tous les spec­ta­teurs se re­con­nais­saient dans ce sketch. Tout le monde est concer­né par cette pé­riode noire : soit on a des ados et on a le goût de brailler; soit on a des jeunes en­fants qui se­ront, un jour – c’est in­évi­table – des ados; soit on n’a pas d’en­fants... et on trouve dé­tes­tables les ados du voi­sin. Bref, l’ado­pho­bie est un fléau très ré­pan­du.

DE LA TEN­DRESSE

Ma­rio Jean, lui, doit avoir tout plein de spé­ci­mens à la mai­son parce qu’il ne manque pas de ma­tière pour ca­ri­ca­tu­rer, ri­di­cu­li­ser et stig­ma­ti­ser les rites amou­reux, la pa­resse in­tel­lec­tuelle et la mol­lesse gé­né­rale des en­fants entre 13 et 18 ans. Mais avec, au dé­tour, beau­coup de ten­dresse pour ses vic­times.

C’est ce qui fait le charme de Ma­rio Jean. C’est un fin ob­ser­va­teur des tra­vers hu­mains, mais aus­si un gros nou­nours à qui on don­ne­rait le Bon Dieu sans confes­sion. C’est ce qu’on at­tend des meilleurs hu­mo­ristes : qu’ils nous tendent un mi­roir dans le­quel on se re­con­naît... mais sans ja­mais se sen­tir at­ta­qués.

Pour toutes les dates des spectacles,

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