La li­ber­té AB­SO­LUE

« Je suis ce que je suis. Je fais la mu­sique que j’ai en­vie de faire. J’aime ce que je fais. Si les gens aiment ça, tant mieux. S’ils n’aiment pas ça, tant pis.»

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger

Cette pro­fes­sion de foi en­vers la li­ber­té ab­so­lue, elle vient de Joss Stone, qui vient de mettre sur le mar­ché son qua­trième al­bum, Co­lour Me Free, titre qui évoque « la re­cherche de la li­ber­té à tra­vers l’art ».

Libre, la belle chan­teuse an­glaise af­firme l’être bien da­van­tage au­jourd’hui qu’à l’époque où, à 16 ans, sa voix sen­suelle a sé­duit des mil­lions de mé­lo­manes qui se sont pro­cu­ré son pre­mier al­bum, The Soul Ses­sions. Tou­te­fois, à l’époque, Stone ne se sen­tait pas en pleine maî­trise et elle a eu be­soin de s’af­fran­chir des dik­tats de l’in­dus­trie. Il y a eu, en outre, cette que­relle ré­cente avec EMI, sa com­pa­gnie de disques, dont la dé­ci­sion de re­pous­ser la sor­tie de l’al­bum, ini­tia­le­ment pré­vue en avril, a sou­le­vé l’ire de Joss Stone. Elle s’est dite prête à al­lon­ger deux mil­lions de livres ster­ling pour se dé­faire de son contrat avec la mul­ti­na­tio­nale.

« On vous dit comment bou­ger, comment res­pi­rer, comment par­ler, comment pen­ser, comment re­gar­der. C’est suf­fo­cant, pas hu­main et pas na­tu­rel. Je n’ai­mais pas ce­la et j’ai dé­ci­dé de ne pas le faire. Il y a d’énormes consé­quences, mais je m’en fous », a as­su­ré l’ar­tiste de De­von, lors d’une en­tre­vue ac­cor­dée au Jour­nal de Qué­bec.

CHEZ MA­MAN

Co­lour Me Free a été en­re­gis­trée dans le bar que sa mère pos­sède à Exe­ter, en une se­maine. L’en­droit a été trans­for­mé en stu­dio d’en­re­gis­tre­ment. Joss, qui l’a co­pro­duit, et son groupe de mu­si­ciens s’y sont poin­tés chaque jour, im­pro­vi­sant jus­qu’aux pe­tites heures du ma­tin.

Le ré­sul­tat est un al­bum prin­ci­pa­le­ment de mu­sique soul, mais sur le­quel pop, funk, R&B et hip-hop font des clins d’oeil aux au­di­teurs. Le pre­mier ex­trait, tiens donc, s’in­ti­tule Free Me. En­core cette fa­meuse li­ber­té dont Joss as­sure ne pas avoir vou­lu abu­ser. « C’est bien d’avoir un cer­tain contrôle lorsque vient le temps de faire des choix. Mais je ne crois pas qu’en avoir trop est bon dans un contexte mu­si­cal. C’est très dif­fi­cile, parce que tu ne veux pas contrô­ler les mu­si­ciens au point où ils se sentent pri­son­niers et qu’on ne leur per­met pas de faire ce qu’ils veulent. En même temps, je veux les ins­pi­rer à faire quelque chose que j’aime. »

POUR LA MA­RI­JUA­NA

Libre mu­si­ca­le­ment, Joss Stone l’est aus­si lorsque vient le temps de prendre po­si­tion. Comme lors­qu’elle a pu­bli­que­ment ap­puyé la lé­ga­li­sa­tion de la ma­ri­jua­na sur son site Web, ar­guant que cette drogue était moins dan­ge­reuse que l’al­cool. Mal­gré les ré­ac­tions né­ga­tives qu’a sus­ci­tées sa sor­tie, elle per­siste et signe.

« Pour­quoi dit-on que je suis dans le champ? Ce n’est pas une opi­nion que je for­mule, ce sont des faits prou­vés par des scien­ti­fiques de par­tout dans le monde. Ceux qui disent que je n’ai pas rai­son sont igno­rants. Moi, je suis in­for­mée. Et la ma­ri­jua­na est as­su­ré­ment moins dom­ma­geable que l’al­cool », dit celle qui af­firme qu’elle pré­fé­re­ra tou­jours dire ce qu’elle pense et vivre avec les consé­quences plu­tôt que men­tir et ne pas sou­le­ver de vagues.

« Je com­prends ce­pen­dant les gens qui ont peur de par­ler parce que chaque fois que je le fais, je me re­trouve en dif­fi­cul­té. »

PHOTO COUR­TOI­SIE

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