Pour l’amour du sang

Après un dé­tour fruc­tueux par les salles, où il a rap­por­té plus de 50 mil­lions de dol­lars, Meur­tresà­laSaint-Va­len­tin3D a écla­bous­sé cette se­maine les ta­blettes des clubs vi­déo.Le mas­sacre se pour­sui­vra-t-il? Si le pas­sé est ga­rant de l’ave­nir, il y a fort

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Me­dia­film.ca

On peut at­tri­buer la pa­ter­ni­té spi­ri­tuelle du sla­sher au grand gui­gnol, à la toute fin du XIXe siècle. Connue pour ses di­ver­tis­se­ments san­gui­no­lents, cette... veine théâ­trale vit naître, entre autres per­son­nages, ce­lui de Swee­ney Todd, bar­bier et as­sas­sin cé­lèbre. Avec l’in­ven­tion du ci­né­ma­to­graphe, la tra­di­tion s’est per­pé­tuée, mais il fal­lut at­tendre Psy­chose, en 1960, et le gé­nie d’un cer­tain Al­fred Hitchcock pour lais­ser en­tre­voir un nou­veau genre de ter­reur au ci­né­ma.

Pa­reille as­so­cia­tion peut sem­bler sa­cri­lège aux yeux des ci­né­philes, mais le maître du sus­pense a bel et bien je­té les bases du sla­sher : flou quant à l’iden­ti­té du tueur en sé­rie, cou­teau de bou­cher uti­li­sé à des fins meur­trières, dé­noue­ment-sur­prise aux re­lents psy­cha­na­ly­tiques, di­ver­se­ment sub­tils et, sur­tout, ac­cent sur les mises à mort, qui de­viennent le « clou » du spec­tacle fil­mique. Ces mo­tifs ont fait école.

DE PLUS EN PLUS LOIN

On pour­rait ob­jec­ter que Hitchcock ne s’est ja­mais vau­tré dans un tel éta­lage de boyaux. Certes. D’autres oeuvres sont ve­nues s’ajou­ter, puis s’em­pi­ler, cha­cune al­lant un peu plus loin que la pré­cé­dente dans ce qui est mon­tré : en 1963, Hush... Hush, Sweet Char­lotte, une pro­duc­tion res­pec­table de la Fox met­tant en ve­dette Bette Da­vis, s’ouvre sur une dé­ca­pi­ta­tion.

En 1978, John Car­pen­ter convoque la peur pri­mi­tive du croque-mi­taine dans Hal­lo­ween, film phare ayant eu une in­fluence consi­dé­rable sur le genre, sans pour­tant ré­pandre des litres d’hé­mo­glo­bine. Un pre­mier pla­fond est at­teint en 1980 avec Ven­dre­di 13, énorme suc­cès-sur­prise qui ins­pi­re­ra une ky­rielle de suc­cé­da­nés de qua­li­té va­riable, dont un cer­tain Meurtres à la Saint-Va­len­tin, l’ori­gi­nal, l’an­née sui­vante.

À ce stade, les mises à mort de plus en plus re­cher­chées priment sur tout le reste, y com­pris l’his­toire, à tel point que le pu­blic, vers la fin de la dé­cen­nie, se lasse.

En 1996, Wes Cra­ven re­lance le genre avec Fris­sons, une re­lec­ture lu­dique du genre qui l’a fait connaître vingt ans plus tôt. Une nou­velle gé­né­ra­tion de ci­né­philes suc­combe.

À no­ter que Meurtres à la Saint-Va­len­tin 3D est le pre­mier de trois ré­centes nou­velles ver­sions de sla­shers cultes. Ven­dre­di 13 et La der­nière mai­son sur la gauche, nou­velles mou­tures, ont dé­jà fait plu­sieurs vic­times au ci­né­ma.

Ven­dre­di13

Psy­chose

Fris­sons

Hal­lo­ween

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