Un oi­seau rare et d’une grande beau­té…

Alors qu’on dé­ploie des ef­forts im­menses pour dé­cou­vrir des traces de vie sur les autres pla­nètes, on ou­blie sou­vent de contem­pler les mer­veilles que la na­ture a concoc­tées. Au cours de nos pé­riples, De­nise et moi avons sou­vent été fas­ci­nés par l’éton­nant

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME -

CER­TAINS SONT PLUS ÂGÉS QUE NOTRE CA­LEN­DRIER MO­DERNE

Cer­tains d’entre eux ont dé­ve­lop­pé des formes et des ap­pa­rences par­ti­cu­liè­re­ment ex­tra­va­gantes qui ont frap­pé l’ima­gi­naire des peuples. Ain­si en est-il d’un vé­ri­table mam­mouth syl­vestre d’une autre époque : le bao­bab. Il est, pour plu­sieurs, un arbre sa­cré, un vé­ri­table ob­jet de culte et de lé­gendes, au point où des pays comme le Sé­né­gal en ont fait leur em­blème. Les plus spec­ta­cu­laires avec des troncs de plus de 25 mètres de haut, dont le dia­mètre dé­passe 12 mètres, peuvent pré­tendre dé­pas­ser l’âgé vé­né­rable de notre ca­len­drier mo­derne soit plus de 2000 ans.

Nous al­lons re­trou­ver cet arbre dé­pour­vu de feuilles neuf mois sur 12 dans cette île dont la faune et la flore se dé­marquent par leur ca­rac­tère sou­vent unique et si dif­fé­rent du reste de la pla­nète. Ma­da­gas­car en se­rait le ber­ceau avec sept es­pèces dif­fé­rentes tan­dis que le con­tinent afri­cain en hé­berge une seule. Un arbre dont les branches ju­chées au som­met du tronc res­semblent tel­le­ment à des ra­cines qu’on di­rait qu’il a été plan­té à l’en­vers. Cette po­si­tion in­ha­bi­tuelle per­met­trait ain­si aux ra­cines de sous­traire du ciel toute la puis­sance né­ces­saire à sa forme in­ha­bi­tuelle. Un arbre dont les fleurs s’épa­nouissent briè­ve­ment au cours de la nuit pour être fé­con­dées par les chauves-sou­ris.

UNE OC­CA­SION UNIQUE

Sou­dain, au cours de ces ex­pli­ca­tions, les guides ré­clament le si­lence ab­so­lu. Un vi­si­teur très, très rare vient de s’an­non­cer. Avec mille pré­cau­tions, nous fi­ni­rons par aper­ce­voir une autre mer­veille de la na­ture; le Groun­drol­ler de Ma­da­gas­car connu en fran­çais sous l’ap­pel­la­tion un peu com­plexe de Bra­chyp­te­rolle à longue queue. Si­len­cieux, crain­tif, fur­tif, car me­na­cé d’ex­tinc­tion, il ar­pente le sol à la ma­nière d’un vé­ri­table fan­tôme. L’ob­ser­va­teur qui l’aper­çoit fur­ti­ve­ment est consi­dé­ré comme ex­trê­me­ment chan­ceux de s’être trou­vé au bon en­droit au bon mo­ment. Je vous laisse de­vi­ner les com­men­taires ad­mi­ra­tifs des té­moins de la prise de ces cli­chés.

Ha­bi­tuel­le­ment ré­fu­gié dans la pé­nombre, il laisse ra­re­ment mi­roi­ter ses ma­gni­fiques re­flets tur­quoise, in­di­go, pourpres et rouges qui font de cette ren­contre une ex­pé­rience or­ni­tho­lo­gique qua­li­fiée d’ex­cep­tion­nelle.

L’ins­tant de quelques cli­chés et il dis­pa­raît, nous lais­sant sous les jo­lis fruits ovales du bao­bab dé­si­gnés en Afrique comme le «pain de singe» tel­le­ment ceux-ci en sont friands. Un autre mo­ment d’ex­tase de cette na­ture si mer­veilleuse mais si peu connue s’achève…

Jean Lé­veillé Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

1. Fo­rêt de bao­babs 2. Deux mille ans d’his­toire 3. Ti­mides re­flets tur­quoise 4. Un jo­li tri­angle mar­ron

PHOTOS JEAN LÉ­VEILLÉ

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