Pré­ser­ver son iden­ti­té

Es­sayiste et po­lé­miste, l’éditeur et au­teur Mi­chel Brû­lé frappe fort avec son plus ré­cent livre An­glaid. Brû­lé s’at­taque à l’an­glais – aux États-Unis no­tam­ment– à qui il at­tri­bue plu­sieurs maux de la terre.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Serge Drouin Le Jour­nal de Qué­bec

Mi­chel Brû­lé donne de nom­breux exemples pour ap­puyer son pro­pos et par­ler de l’im­plan­ta­tion d’une culture unique et an­glo­phone. « C’est cer­tain que j’y vais fort, mais eux aus­si (les Amé­ri­cains et les An­glais) y sont al­lés fort au cours de l’His­toire », di­ra Brû­lé.

Pre­nant des exemples près de nous, Brû­lé n’en re­vient pas en­core de la ré­cu­pé­ra­tion qu’ont fait les Ca­na­diens an­glais de la fête du 400e de Qué­bec. « Quand on es­saie de nous faire croire que John Ca­bot est le fon­da­teur du Ca­na­da alors que c’est Jacques Car­tier. Quand on es­saie de nous faire croire que la plus vieille ville fran­co­phone au pays est Qué­bec alors que c’est Port-Royal. Mais PortRoyal, on n’en parle pas, c’est la dé­por­ta­tion or­ches­trée par les An­glais », dit-il.

Ce der­nier ar­gu­mente no­tam­ment son pro­pos avec le fa­meux « I » (le « je » an­glais), écrit en ma­jus­cule. Cette fa­çon d’écrire, se­lon Brû­lé, en dit long sur l’an­glais « une langue ir­ré­mé­dia­ble­ment vouée à l’im­pé­ria­lisme et à l’eth­no­cen­trisme. En écri­vant le « je » avec un « I » ma­jus­cule, c’est une fa­çon d’atro­phier l’autre. Les États-Uniens ont éten­du leur culture mi­li­taire dans 110 pays ac­tuel­le­ment; ce n’est pas rien. Pour eux, si tu ne parles leur langue comme il faut, sans ac­cent, tu es un in­fé­rieur ».

Mi­chel Brû­lé re­fuse de dire qu’il est un être fer­mé et qu’il sou­haite un Qué­bec fer­mé. « Au contraire, je suis ou­vert aux autres », dit ce­lui qui per­son­nel­le­ment parle huit langues. « Je n’ai rien contre les gens qui ap­prennent l’an­glais, mais je crois qu’il faut af­fir­mer notre iden­ti­té fran­co­phone; sur­tout à Mon­tréal. Il faut être vi­gi­lant. Les gens de Mon­tréal ont be­soin des gens de Qué­bec pour pré­ser­ver le fran­çais. Alors que 69 % des Mon­tréa­lais ont vo­té pour le oui au der­nier ré­fé­ren­dum, les gens de Qué­bec se sont ven­gés de Pa­ri­zeau et des cou­pures d’em- ploi dans l’État. Ce n’est pas de cette ma­nière qu’on va y ar­ri­ver », di­ra M. Brû­lé. Par son ou­vrage, Mi­chel Brû­lé veut sur­tout dé­non­cer la culture unique. « Il y a autre chose que les films hol­ly­woo­diens et la mu­sique an­glaise », ter­mine-t-il.

PHOTO JEAN-FRAN­ÇOIS DESGAGNÉS

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