CA­PI­TALE DE LA CRÈCHE DE NOËL

À comp­ter d’au­jourd’hui et jus­qu’au 10 jan­vier, jouez les rois mages et pre­nez la route du Sa­gue­nay pour dé­cou­vrir les crèches de Ri­vière-Éter­ni­té, qui sé­duisent les vi­si­teurs de­puis plus de 20 ans. Mais comment ce pe­tit vil­lage de 559 ha­bi­tants, étape in

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Lise Gi­guère Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Il faut re­mon­ter jus­qu’en 1989, alors qu’Eu­gé­nie Bou­chard cher­chait une idée ori­gi­nale pour at­ti­rer les vi­si­teurs dans le vil­lage dont elle était la mai­resse.

Un ami, Jean-Marie Couët, lui parle de sa col­lec­tion de crèches de Noël et ac­cepte de lui en prê­ter 18 pour les ex­po­ser au sous-sol de l’édi­fice mu­ni­ci­pal. Le pro­jet plaît tel­le­ment que l’an­née sui­vante, l’idée est re­prise. Mais cette fois-ci, M. Couët fait ap­pel à dif­fé­rents ar­tistes ca­na­diens à qui il de­mande de créer des crèches.

Du même souffle, plu­sieurs ré­si­dents dé­cident de s’en­ga­ger. Ils ri­va­lisent d’ima­gi­na­tion pour ins­tal­ler sur leur ter­rain des crèches uniques qu’ils illu­minent en soi­rée.

Té­moin de cet en­goue­ment po­pu­laire, la mu­ni­ci­pa­li­té com­mande une ving­taine de crèches gran­deur na­ture à des ar­tistes re­nom­més, tels que Mar­cel Mal­tais, Vic­tor Dal­laire, Jacques Bour­gault, Jo­se­phAi­mé et Em­ma­nuel Houde. Ces oeuvres sont en­suite réunies dans le parc mu­ni­ci­pal qui de­vient le parc des Ar­tistes.

À l’au­tomne de 1995, c’est au tour du sculp­teur Serge Cla­veau de se lan­cer dans la mê­lée. En hom­mage à No­treDame-du-Sa­gue­nay, la Vierge ju­chée sur une fa­laise du fjord, il réa­lise une Na­ti­vi­té dans la mon­tagne. Afin de nous in­ci­ter à par­cou­rir le sen­tier pour y ac­cé­der, il sculpte neuf bas-re­liefs mon­trant Marie et Jo­seph, de leur ado­les­cence jus­qu’à la nais­sance de leur en­fant.

UNE CRÈCHE UNIQUE

Lors du 10e an­ni­ver­saire de cet évé­ne­ment an­nuel, la cor­po­ra­tion com­mande deux oeuvres ma­gis­trales. Sculp­tée par Vic­tor Dal­laire, la pre­mière re­vi­site la crèche tra­di­tion­nelle et pré­sente une crèche éter­ni­toise.

Vé­ri­table splen­deur, cette oeuvre d’art ob­tient même une per­mis­sion spé­ciale de l’évê­ché pour qu’elle puisse de­meu­rer toute l’an­née à l’in­té­rieur de l’église.

Elle est ma­gni­fique, cette crèche, pleine de poé­sie, de sym­bo­lisme et de ré­fé­rences à la ré­gion. Il y a d’abord l’ar­rière-scène qui, en lieu et place de Beth­léem, montre plu­tôt Cap-Éter­ni­té. Marie et Jo­seph, cou­verts de peaux d’ani­maux, sont pen­chés sur l’En­fant qui re­pose sur une peau d’ours. Pour le ré­chauf­fer, un ori­gnal et un che­vreuil ont rem­pla­cé le boeuf et l’âne. Près d’eux, un ber­ger porte une gerbe de bleuets (on est au Sa­gue­nay là, là), tan­dis qu’un bû­che­ron avec une scie mé­ca­nique rap­pelle l’im­por­tance de cette in­dus­trie. Quant aux rois mages, l’un d’eux porte un cor­net de sucre, l’autre, une miche de pain, et le troi­sième, une per­drix.

La se­conde oeuvre est celle de l’Ate­lier Ther­mic, de Saint-Fulgence. Elle re­pré­sente un vil­lage et ses ar­ti­sans et co­ha­bite avec les quelque 250 crèches ex­po­sées au sous-sol de l’église.

Dif­fé­rentes chaque an­née, ces der­nières sont sé­lec­tion­nées dans la vaste col­lec­tion qui com­prend main­te­nant 900 pièces uniques pro­ve­nant d’une soixan­taine de pays.

En cette pé­riode, la vi­site de Ri­viè­reÉ­ter­ni­té est réel­le­ment fée­rique, mais si les crèches or­nant le de­vant des mai­sons dis­pa­raissent lorsque ar­rive le prin­temps, il n’en est pas de même pour la crèche éter­ni­toise dans l’église, la col­lec­tion pré­sen­tée au sous-sol de l’église, la Na­ti­vi­té de la mon­tagne et la ving­taine de crèches du parc des Ar­tistes qui sont vi­sibles toute l’an­née.

Con­trai­re­ment aux rois mages, pour trou­ver votre che­min, il n’y a pas à suivre une étoile, mais bien la route du Fjord. N’ayez au­cune crainte de ra­ter l’en­droit, puisque les deux en­trées du vil­lage sont bien iden­ti­fiées par des crèches spec­ta­cu­laires et que le lieu de l’exposition est an­non­cé par un ma­gni­fique vi­trail d’Ha­rold Bou­chard, tan­dis qu’une crèche sculp­tée en bois de pin par Jo­seph-Ai­mé Houde marque l’en­trée du sous-sol de l’église.

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