QUOI FAIRE ET NE PAS FAIRE POUR AP­PRÉ­CIER UN SPEC­TACLE

Un­hom­mei­vre­va­cilleet chan­teà­tue-tê­te­pen­dant qu’unau­tre­se­don­neen spec­tacle en dan­sant seul, au mi­lieu de la foule.Si vous ave­zas­sis­té à un concert der­niè­re­ment,vou­sa­vez peut-être ren­con­tré ce gen­re­de­per­son­nages. Puis­que­vous­de­vez main­te­nant­dé­bour­se­rune bonn

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Dar­ryl Sterdan Sun Me­dia

Mais il y a des so­lu­tions, et comme la cha­ri­té, elles com­men­cent­par­soi-même. Avec la sai­son es­ti­vale des concerts qui ap­proche, il est temps­de­vous­re­gar­der lon­gue­ment­dans­le­mi­roi­retde pen­se­raux­com­por­te­mentsque vous pour­riez amé­lio­rer lorsque vous as­sis­tez à un spec­tacle.

Ne­vous­mé­pre­nez­pas:jene suis pas en train de gâ­cher votre plai­sir. Je ne vous de­mande pas de vous as­seoir et de res­ter do­ci­le­ment les­bras­sur les­ge­noux. Je­vous­de­man­de­seu­le­mentde vous­rap­pe­le­ru­ne­chose:vous n’êtes pas les seuls à as­sis­ter au spec­tacle. En gar­dant ce­la en tête, voi­ci quelques moyens simples pour faire d’un concert une soi­rée­heu­reu­seet­mé­mo­rable pour­tous,ycom­pris­vous.

AL­LEZ-Y MOL­LO SUR L’AL­COOL

Ça de­vrait être la règle nu­mé­ro 1, sans comp­ter que l’al­cool est la source de la plu­part des pro­blèmes énu­mé­rés ci-des­sus. Je n’ai ja­mais com­pris pour­quoi cer­taines per­sonnes veulent s’en­ivrer du­rant un concert, à un point tel qu’elles ne se sou­vien­dront de rien. Sur­tout lors­qu’une seule bière dans un aré­na coûte en­vi­ron le prix d’un pack de six ache­té au ma­ga­sin. Il n’y a pas de pro­blème à en boire quelques-unes, mais si vous pas­sez plus de temps dans la file d’at­tente du bar qu’à re­gar­der le spec­tacle, vous vous trom­pez de cible. La pro­chaine fois, al­lez à la bras­se­rie. Ou en­core mieux, res­tez à la mai­son, met­tez un disque, bu­vez au­tant que vous vou­lez et criez à tue-tête.

ÉTEI­GNEZ-LES

Les cel­lu­laires et les Black­ber­rys? Vous n’en avez pas be­soin. À moins que vous soyez 1) un chirurgien car­diaque ayant un pa­tient es­pé­rant un don d’or­gane, 2) un avo­cat at­ten­dant le ver­dict d’un pro­cès pour meurtre ou 3) le pre­mier mi­nistre. Fer­mez vos ap­pa­reils. Fac­teur at­té­nuant : si vous avez moins de 30 ans, vous pou­vez agi­ter votre té­lé­phone au lieu d’un bri­quet du­rant les bal­lades. Mais vous pou­vez vous abs­te­nir de prendre des photos avec ce­lui-ci. Per­sonne ne veut voir vos photos d’un pouce car­ré de quatre pe­tits bons­hommes qui ont l’air d’être Cold­play.

ILS NE PEUVENT PAS VOUS EN­TENDRE

Je sais que vous ai­mez le groupe. Mais j’ai des nou­velles pour vous : tout le monde qui as­siste au spec­tacle l’aime aus­si. Ce qu’ils n’aiment pas, c’est qu’il y ait des gens qui leur crient dans les oreilles toute la soi­rée. J’étais as­sis à l’ar­rière au spec­tacle de Pearl Jam, à quelque 50 mètres de la scène. Mais ce­la n’em­pê­chait pas la per­sonne der­rière moi de crier ouuuuh! à tue-tête toutes les 15 se­condes. Hé, pe­tite! Ed­die ne peut pas t’en­tendre. Conclu­sion : ap­plau­dis­sez et en­cou­ra­gez les mu­si­ciens tant que vous vou­lez entre les chan­sons, mais quand le groupe joue, que pen­se­riez-vous de mon­trer à tous un peu de res­pect ?

CE N’EST PAS UNE SOI­RÉE DE KA­RAO­KÉ

Il y a plein d’oc­ca­sions de chan­ter du­rant les spectacles. La plu­part d’entre elles sont pla­ni­fiées. Les meilleures sont spon­ta­nées. Mais per­sonne ne se­ra im­pres­sion­né de vous voir de­bout en train de crier du­rant toute la soi­rée. Croyez-moi : Spring­steen ne vous re­mar­que­ra pas, ne réa­li­se­ra pas que vous êtes vrai­ment son plus grand fan et ne vous ap­pel­le­ra pas en cou­lisse pour vous re­mer­cier de connaître toutes les pa­roles de Thun­der Road.

CE N’EST PAS UNE DIS­CO­THÈQUE

En­core une fois, c’est une ques­tion de ti­ming. Si tout­le­mon­de­danse, al­lez-y. Mais pour l’amour du ciel, soyez rai­son­nables. Pas de vols pla­nés. Pas de sauts dans les airs. Et s’il vous plaît, dé­po­sez votre verre en pre­mier lieu! Si tout le mon­deest as­sis et que vous êtes le seul à dan­ser, ne blo­quez pas la vue, à moinsd’êtreu­ne­jo­lie­femme.

LE GROUPE N’EST PAS UN JUKE-BOX

Nou­sa­von­scha­cun­no­schan­sons pré­fé­rées et nous vou­lons tous que le groupe les chante. Mais à moins que l’ar­tiste ne sol­li­cite votre avis, il n’y a pas lieu de lui crier les titres des chan­sons qu’il de­vrait chan­ter. Le groupe a sans doute dé­jà une liste de chan­sons pro­gram­mée. Et il s’en tien­dra sans doute à celle-ci. La der­nière fois que j’ai vu Steve Earle, quelques per­sonnes ont de­man­dé Cop­pe­r­head Road ! après chaque chan­son. Fi­na­le­ment, Earle leur a cloué le bec en ré­tor­quant : « Al­lons, les amis, pen­sez-vous réel­le­ment que je ne chan­te­rai pas ça? » Ar­rê­tez ce­la.

BAIS­SEZ-VOUS LORSQUE VOUS ÊTES EN AVANT

Celle-ci est à mon in­ten­tion. Je me­sure six pieds et cin­q­pouces et per­sonne ne veut être der­rière moi du­rant un concert. Alors, j’es­saie de me mettre de cô­té. Dans les aré­nas, je me penche vers l’ar­rière de mon siège ou je m’as­soie sur l’ac­cou­doir quand tout le monde est de­bout. Dans les clubs, je me tiens de­bout à l’ar­rière de la salle, sur les cô­tés ou là où je ne bou­che­rai pas la vue des autres. Si ce n’est pas pos­sible, j’es­saie de me faire le plus pe­tit pos­sible – ou à tout le moins, je m’ex­cuse au­près de la per­sonne coin­cée der­rière moi, même si je ne bloque pas au­tant que cer­tains qui tiennent leur co­pine sur leurs épaules. À moins qu’elle ne soit mi­nus­cule, éva­nouie ou en dan­ger d’être écra­sée, dé­po­sez-la par terre.

EM­BAU­CHEZ UNE GAR­DIENNE

Oui, cer­tains spectacles sont ou­verts aux fa­milles. Et si vous as­sis­tez à un spec­tacle en plein jour dan­sun­par­couàun­con­cert­qui me­ten­ve­det­teun­per­son­na­gede bandes des­si­nées géant, il n’y a pas de­pro­blè­meàa­me­ner­le­sen­fants,si l’on pré­sume qu’ils sont ca­pables de se te­nir re­la­ti­ve­ment tran­quilles et si­len­cieux pen­dant la du­rée du spec­tacle. Mais vous se­riez ef­fa­rés de consta­ter le nombre d’en­fants que j’ai vus à des spectacles de mu­sique pun­kou­hea­vy­me­tal.Aufestival SXSW­cet­tean­née,une­fa­mil­lea­vait ame­né­son­bam­binàMe­tal­li­ca.Au moins, ils lui avaient mis des bou­chons d’oreilles, mais il est dif­fi­cile de croire que c’est là que l’en­fant vou­lait vrai­ment être. Et, à moins d’être aveugle, au­cune rai­son ne vous­pous­seàa­me­ner­vo­tre­chien. Si vous ne pou­vez pas le lais­ser à la mai­son, res­tez-yvous-mêmes.

NE SOYEZ PAS RA­BAT-JOIE

Ac­cep­tez le fait que tous les évé­ne­ments men­tion­nés ci-des­sus au­ront lieu. Et lors­qu’ils ar­ri­ve­ront, ten­tez de faire avec ceux-ci. Ne criez pas. N’es­sayez pas de prendre votre re­vanche. Ne vous bat­tez pas. Ne vous plai­gnez pas. Souriez, comp­tez jus­qu’à 10, chan­gez de ca­nal et ap­pré­ciez le spec­tacle. Dé­cris­pez­vous. Après tout, ce n’est qu’un spec­tacle.

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