DÉ­FAILLANCE ÉMO­TIVE

∫ Les étreintes bri­sées ∂∂∂Σ Film de Pe­dro Al­mo­do­var met­tant en ve­dette Pe­né­lope Cruz, Blan­ca Por­tillo, Lluís Ho­mar, Lo­la Dueñas, Án­ge­la Mo­li­na et Ros­sy de Pal­ma. À l’af­fiche pré­sen­te­ment.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Qué­bec

Avec Les étreintes bri­sées, Pe­dro Al­mo­do­var en fait suf­fi­sam­ment pour que sa ré­pu­ta­tion de ci­néaste de re­nom de­meure in­at­ta­quable, mais pas as­sez pour nous faire oublier les su­blimes Tout sur ma mère et Parle avec elle.

D’un long-mé­trage à l’autre, on a pris l’ha­bi­tude d’être éblouis et char­més par les his­toires que nous ra­conte le réa­li­sa­teur de La Man­cha. Les étreintes bri­sées ( Los Abra­zos Ro­tos) pour­suit dans cette veine sans, mal­heu­reu­se­ment, nous pro­cu­rer les mêmes émo­tions que les oeuvres pré­cé­dentes d’Al­mo­do­var.

Ma­teo Blanco (Lluis Ho­mar) est un écri­vain et ci­néaste qui pu­blie au­tant sous son vrai nom que sous ce­lui de Har­ry Caine et qui est de­ve­nu aveugle à la suite d’un ac­ci­dent de voi­ture qui a coû­té la vie à l’amour de sa vie, Le­na (Pe­né­lope Cruz). Lors­qu’il ap­prend la décès d’un im­por­tant fi­nan­cier, de vieux et dou­lou­reux sou­ve­nirs res­sur­gissent. Prin­ci­pa­le­ment quand le fils du dé­funt homme d’af­faires se pointe dans le bu­reau de Ma­teo pour lui de­man­der de tour­ner un film à pro­pos de son père.

Dé­li­cieux exer­cice de style, Les étreintes bri­sées nous montre un Al­mo­do­var ex­plo­rant dif­fé­rents genres ci­né­ma­to­gra­phiques, prin­ci­pa­le­ment le film noir. En outre, l’his­toire nous montre le per­son­nage prin­ci­pal alors qu’il tourne le film Chi­cas y Ma­le­tas, qui est presque une co­pie conforme de Femmes au bord de la crise de nerfs, une oeuvre d’Al­mo­do­var da­tant des an­nées 1980.

Étran­ge­ment, le drame vé­cu par le couple Ma­teo et Le­na, bien que fi­ne­ment re­la­té par un scé­na­rio en­core une fois ha­bi­le­ment fi­gno­lé, laisse de glace. Les émo­tions ne sont pas au ren­dez-vous, ou si peu, et bien qu’il s’agisse du seul dé­faut qu’on peut re­pro­cher au Étreintes bri­sées, c’en est un im­por­tant.

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