Un tra­vail de longue ha­leine

D’une du­rée de 68 mi­nutes, L’art en ac­tion est l’abou­tis­se­ment de 120 heures de tour­nage ré­par­ties sur quatre ans et de plu­sieurs coups d’éclat de l’Ac­tion ter­ro­riste so­cia­le­ment ac­cep­table (ATSA), un or­ga­nisme sans but lu­cra­tif qui crée des in­ter­ven­tions

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - De­nise Mar­tel Le Jour­nal de Qué­bec

« Là-des­sus, on a tra­vaillé trois ans à notre compte, sans fi­nan­ce­ment, pour suivre les ac­ti­vi­tés d’An­nie Roy et de Pierre Al­lard. Ça nous a per­mis d’avoir une bonne idée de leur tra­vail et de faire une pe­tite dé­mo pour per­mettre à notre pro­duc­trice, Jean­nine Ga­gné, de convaincre Té­lé-Qué­bec et ARTV d’em­bar­quer », ex­plique le ci­néaste Ma­gnus Isacs­son, pré­ci­sant que les deux chaînes té­lé­dif­fu­se­ront le film pro­ba­ble­ment à l’au­tomne 2010.

« On sa­vait que c’était des gens in­tenses, mais on ne vou­lait pas les mettre sur un pié­des­tal. C’était im­por­tant de les mon­trer en ac­tion avec leur im­mense gé­né­ro­si­té, mais aus­si avec leurs contra­dic­tions et leurs confron­ta­tions. Ce n’est pas juste une ex­pé­rience ar­tis­tique lo­cale, c’est vrai­ment fait dans le but de pro­vo­quer des dé­bats et des chan­ge­ments.

Le dé­fi prin­ci­pal pour nous était de réus­sir à al­ler en cou­lisses, pour que le pu­blic les voit au tra­vail aus­si bien que dans leur re­la­tion de couple et de pa­rents », ex­plique le Sué­dois qui a de­puis long­temps choi­si de vivre au Qué­bec.

« Tra­vailler avec Ma­gnus fait qu’on suit les per­sonnes pen­dant plu­sieurs an­nées. Sa fa­çon de fil­mer est une forme d’en­ga­ge­ment en soi. Pour faire un film comme ça, il faut croire à l’im­por­tance de dif­fu­ser la beau­té du geste et le mes­sage », ajoute pour sa part Si­mon Bu­jold.

Réa­li­sa­teur as­so­cié, le jeune homme qui a étu­dié en phi­lo­so­phie à l’Uni­ver­si­té La­val ré­vèle que c’est jus­te­ment pour se fa­mi­lia­ri­ser avec l’ap­proche par­ti­cu­lière d’Isacs­son et pour per­fec­tion­ner son ap­pren­tis­sage du do­cu­men­taire qu’il a choi­si de tra­vailler avec lui.

Pour avoir oeu­vré comme bé­né­vole pen­dant les cinq jours du der­nier État d’ur­gence qui s’est ter­mi­né di­manche, Bu­jold peut té­moi­gner de l’amour sin­cère des dé­mu­nis qui anime ses or­ga­ni­sa­teurs. « C’est une ex­pé­rience ex­tra­or­di­nai­re­ment sti­mu­lante. C’est comme 25 évé­ne­ments en même temps! » dit en ter­mi­nant ce­lui qui s’était jusque-là concen­tré sur la ca­mé­ra.

PHOTO COUR­TOI­SIE

Pour dé­non­cer l’opu­lence de l’in­dus­trie de l’au­to­mo­bile et la sur­con­som­ma­tion, An­nie Roy et Pierre Al­lard ont or­ga­ni­sé une sé­rie d’At­ten­tats qui les ont me­nés de Mon­tréal à Vancouver, en pas­sant par la ca­pi­tale du pé­trole, Calgary. Un At­ten­tat consiste en l’ins­tal­la­tion d’un VUS (« vé­hi­cule ul­tra-smog ») cal­ci­né dans un lieu très pas­sant où des bé­né­voles dis­tri­buent des « contra­ven­tions » fai­sant ré­flé­chir.

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