Trop c’est trop!

Après avoir sau­vé leurs car­rières avec Ame­ri­can Idiot (AI), leur al­bum concept im­men­sé­ment po­pu­laire de 2004, les ro­ckeurs pop-punk de Green Day ont dé­ci­dé de suivre une règle clas­sique de l’in­dus­trie de la mu­sique – si ça vaut la peine d’être fait, ça va

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Dar­ryl Sterdan Sun Me­dia

21st Cen­tu­ry Break­down, en vente de­puis hier, a trop de tout. En gros, c’est comme AI mul­ti­plié par 10, mais sans être 10 fois plus bon. L’al­bum, d’une du­rée de 70 mi­nutes, est di­vi­sé en trois actes de 23 mi­nutes cha­cun pour un to­tal de 18 chan­sons, toutes trop tra­vaillées par Billie Joe Arm­strong, trop pro­duites par Butch Vig et trop mixées par Ch­ris Lord-Alge. Il y a trop de ba­lades et trop de pistes avec des cla­viers et des vio­lons; trop de chan­sons qui suivent le mo­dèle ty­pi­que­ment AI d’une in­tro ti­mide et com­pri­mée qui se trans­forme ins­tan­ta­né­ment en hymne rock digne d’un stade; trop de riffs qui semblent car­ré­ment cal­qués sur d’autres groupes ou sur leurs suc­cès d’an­tan; et trop de pa­roles faites pour res­sem­bler à des ap­pels fou­gueux à la ré­vo­lu­tion, mais qui ne sont en réa­li­té que du ba­fouillage ri­di­cule et répétitif quand on s’ar­rête pour les écou­ter.

Bref, c’est le son de trois gars avec trop d’ar­gent, trop de temps libre, trop de pou­voir, trop d’am­bi­tions dé­me­su­rées et trop de lèche-bottes qui leur ré­pètent sans cesse qu’ils sont gé­niaux.

Le pro­blème avec cet al­bum, c’est qu’on fi­nit quand même par l’ai­mer! La pre­mière écoute a été af­freuse et in­ter­mi­nable, mais les rythmes ac­cro­cheurs d’Arm­strong et les pistes plus in­té­res­santes et ori­gi­nales se sont vite dé­mar­qués. En d’autres mots, l’al­bum contient une bonne de­mi-dou­zaine de chan­sons aus­si ex­ci­tantes que celles sur AI, mais il faut en­du­rer énor­mé­ment d’au­to­suf­fi­sance et de com­plai­sance avant de pou­voir les iden­ti­fier. Ils au­raient peut-être mieux fait de sé­pa­rer tout ça en trois al­bums… ou peut-être qu’ils ont be­soin d’un pro­duc­teur plus sé­vère. Peu im­porte, de nos jours, seul un idiot ga­ge­rait contre Green Day.

PHOTO COUR­TOI­SIE

GREEN DAY

Green Day 21ST CEN­TU­RY BREAK­DOWN

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.