JEMESUISSENTIUNPEU BOUDÉAUQUÉBEC

MON­TRÉAL | En dix ans de car­rière, il a ven­du cinq mil­lions d’al­bums. Il vient de vivre une tour­née à gui­chets fer­més dans plu­sieurs pays d’Eu­rope, dont la Rus­sie, l’Ukraine et le Li­ban. Ga­rou le re­con­naît: réus­sir un réel suc­cès en France est « très, trè

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Mi­chelle Cou­dé-Lord Le Jour­nal

« Les Cow­boys frin­gants et Ariane Mof­fatt sont en train de créer quelque chose, je crois. Mais c’est un tra­vail de longue ha­leine, Ariane a dû s’ins­tal­ler là-bas. C’est la seule ma­nière. Quant à Gre­go­ry Charles, per­sonne ne le connaît là-bas. On ver­ra avec le temps, mais son ta­lent n’est pas né­ces­sai­re­ment trans­po­sable dans le pay­sage fran­çais », ex­plique Ga­rou.

Lui, en Eu­rope il dit avoir « un cer­tain sta­tut alors qu’au Qué­bec, je suis le gars or­di­naire. Et c’est bien comme ce­la. »

« Au fond, je me suis sen­ti un peu bou­dé au Qué­bec. Peut-être parce que je suis trop en Eu­rope, peut-être parce que je parle trop de mon suc­cès là-bas. Mais moi lorsque je rentre à la mai­son, j’ai juste le goût de ra­con­ter ce qui m’ar­rive et je reste qué­bé­cois dans le coeur des fran­çais. Je sens que ça agace. Le suc­cès dé­range un peu, mais moi je sais que je suis bien en­ra­ci­né au Qué­bec et je suis fier de mon iden­ti­té et j’en parle à l’étran­ger », dit-il.

Il a tou­jours un pied-à-terre à Mon­tréal. Il ne cache pas que la po­pu­la­ri­té amène une res­pon­sa­bi­li­té.

« On a du bon­heur à ap­por­ter comme ar­tiste. Grâce à un mo­ment ma­gique sur scène, on pour­ra mar­quer les gens. Ils au­ront de belles images dans leur tête pen­dant long­temps. »

UN CI­TOYEN DU MONDE

Ci­toyen en­ga­gé certes mais Ga­rou pré­fère res­ter dis­cret sur la ques­tion po­li­tique.

« Je pré­fère m’abs­te­nir. On ne sait même plus pour­quoi on vote. On com­prend mal la dé­mo­cra­tie. Je trouve que nous sommes mal ren­sei­gnés. Je ne suis plus sûr d’être in­dé­pen­dan­tiste; je l’ai été, mais main­te­nant il y a tel­le­ment de pa­ra­mètres, tout est plus com­pli­qué. »

Il dit ne ja­mais avoir vou­lu vrai­ment de car­rière amé­ri­caine. Mais comment voit-il ce mar­ché?

« C’est plus dur que ja­mais, car avec toutes les nou­veaux ga­gnants de concours, les idoles de ce monde qui ar­rivent sur le mar­ché, les grosses stars, que reste-t-il à un nou­veau comme moi qui ar­ri­ve­rait aux États-Unis. Les com­pa­gnies de disques ne savent plus quoi faire pour nous pro­mou­voir. Et moi, jouer un jeu pour de­ve­nir po­pu­laire, il n’en est pas ques­tion », ad­met Ga­rou.

LA FÊTE, OUI, MAIS...

Et ta ré­pu­ta­tion d’homme de nuit, de par­ty est-elle sur­faite au­jourd’hui?

« Je ne m’en suis ja­mais ca­ché. J’ai tou­jours été sin­cère. Oui, j’ai fait beau­coup la fête, mais ça ne m’a ja­mais em­pê­ché de tra­vailler. Mais là, je suis plus sage avec mon amour, Lo­ri, qui est une fille ex­trê­me­ment dis­ci­pli­née. »

Qu’a-t-elle Lo­ri que les autres n’ont pas?

« Ce ne fut pas un coup de foudre. Ça fait des an­nées qu’on se connaît et au dé­but je lui di­sais: ‘oui, c’est le fun mais’...Puis nous avons construit quelque chose en­semble et puis, voi­là, ça fait trois ans. On ver­ra. Ça me rap­pelle cette phrase: j’ai sou­vent ren­con­tré la femme de ma vie, mais là je crois que c’est la femme de ma mort. Le temps le di­ra si c’est ce que je vis. »

LA VIE, SON AL­LIÉE

Il aime dé­fier la vie, il n’a peur de rien ou presque. Il fait juste confiance. Être père le fait aus­si ré­flé­chir. « Cet en­fant est main­te­nant ma rai­son d’exis­ter. »

De Qua­si­mo­do à Gent­le­man, Ga­rou mène sa vie et sa car­rière comme il l’en­tend et il dit s’être im­pré­gné de la vi­sion du mé­tier de Luc Pla­mon­don.

« Il m’a dit de conti­nuer à être hu­main, il me sent ca­pable de tou­cher les gens, et ça, c’est un su­per com­pli­ment. Je vais es­sayer de raf­fi­ner ce lien. »

Ga­rou a vé­cu de grands mo­ments d’émo­tion avec son ami Guy Laliberté qui s’est payé un voyage dans l’es­pace.

« Guy est in­croyable, hal­lu­ci­nant. Un jour, Bo­no m’a dit que Guy était la per­sonne la plus ex­tra­or­di­naire qu’il ait ren­con­trée dans sa vie. T’ima­gines, Bo­no. Donc Guy il est fa­meux comme ami et comme être hu­main. Et peu­têtre qu’il va re­tour­ner dans l’es­pace. Il a tri­pé au bout. C’est bi­zarre qu’on ne soit pas plus fier de lui », conclut un Ga­rou plus vrai que na­ture. Son spec­tacle por­te­ra le nom de Gent­le­man. Il se­ra sur scène avec 7 mu­si­ciens. Geneviève Do­rion-Cou­pal le conseille. Il veut que ce soit hu­main et vrai.

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