Un phé­no­mène SUR­NA­TU­REL

HERT­FORD­SHIRE, AN­GLE­TERRE | Jus­qu’ici, tout va bien. Bien? In­croya­ble­ment bien. Non seule­ment la fran­chise Har­ry Pot­ter a-t-elle ga­gné en ma­tu­ri­té ar­tis­ti­que­ment, pa­ral­lè­le­ment à son noyau de jeunes ac­teurs avec en tête Da­niel Rad­cliffe, mais elle est éga

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

« Il n’existe au­cune autre fran­chise comme celle-là », af­firme le pro­duc­teur David Bar­ron, proche col­la­bo­ra­teur de David Hey­man, pre­mier pro­duc­teur de la sé­rie de films et ce­lui qui avait ache­té les droits sur la sé­rie de l’au­teure J.K. Row­ling. Bar­ron a été mê­lé à la pro­duc­tion de quatre des six films Har­ry Pot­ter et, conjoin­te­ment à Hey­man, il tra­vaille ces jours-ci à la pré­pa­ra­tion du dip­tyque fi­nal réa­li­sé par David Yates. La pre­mière par­tie de Har­ry Pot­ter et les re­liques de la mort sor­ti­ra en salles en no­vembre 2010 et la conclu­sion vien­dra en juillet 2011.

« La fran­chise Bond existe de­puis bien plus long­temps, pré­cise Bar­ron au su­jet des films ba­sés sur les his­toires de Ian Fle­ming. Tou­te­fois, ce sont toutes des his­toires in­di­vi­duelles. Har­ry Pot­ter est une his­toire unique qui au­ra né­ces­si­té sept livres et huit films à ra­con­ter. »

Mais y a-t-il quelque chose de com­pa­rable à Har­ry Pot­ter, du moins en ma­tière d’in­fluence cultu­relle po­ten­tielle? « Si vous trou­vez quelque chose, lance Bar­ron après un éclat de rire, faites-le-moi sa­voir, je par­ta­ge­rai les pro­fits avec vous! »

Pro­fits? Les six films de Pot­ter pa­rus jus­qu’à pré­sent ont coû­té 905 mil­lions US à pro­duire, se­lon Box Of­fice Mojo, et ils ont en­gran­gé au-de­là de 5,5 mil­liards au box-of­fice mon­dial, sans comp­ter que chaque épi­sode a ven­du dix mil­lions d’exem­plaires sur DVD et qu’il y a fort pro­ba­ble­ment une ava­lanche d’exem­plaires Blu-ray qui trou­ve­ront éven­tuel­le­ment pre­neurs.

Le sixième épi­sode, Har­ry Pot­ter et le prince de sang­mê­lé, vient tout juste d’être lan­cé cette se­maine sur DVD et sur Blu-ray. Au même mo­ment, les deux pre­miers films, Har­ry Pot­ter à l’école des sor­ciers (2001) et Har­ry Pot­ter et la chambre des se­crets (2002), ont éga­le­ment été ré­édi­tés cette se­maine dans une « Ul­time Édi­tion » pro­po­sant du conte­nu ad­di­tion­nel aug­men­té, in­cluant des as­pects de la sé­rie ja­mais ré­vé­lés au­pa­ra­vant à cause du se­cret qu’im­po­sait Hey­man au­tour des pre­miers films. Par­mi ces nom­breux tré­sors, cha­cune des édi­tions ul­times com­prend un vo­let d’un nou­veau do­cu­men­taire aux pro­por­tions épiques in­ti­tu­lé La créa­tion du monde de Har­ry Pot­ter.

EX­TRAS

Pour la sor­tie DVD et Blu-ray de Har­ry Pot­ter et le prince de sang-mê­lé, les créa­teurs du film ont pré­pa­ré une des sor­ties les plus gé­né­reuses jus­qu’à pré­sent. « Main­te­nant que nous ar­ri­vons à la fin de l’his­toire (avec la pro­duc­tion des Re­liques de la mort), nous nous sen­tons plus à l’aise. Sur ce sixième DVD, nous sommes beau­coup plus ou­verts par rap­port à ce que nous dé­voi­lons. »

Par­mi ces re­gards in­ti­mistes of­ferts sur le DVD, vous pour­rez pas­ser des mo­ments in­times avec les ac­teurs prin­ci­paux, ces jeunes que les ar­ti­sans du film nomment « la distribution ju­vé­nile ». Bien que la plu­part soient au­jourd’hui des adultes, ils ont tous dé­cro­ché leur rôle alors qu’ils étaient des pré­ado­les­cents ou ils se sont joints à la distribution à l’ado­les­cence. Sur le DVD du Prince de sang-mê­lé, Tom Fel­ton (Dra­go Ma­le­foy) s’en­tre­tient joyeu­se­ment avec ses co­ve­dettes. In­di­vi­duel­le­ment, cha­cun des ac­teurs prin­ci­paux pré­sente un as­pect de la réa­li­sa­tion du film : Rad­cliffe (Har­ry Pot­ter) ex­pli­quant le pro­ces­sus du mon­tage, Ru­pert Grint (Ron Weas­ley) nous pré­sente le monde des cas­cades, Emma Wat­son (Her­mione Gran­ger) nous ex­plique le ma­quillage, Jes­sie Cave (La­vande Brown) nous parle de l’en­traî­ne­ment des chouettes, Bon­nie Wright (Gin­ny Weas­ley) nous fait vi­si-

ter le monde du de­si­gn, et ain­si de suite.

DISTRIBUTION MI­RA­CU­LEUSE

Le plus im­pres­sion­nant tou­te­fois, c’est à quel point ils sont tous si gen­tils, fa­ciles d’ap­proche et tout à fait « nor­maux » : c’est vé­ri­ta­ble­ment une distribution mi­ra­cu­leuse. « Nous étions si jeunes », dit Fel­ton au su­jet du pre­mier Har­ry Pot­ter.

« Nous n’étions même pas des ac­teurs en­core. Nous res­sem­blions aux per­son­nages que nous ten­tions de per­son­ni­fier et nous étions tous très vo­lon­taires, mais je de­meure néan­moins très im­pres­sion­né de la fa­çon dont nous nous sommes tous per­fec­tion­nés et je ne dis ab­so­lu­ment pas ce­la de fa­çon condes­cen­dante. Da­niel, Ru­pert et Emma sont tous de­ve­nus des ac­teurs réel­le­ment for­mi­da- bles et ils portent les films sur leurs épaules tout au­tant que les adultes dans cette distribution. »

De plus, cha­cun de ces jeunes est quel­qu’un de vrai­ment bien. « Exac­te­ment! s’ex­clame Fel­ton. Per­sonne n’a d’at­ti­tude hol­ly­woo­dienne, per­sonne ne se prend pour un autre, tout le monde a les deux pieds sur terre, du membre de l’équipe tech­nique à la plus grosse ve­dette sur l’af­fiche. Tout le monde s’en­tend bien et je pense sin­cè­re­ment que les adultes aiment bien ar­ri­ver sur un pla­teau où tout le monde se traite en égal. Pour une fois, il n’y a pas cette es­pèce de fausse hié­rar­chie vou­lant que cer­taines voix aient plus d’im­por­tance que d’autres. »

NOU­VEAUX VE­NUS

Les nou­veaux ve­nus sont tou­jours les bien­ve­nus, se­lon

Jesse Cave. Son per­son­nage un peu fou dans Le prince de sang-mê­lé jette son dé­vo­lu sur le Ron de Grint. « Tout le monde sur ce pla­teau est très pro­fes­sion­nel », nous ex­pli­quait Cave.

« L’éthique de tra­vail est ex­cel­lente et ce­la a gran­de­ment contri­bué à ce que je me sente à l’aise dans ce tra­vail. Lorsque vous y êtes, la plus grande sur­prise, c’est de consta­ter à quel point ce sont tous des gens ado­rables. C’est peut-être du cy­nisme, mais je ne m’at­ten­dais pas qu’ils soient tous si cha­leu­reux et ai­mables. Ils ont tous été si gen­tils avec moi, c’était vrai­ment comme réa­li­ser un rêve. La­vande est un per­son­nage vrai­ment gé­nial. »

La sa­ga Har­ry Pot­ter conti­nue donc son che­min : le dip­tyque fi­nal met­tra vrai­ment l’ac­cent sur tout ce qui a été mis en va­leur dans les films pré­cé­dents, par­ti­cu­liè­re­ment dans Le prince de sang-mê­lé, se­lon Hey­man.

« Ul­ti­me­ment, ce qui fait le suc­cès de ces livres, ce que j’aime réel­le­ment d’eux, c’est que der­rière toute l’ac­tion et l’aven­ture qu’ils pré­sentent, il y a des per­son­nages forts. » Le pre­mier vo­let se­ra en quelque sorte « un road mo­vie » qui ver­ra les jeunes pro­ta­go­nistes en fuite, ra­conte Hey­man et l’af­fron­te­ment fi­nal vien­dra dans la se­conde par­tie. « Notre prin­ci­pal sou­ci pour cet af­fron­te­ment fi­nal, c’est d’en faire un af­fron­te­ment de per­son­nages! Pour moi, tout se joue chez les per­son­nages, ce sont des per­sonnes qui s’af­frontent, et si vous y croyez vrai­ment, c’est sur ça que re­po­se­ra le suc­cès du film!»

PHOTO COUR­TOI­SIE

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