PRIN­CESSE

LOS ANGELES | Dis­ney a fran­chi une étape im­por­tante dans son nou­veau film d’ani­ma­tion, La prin­cesse et la gre­nouille.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

Comme il fal­lait s’y at­tendre, la­dite gre­nouille est verte, mais c’est l’iden­ti­té de la prin­cesse qui a fait pleu­rer (de joie) son in­ter­prète, Ani­ka No­ni Rose. Après Blanche Neige, Cen­drillon et la Belle au bois dor­mant, la nou­velle prin­cesse de Dis­ney est AfroA­mé­ri­caine.

«Je me suis tout sim­ple­ment mise à pleu­rer. Même le fait d’en par­ler main­te­nant… je suis tel­le­ment pleur­ni­charde», ré­vèle l’ac­trice de 37 ans en se re­mé­mo­rant la pre­mière fois où elle a aper­çu son Tia­na, sur grand écran, à New York.

« C’était le sen­ti­ment le plus in­des­crip­tible, le plus mer­veilleux… Je n’ar­rive pas à trou­ver les mots. J’avais tou­jours rê­vé de faire ça un jour. »

Mais, en dé­pit des rêves d’en­fance de cette ac­trice qui se dé­crit elle-même comme une in­con­di­tion­nelle de Dis­ney, elle est de­meu­rée réa­liste.

« Je me sou­viens de m’être de­man­dé si on au­rait éven­tuel­le­ment droit à une Brune Cho­co­lat au lieu de juste Blanche Neige, mais je ne me suis ja­mais sen­tie pri­vée pour au­tant. Les en­fants ne pensent pas à ça; ils vivent dans leur monde. »

Son ex­pé­rience dans les stu­dios Dis­ney s’est ré­vé­lé être au-de­là de toute at­tente. « J’au­rais pu prê­ter ma voix à un pis­sen­lit et ça au­rait fait mon bon­heur. J’ai l’im­pres­sion que mes rêves les plus fous sont en train de se réa­li­ser. »

CO­MÉ­DIE MU­SI­CALE EN 2D

Dans cette co­mé­die mu­si­cale, dont la sor­tie est pré­vue ven­dre­di pro­chain et qui marque éga­le­ment le re­tour à la bonne vieille ani­ma­tion en 2D, Tia­na est ser­veuse dans La Nou­velle-Or­léans des an­nées 20. Elle rêve de­puis tou­jours d’ou­vrir son propre res­tau­rant, mais tout change lors­qu’elle ren­contre un prince bré­si­lien (Bru­no Cam­pos) qui a été trans­for­mé en gre­nouille par un mé­chant ma­gi­cien vau­dou.

Lors­qu’elle dé­cide de l’em­bras­ser pour lui rendre sa forme hu­maine, elle se change en gre­nouille à son tour. En­semble, les deux am­phi­biens − avec l’aide d’un al­li­ga­tor trom­pet­tiste et d’une lu­ciole ca­jun − ten­te­ront d’an­nu­ler la ma­lé­dic­tion.

Se­lon Ter­rence Howard, qui in­carne le père tra­vaillant et at­ten­tion­né de Tia­na, son rôle pré­sente des si­mi­la­ri­tés évi­dentes avec la si­tua­tion po­li­tique ac­tuelle aux États-Unis et avec sa vie per­son­nelle.

«Quand ils ont en­ta­mé la pro­duc­tion ini­tiale de ce film, Ba­rack Oba­ma n’était pas en­core pré­sident. Ça se­ra donc une belle coïn­ci- dence de voir deux «prin­cesses» afro-amé­ri­caines en même temps. Toutes les races et toutes les cultures ont dé­jà eu leurs nobles et leurs génies, et ça fait du bien de voir que Dis­ney en est cons­cient.

« C’est aus­si l’un des rôles les plus fa­ciles de ma car­rière puisque j’ai deux filles qui sont dé­jà mes prin­cesses. Je n’ai eu qu’à me fier à mon ins­tinct na­tu­rel de père qui éduque ses propres en­fants.»

Se­lon Ani­ka No­ni Rose, qui a dé­jà joué dans le film a rem­por­té un prix To­ny pour son rôle dans la co­mé­die mu­si­cale

et a te­nu le rôle prin­ci- pal de la sé­rie sur la chaîne HBO,

est une oc­ca­sion en or. L’im­pact (cultu­rel et sur sa car­rière) de ses rôles an­té­rieurs ne se com­pare pas à ce­lui de la prin­cesse Tia­na. Ce­la dit, elle n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment à l’aise à l’idée de de­ve­nir un mo­dèle pour les jeunes filles.

« C’est dif­fi­cile. Je se­rais ho­no­rée que les gens me per­çoivent comme un mo­dèle, mais, d’un autre cô­té, je crois que c’est dan­ge­reux de choi­sir une per­sonne et de la glo­ri­fier. Éven­tuel­le­ment, je vais jouer un rôle qui ne plai­ra pas à tout le monde. À mon avis, tant et aus­si long­temps que le pu­blic par­vient à faire la dis­tinc­tion et à se dire: “J’aime sa fa­çon de gé­rer sa car­rière ain­si que l’image qu’elle pré­sente en tant que per­sonne”, alors je suis com­blée.»

Se­lon elle, le film « pren­dra dif­fé­rents sens pour dif­fé­rentes per­sonnes, tout dé­pen­dant de l’époque à la­quelle ils ont gran­di. Pour mon ne­veu, ça va être par­fai­te­ment nor­mal et il n’y ré­flé­chi­ra pas outre me­sure. Il s’agit de sa pre­mière prin­cesse, point fi­nal.

«Pour ma mère, ça risque d’être un film qu’elle at­ten­dait de­puis long­temps. (…) Et pour ma grand-mère, ça va être un rêve fou de­ve­nu réa­li­té. Chaque per­sonne dans le ci­né­ma ap­pré­cie­ra ce film dif­fé­rem­ment, en fonction de sa propre his­toire per­son­nelle.

«C’est ce qui rend ce pro­jet si mer­veilleux. Dis­ney fait par­tie de la culture amé­ri­caine, et nous ve­nons tout sim­ple­ment d’ajou­ter un nou­veau cha­pitre. C’est une culture qui existe de­puis long­temps, mais qui n’a pas tou­jours été par­ta­gée équi­ta­ble­ment. En ce sens, ce n’est qu’un pas de plus en di­rec­tion de l’Amé­rique pré­sen­tée dans l’uni­vers fan­tas­tique de »

Bien qu’il soit tout aus­si em­bal­lé par l’as­pect in­no­va­teur et avant-gar­diste du film, Ter­rence Howard note éga­le­ment que «Dis­ney a tou­jours réus­si à at­teindre la vaste ma­jo­ri­té du monde dans ses films. La pe­tite si­rène était un pois­son, et toutes les pe­tites filles du monde l’ado­raient. »

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