Une car­rière en plein es­sor

MON­TRÉAL | C’est quoi un bon film pour Jean-Marc Val­lée? « Un coup de coeur, quelque chose qui te fait vi­brer, qui te donne le goût de pe­ser sur la pé­dale et d’y al­ler à fond; qui t’in­vite à pas­ser à l’ac­tion et à faire rêver les gens. »

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Mi­chelle Cou­dé-Lord Le Jour­nal

Jean-Marc Val­lée au­ra les pro­chains mois fort oc­cu­pés. Il tour­ne­ra au Qué­bec son fa­meux Ca­fé de Flore, une his­toire ro­man­tique mo­derne, et il vient de si­gner avec les Amé­ri­cains Lost Girls and Love Ho­tels, met­tant en ve­dette l’ac­trice Kate Bos­worth.

Sa car­rière va très bien. Mais le réa­li­sa­teur ne fait pas la grosse tête et reste as­sez phi­lo­sophe face à son suc­cès.

Lors­qu’on lui de­mande s’il croit qu’il fait des ja­loux par­mi ses pairs, il ré­pond : « Je ne crois pas du tout que mon suc­cès soit mal re­çu. Au contraire, les gens que je fré­quente sont heu­reux pour moi. Ça leur ap­porte du bon­heur et ça fait rêver. »

PLUS GROS SA­CRI­FICE

Jean-Marc Val­lée a le vent dans les voiles. Il ne cache pas tou­te­fois que son tra­vail, un peu fou, l’a obli­gé à vivre loin de ses deux fils de 13 et 17 ans. Ça lui a coû­té sa fa­mille.

« Les gars vivent plus avec leur mère, ils ne veulent plus de garde par­ta­gée. Ç’a m’en­nuie, mais un jour ils vont re­ve­nir. Ce n’est pas évident de trou­ver l’équi­li-bre avec un tra­vail », dit-il avec tris­tesse.

Jean-Marc Val­lée dit croire en l’amour et s’avoue même ro­man­tique.

« Mon pro­chain film, Ca­fé de Flore, rap­pelle d’ailleurs qu’il faut tou­jours croire en l’amour,

au grand amour même. »

LA TECH­NIQUE

Jean-Marc Val­lée est fort im­pres­sion­né par tout ce que per­mettent au­jourd’hui les nou­velles tech­no­lo­gies, to­ta­le­ment au ser­vice du 7e art.

« Au­jourd’hui, on peut ra­con­ter des his­toires en créant de la ma­gie grâce aux ef­fets vi­suels in­croyables. Marc Cô­té, notre Qué­bé­cois, est un des meilleurs. Par exemple, on a notre reine Vic­to­ria qui est dans une ca­lèche et elle re­garde la mer, mais il n’y a pas vrai­ment de mer. Marc en a créé une juste avec un jeu d’ef­fets vi­suels. Un quatre se­condes qui est au ser­vice du ré­cit et de l’émo­tion », sou­ligne Jean-Marc Val­lée.

HEU­REUX

Homme d’ac­tion, homme d’émo­tion, Jean-Marc Val­lée est un réa­li­sa­teur de ta­lent qui a main­te­nant une re­con­nais­sance in­ter­na­tio­nale, ce qui ne veut pas dire qu’il aban­donne le Qué­bec pour au­tant.

« Je vis tou­jours ici, je n’ai pas de pied-à-terre ailleurs, je me pro­mène d’un hô­tel à un autre. Je suis très heu­reux de re­ve­nir tour­ner ici, j’at­ten­dais le bon pro­jet. Comme j’ai été oc­cu­pé pen­dant deux ans sur le pro­jet de la reine Vic­to­ria, je n’ai pas vu tout ce qui s’est fait ici. Mais je sais que nous sommes très pro­duc­tifs et on veut beau­coup. Je sens notre in­dus­trie très vi­vante. »

Il a ai­mé avoir du temps pour tour­ner, du temps pour se do­cu­men­ter, du temps pour ré­flé­chir à ce qu’al­lait de­ve­nir son film.

« C’est ce que je re­tiens de ce pro­jet, 54 jours de tour­nage qui m’au­ront per­mis d’ame­ner ce pro­jet en pro­fon­deur », conclut le réa­li­sa­teur en pos­ses­sion de tous ses moyens.

C.R.A.Z.Y. au­ra ou­vert toutes les portes à Jean-Marc Val­lée.

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