La ré­demp­tion de Scott Stapp

Scott Stapp af­firme que la boucle est bou­clée avec l’al­bum Full Circle, pre­mier al­bum de Creed en huit ans. Le chan­teur de ce groupe au suc­cès com­mer­cial, mais dé­tes­té de la cri­tique, avait cla­qué la porte en 2004, après avoir som­bré dans l’al­cool et les

Le Journal de Quebec - Weekend - - CREED MUSIQUE - Jane Stevenson Agence QMI

Les mo­ments les plus sombres de la dé­chéance de Stapp se lisent comme au­tant de man­chettes sca­breuses du Na­tio­nal En­qui­rer: il a son­gé au sui­cide en 2003, a été im­pli­qué dans une ba­garre dans le bar d’un hô­tel de Bal­ti­more en 2005, a failli mou­rir après avoir fait une chute de quatre étages du bal­con de sa chambre d’hô­tel à Mia­mi en 2006, a été ac­cu­sé de vio­lence conju­gale par sa femme en 2007 (ac­cu­sa­tions qui ont par la suite été re­ti­rées), etc.

Stapp, un ca­tho­lique de 36 ans, af­firme qu’il est au­jourd’hui un homme trans­for­mé par sa lec­ture quo­ti­dienne de la Bible.

«Je crois que la réa­li­sa­tion du fait que je ne suis pas im­mor­tel, com­bi­né à un ul­ti­ma­tum clair par une femme très forte, est ce qui m’a sau­vé», a ré­cem­ment dit ce na­tif de la Flo­ride lors d’un pas­sage à To­ron­to.

L’AN­NÉE 2002

Stapp ex­plique que ses pro­blèmes ont com­men­cé en 2002, pen­dant les quatre der­niers mois de la tour­née du groupe qui fai­sait suite à la sor­tie, en 2001, de son troi­sième al­bum stu­dio, Wea­the­red. À ce mo­ment-là, il pre­nait des cor­ti­co­sté­roïdes afin de trai­ter des bles­sures su­bies dans un ac­ci­dent de voi­ture ain­si que des no­dules aux cordes vo­cales.

«Tout est par­ti de là, parce que j’ai dé­cou­vert des choses qui m’étaient jus­qu’alors to­ta­le­ment in­con­nues. Les unes ne fai­saient que com­pli­quer les autres en ce qui a trait à la chi­mie de mon corps, ex­plique Stapp. Je n’irais pas jus­qu’à dire que j’ai per­du l’es­prit, mais je n’étais cer­tai­ne­ment pas moi-même. Je m’iso­lais, je ne sor­tais presque pas de mon au­to­car de tour­née et je me suis mis à boire constam­ment, parce que je me ré­veillais à cause de crises d’an­goisse ma­jeures, le coeur qui me dé­bat­tait et des symp­tômes du genre. J’avais constam­ment l’im­pres­sion que j’al­lais faire un in­farc­tus. Je ne sa­vais plus quoi faire. Un ma­tin, j’avais l’im­pres­sion que j’al­lais de­ve­nir fou, j’étais en sueur et il y avait une bou­teille de Jack Da­niels sur le comp­toir. Alors, je l’ai vi­dée d’une traite et, sou­dai­ne­ment, je me suis calmé.»

Il n’a pas fal­lu beau­coup de temps pour que Stapp se mette à boire quo­ti­dien­ne­ment, ajou­tant de l’al­cool même à son ca­fé, afin de contrer les ef­fets se­con­daires des mé­di­ca­ments.

«L’al­cool se com­bi­nait aux mé­di­ca­ments. Alors, après à peine deux ou trois verres, j’étais dé­jà com­plè­te­ment dans les va­peurs, je per­dais la carte et je de­ve­nais mé­chant. Le mé­lange des mé­di­ca­ments et de l’al­cool m’a trans­for­mé en quel­qu’un d’autre, et quand on me ra­conte les his­toires de ce que j’ai pu dire ou faire, je n’ai au­cune idée de qui était cette per­sonne. En toute hon­nê­te­té, vers la fin, j’étais dans un trou noir to­tal dès mi­di, tous les jours. »

Stapp a lan­cé un al­bum so­lo en 2005 et, en­vi­ron un an et de­mi plus tard, il a contac­té ses an­ciens col­lègues de Creed — le gui­ta­riste Mark Tremonti, le bat­teur Scott Phil­lips et le bas­siste Brian Mar­shall, qui avaient for­mé un nou­veau groupe, Al­ter Bridge, avec le chan­teur et gui­ta­riste Myles Ken­ne­dy — pour leur de­man­der par­don au su­jet de son com­por­te­ment dans le pas­sé.

«Après à peine une heure et de­mie, nous étions réunis, en train de jouer de la gui­tare acous­tique et on par­ta­geait des idées, se sou­vient Stapp. C’était notre fa­çon à nous de sur­mon­ter les peurs, les in­quié­tudes et la ner­vo­si­té que nous res­sen­tions. C’est tou­jours par la mu­sique que nous avons le mieux com­mu­ni­qué.»

RE­TOUR AP­PRÉ­CIÉ

Jus­qu’à pré­sent, le groupe à ven­du plus de 35 mil­lions d’al­bums grâce à ses suc­cès tels que With Arms Wide Open et My Sa­cri­fice. Son der­nier pas­sage sur scène de­puis sa réunion date d’oc­tobre alors que le groupe s’était pro­duit dans un bar de To­ron­to. Au­pa­ra­vant, il avait fait une tour­née d’am­phi­théâtres et d’aré­nas aux États-Unis, tour­née qui a été im­mor­ta­li­sée sur un DVD pa­ru la se­maine der­nière. Une tour­née est pré­vue au prin­temps 2010.

Quant à l’ac­cueil ré­ser­vé à Full Circle, qui a fait son en­trée sur les pal­ma­rès en deuxième po­si­tion aux États-Unis et au nu­mé­ro 8 au Ca­na­da, Stapp af­firme que le groupe l’a trou­vé pas trop mal, mal­gré toutes les cri­tiques di­ri­gées à son en­droit : on traite sou­vent ce groupe de Pearl Jam des pauvres.

«Notre re­tour se passe très bien, on sent qu’on est les bien­ve­nus, dit-il. Je pense que tous les membres du groupe sont un peu sur­pris, parce qu’on a sou­vent eu l’im­pres­sion d’être la cible de raille­ries à l’époque. Les at­taques étaient juste un tout pe­tit peu trop per­son­nelles, mais nous avons ap­pris à ne pas nous en faire. Mais cette fois-ci, nous avons réel­le­ment l’im­pres­sion qu’on nous ac­corde une deuxième chance.»

Scott Stapp, Mark Tremonti, Scott Phil­lips et Brian Mar­shall.

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