SA RE­CETTE : VIVRE IN­TEN­SÉ­MENT

Mi­chelle MON­TRÉAL | Son vrai nom est Pierre Ga­rand. Mais re­con­nais­sons que Ga­rou l’ha­bille mieux. Une ren­contre avec l’ar­tiste qui est en pleine conquête de l’Eu­rope et dé­jà star en France est un mo­ment de vé­ri­té. Pour lui, la vie est un jeu im­mense. Il y

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Cou­dé-Lord

D’en­trée de jeu, on lui de­mande s’il est tou­jours amou­reux de la chan­teuse-ve­dette Lo­ri en France. Il aime notre fran­chise.

« Ha­bi­tuel­le­ment, les jour­na­listes veulent sa­voir, mais me posent la ques­tion à la toute fin… à la sau­vette. J’aime mieux quand le jeu est franc. »

Ga­rou est un homme tout d’un bloc, avec lui pas de faux-fuyant. Il est ce qu’il est. Comme le dit la chan­son des Ri­ta Mit­sou­ko qu’il in­ter­prète… « C’est comme ça. »

Ins­tal­lé cal­me­ment à l’hô­tel Saint-Ga­briel dont il est co­pro­prié­taire, c’est d’ailleurs son seul in­ves­tis­se­ment dé­sor­mais au Qué­bec après quelques autres ex­pé­riences non concluantes, Ga­rou dit mordre plei­ne­ment dans la vie.

« Je n’ai ja­mais été en aus­si bel équi­libre dans ma vie. Oui, je suis tou­jours avec Lo­ri et en amour », dit-il en sou­riant.

Ils par­tagent une mai­son en ban­lieue de Paris, lui plu­tôt ha­bi­tué aux fo­lies noc­turnes de la ville, c’est sans doute une étape. « Qui prend fille prend mai­son » lance-t-il en riant.

QUI EST GA­ROU? FIN DE SON AS­SO­CIA­TION AVEC RE­NÉ AN­GÉ­LIL

Cet al­bum, Gent­le­man Cam­brio­leur, nour­rit to­ta­le­ment e show­man qu’il est. C’est du moins comme ce­la qu’il se dé­fi­nit. Et si quel­qu’un dé­barque à l’aé­ro­port et de­mande qui est Ga­rou, que faut-il ré­pondre?

Il ré­flé­chit quelques ins­tants et dé­clare : « C’est un té­moin d’émo­tions qui vit in­ten­sé­ment pour té­moi­gner avec force, donc il est aus­si un peu fou. »

L’au­teur-com­po­si­teur-ve­dette Luc Pla­mon­don, son men­tor, le guide tou­jours.

« Ré­cem­ment, il m’a dit : tu sais, plu­sieurs te voient comme un nou­veau John­ny… Moi, je t’ima­gine sur la scène de l’Olym­pia comme un Mon­tand ou un Brel. Ça a éveillé plu­sieurs choses en moi. Cet al­bum est peut-être un dé­but de quelque chose », avoue Ga­rou.

Ga­rou est vrai­ment au vo­lant de sa car­rière. To­ta­le­ment. Il y a un an et de­mi, il a ter­mi­né son as­so­cia­tion avec l’im­pré­sa­rio-ve­dette Re­né An­gé­lil. De­puis, il a créé sa com­pa­gnie de pro­duc­tion, Wolf­gang, qu’ad­mi­nistre avec lui Ma­rio Ber­trand, l’an­cien chef de ca­bi­net de Ro­bert Bou­ras­sa, un ami de Ga­rou. Il était d’ailleurs pré­sent à l’hô­tel Saint-Ga­briel, le ma­tin de l’en­tre­vue avec Ga­rou.

Mais que s’est-il pas­sé avec Re­né An­gé­lil? Plu­sieurs se sont po­sé la ques­tion. Comment tour­ner le dos à cet homme quand on veut faire car­rière à l’échelle in­ter­na­tio­nale? Ga­rou ré­pond sans au­cune hé­si­ta­tion. « Ça fai­sait plu­sieurs fois que je lui di­sais que je vou­lais vo­ler de mes propres ailes. J’ai be­soin d’al­ler plus loin que de te de­man­der de me faire de­ve­nir un chan­teur et, moi, être un jour le chan­teur nu­mé­ro un au monde ou même aux ÉtatsU­nis, ce n’est pas ce que je de­mande à la vie. Il a com­pris et je suis par­ti de mon cô­té. Con­trai­re­ment à ce que les gens disent, ils ne m’ont ja­mais im­po­sé des choix. Une mé­thode, mais pas des choix. On est dans une mu­ta­tion du mé­tier et je vou­lais avoir le nez en plein dans mes af­faires, prendre mes risques. » Et ta car­rière amé­ri­caine? « Je n’ai ja­mais vou­lu faire car­rière aux États-Unis, mon équipe de gé­rance d’avant le vou­lait plus que moi. Même pour mon al­bum en an­glais, je ne vou­lais pas me payer un tour de villes amé­ri­caines. J’ai la chance de faire la conquête de pays hal­lu­ci­nants, d’être au coeur de l’Eu­rope. »

LUI ET LE QUÉ­BEC

Ga­rou est ef­fec­ti­ve­ment une grande ve­dette là-bas. Mais quel est son lien réel avec ses fans du Qué­bec?

« Ici, je ne veux pas être une ve­dette, qu’on ne me traite pas ain­si. C’est tant mieux. Ce sont mes ra­cines ici, mon chez­moi. C’est le re­tour en fa­mille quand je re­viens et j’en ai be­soin im­pé­ra­ti­ve­ment. Je ne peux pas rêver de mieux. Le cô­té grosse vie tré­pi­dante, je l’ai en Eu­rope. »

Gent­le­man, Ga­rou ? Sû­re­ment. Cam­brio­leur… de sa propre vie. Ab­so­lu­ment. À la toute fin, on di­ra de lui qu’il a tout man­gé. Il ac­quiesce avec un large sou­rire. « To­ta­le­ment. Je vis tou­jours à 100 milles à l’heure, avec pas­sion, avec ex­cès et amour. » Le croo­ner ver­sion Ga­rou se­ra en tour­née au Qué­bec, du 27 fé­vrier au 1er mai 2010. À la Place des arts, les 10 et 11 avril, au Ca­pi­tole à Qué­bec, le 15 avril, et à Paris, à l’Olym­pia, les 14 et 15 mai.

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