LA MEILLEURE EN­VO­LÉE QUI SOIT!

Haut dans les airs ∂∂∂∂∂ Si l’éco­no­mie est l’en­fer avec les li­cen­cie­ments, les ra­chats et les primes aux di­ri­geants, ve­nez donc faire connais­sance avec Ryan Bin­gham, le prince des té­nèbres du Po­wer­Point dans le film Haut dans les airs.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

Est-ce que vous vou­lez mettre à la porte des em­ployés? Pas de pro­blème, la grande fau­cheuse s’ap­pelle Bin­gham et il passe ses jour­nées à sur­vo­ler l’Amé­rique pour an­non­cer des li­cen­cie­ments. Il ne met pas fin brus­que­ment à votre em­ploi; il fait plu­tôt pas­ser la pi­lule en dou­ceur en s’ex­pri­mant sua­ve­ment ain­si : « C’est le pre­mier jour du reste de votre vie, et oh, j’au­rai be­soin de votre carte-clé. Voi­ci votre in­dem­ni­té de dé­part. »

Voyez-vous, le dé­ta­che­ment de Bin­gham de­vant la na­ture hu­maine n’est pas seule­ment une fonction de son tra­vail, c’est aus­si un mode de vie. Lors­qu’il n’est pas en train d’évin­cer des sa­la­riés, il pro­nonce des dis­cours de mo­ti­va­tion, prê­chant les ver­tus d’une vie qui peut se ré­su­mer et te­nir dans un sac à dos. Gar­dez ce dont vous avez be­soin, conseille-t-il, et lar­guez le reste parce que ce­la est ac­ca­blant.

Certes, c’est une phi­lo­so­phie à la­quelle il sous­crit. Une chambre de mo­tel a da­van­tage de per­son­na­li­té que son propre ap­par­te­ment. Il ne se sent chez lui que lors­qu’il est en­tou­ré d’étran­gers, vo­lant dans les avions et se pré­las­sant dans les ter­mi­naux des aé­ro­ports.

Cette vi­sion mi­ni­ma­lisme de la vie est bien­tôt re­mise en ques­tion par deux femmes très dif­fé­rentes. Il y a d’abord Natalie (An­na Ken­drick), une am­bi­tieuse femme qui cherche ab­so­lu­ment à ré­duire les coûts et qui veut ri­ver Ryan à son bu­reau pour qu’il com­mence à mettre à la porte des em­ployés par la confé­rence en ligne.

Ce nou­vel as­pect dans la car­rière de Ryan est as­sez dé­vas­ta­teur, car il a jus­te­ment ren­con­tré au-des­sus des nuages son al­ter ego fé­mi­nin, Alex (Ve­ra Far­mi­ga), une jo­lie femme qui prend aus­si sou­vent l’avion que lui.

L’ha­bi­le­té et le plai­sir du film de Reit­man, adap­té du ro­man de Wal­ter Kirn, est qu’il évite la sen­ti­men­ta­li­té, le bur­lesque et les in­si­pides co­mé­dies de si­tua­tion des temps mo­dernes, qui sont aus­si dé­con­nec­tées de la vie réelle que Cloo­ney peut l’être dans son rôle de bour­reau dans les mi­lieux de tra­vail.

Bref, c’est le meilleur film de l’an­née.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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