L’ha­bit ne fait pas LE MOINE

ROME | L’homme qui joue le pape par in­té­rim, Il Ca­mer­len­go, dans le film ti­ré du ro­man de Dan Brown Anges et dé­mons a as­sis­té à une seule messe ca­tho­lique dans toute son exis­tence.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slotek Sun Me­dia

« Il n’y a pas de re­li­gion dans ma fa­mille, ex­plique Ewan McG­re­gor. J’ai as­sis­té à un seul bap­tême ca­tho­lique. » Et, même si, dit-il, « je suis pas­sion­né par beau­coup de choses, la re­li­gion n’est pas l’une d’elle ».

« Nous avions donc un prêtre ca­tho­lique de la ville de New York, le père Dominique, qui a été notre consul­tant au su­jet de tout ce qui touche l’as­pect sa­cer­do­tal. J’ai pas­sé du temps avec lui et j’ai dis­cu­té avec lui, et il était sur place lorsque nous avons fil­mé les fu­né­railles du pape. »

« Mais le fait d’être avec lui était aus­si une fa­çon de voir der­rière les ri­deaux, si je puis dire, parce que vous ne voyez pas les choses du point de vue de la con­gré­ga­tion. Il y a des choses qui se passent sous la table, un mé­ca­nisme qui n’est pas très gla­mour. »

Le réa­li­sa­teur Ron Howard vou­lait tel­le­ment avoir McG­re­gor dans son film qu’il a chan­gé le per­son­nage pour en faire un Ir­lan­dais plu­tôt qu’un Ita­lien, ce qui a ren­du les choses plus fa­ciles en ce qui concerne l’ac­cent de cet ac­teur né en Écosse. De même, lorsque Howard s’est mon­tré in­té­res­sé à réa­li­ser le film Ala­mo (un tra­vail qui a fi­na­le­ment été dé­vo­lu à John Lee Han­cock), il était en dis­cus­sion avec McG­re­gor, qui de­vait jouer l’un des hé­ros de cette ba­taille lourde de consé­quence dans le sud-ouest amé­ri­cain. Quel

per­son­nage?

« Ce­la fait tel­le­ment long­temps que je ne m’en rap­pelle plus », dit McG­re­gor.

« Mais je suis tom­bé à quelques re­prises sur Ron à Londres, où il tour­nait le film Le code Da Vin­ci. Nous avions l’ha­bi­tude de nous di­ri­ger en­semble vers un res­tau­rant ap­pe­lé The Wol­se­ley, et j’al­lais là pour le brunch du di­manche avec sa fa­mille. Et puis, quand il m’a pres­sen­ti pour jouer ce rôle, j’étais très en­thou­siaste à l’idée de tra­vailler avec lui et Tom Hanks. J’ai lu le scé­na­rio, qui est très in­té­res­sant; c’est presque un film d’ac­tion à l’an­cienne. »

OC­CU­PÉ

McG­re­gor est très oc­cu­pé à tour­ner des films ces temps-ci. Au mo­ment de notre dis­cus­sion dans la Ville éter­nelle, il pre­nait une pause d’un film réa­li­sé par Ro­man Po­lans­ki, in­ti­tu­lé The Ghost et qui est en tour­nage à Berlin de­puis le mois de fé­vrier.

Au­pa­ra­vant, il a tour­né deux films si­mul­ta­né­ment, en Louisiane et à To­ron­to. D’abord, le film d’éva­sion en­tou­ré d’une his­toire d’amour ho­mo­sexuelle in­ti­tu­lé I Love You Phil­lip Mor­ris, met­tant en ve­dette Jim Car­ry, et en­suite le film in­ti­tu­lé Ame­lia, por­tant sur la pion­nière de l’avia­tion Ame­lia Ea­rhart et met­tant en ve­dette Hi­la­ry Swank, et dans le­quel McG­re­gor joue l’ami de coeur de cette der­nière, Gene Vidal.

« Pen­dant deux ou trois mois, pen­dant que je jouais dans le film avec Jim, je jouais dans l’autre film avec Hi­la­ry à To­ron­to, et je fai­sais lit­té­ra­le­ment des al­lers-re­tours. C’était as­sez ex­ci­tant. En fait, j’ai as­sez ai­mé. C’était comme ce qui se fait au théâtre de ré­per­toire : vous sa­vez que vous jouez un soir dans une pièce, vous en ré­pé­tez une autre le jour et vous en ap­pre­nez une autre lors de votre pau­se­ca­fé.

« Et ce­la fonc­tionne bien : vous vous re­trou­vez dans un lieu dif­fé­rent avec des ac­teurs dif­fé­rents et, lorsque vous êtes dans l’avion, ce­la vous donne la chance de re­gar­der le tra­vail que vous vous ap­prê­tez à faire, et vice-ver­sa sur le che­min du re­tour.

Cu­rieu­se­ment, McG­re­gor n’a pra­ti­que­ment pas pas­sé de temps à Rome pour le film Anges et dé­mons puisque son Va­ti­can était construit dans un hip­po­drome à Hol­ly­wood. Lors­qu’ils ont fil­mé cer­tains lieux en Ita­lie, c’était dans la ville de Ca­ser­ta près de Naples. « Je pen­sais que ça se­rait un bel en­droit, je ve­nais de ter­mi­ner le tour­nage à To­ron­to et j’ai dit à ma femme : “Pour­quoi ne pas ve­nir à Ca­ser­ta et y pas­ser une se­maine? Ce se­ra beau. C’est sur le bord d’un lac ou quelque chose du genre.” Nous ar­ri­vons là-bas et c’est l’en­fer! C’est un en­droit très ma­fieux. Quand nous y sommes ar­ri­vés, il y avait une grève. La ma­fia ar­rê­tait les per­sonnes qui ra­mas­saient les or­dures, alors, il y avait des or­dures par­tout. »

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