LA VIE EN BLEU

LONDRES | La der­nière ex­cen­tri­ci­té de James Ca­me­ron, Ava­tar, qui traite d’un conflit in­ter­pla­né­taire sur une pla­nète éloi­gnée, est dis­pen­dieuse, ré­vo­lu­tion­naire et des­ti­née à de­ve­nir un dé­sastre ou une ré­fé­rence.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ke­vin William­son Agence QMI

Mais Ca­me­ron a dé­jà pa­rié gros au­pa­ra­vant : sur le Ter­mi­na­tor 2 de 1991, le pre­mier film à coû­ter plus de 100 mil­lions de dol­lars et, bien sûr, sur le Ti­ta­nic de 1997, qui a rem­por­té 11 os­cars et amas­sé 1,8 mil­liard à l’échelle mon­diale. Mal­gré tout, James Ca­me­ron ré­vèle sa ner­vo­si­té avant le lan­ce­ment du film. Après tout, Ava­tar ne ré­pond à au­cun des cri­tères né­ces­saires au suc­cès d’une su­per­pro­duc­tion ces temps-ci. Ce n’est ni une suite, ni une nou­velle ver­sion, ni une adap­ta­tion de bande des­si­née.

Ses ac­teurs-ve­dettes, Sam Wor­thing­ton et Zoe Sal­da­na, sont loin d’être des va­leurs sûres.

De plus, il est in­quiet que la pu­bli­ci­té dif­fu­sée jus­qu’ici (met­tant en re­lief l’ac­tion et les ex­tra­ter­restres) re­bute le pu­blic fé­mi­nin qui a fait de Ti­ta­nic le meilleur ven­deur aux gui­chets de tous les temps.

« Il faut faire com­prendre aux femmes que ce n’est pas seule­ment un film d’in­for­ma­tique pour gars, dit-il. Le stu­dio se tourne tou­jours sys­té­ma­ti­que­ment vers les 30 se­condes les plus tape-à-l’oeil, et ce­la au­ra tou­jours l’air d’un film d’ac­tion, comme Star Wars avec les dinosaures. »

Mais se­lon cer­tains in­dices, ses sou­cis pour­raient s’éva­nouir bien­tôt. De­puis la pre­mière du film la se­maine der­nière, au ci­né­ma Em­pire Lei­ces­ter Square, à Londres, les cri­tiques ont été élo­gieuses. Même les jour­na­listes semblent sé­duits.

« Je m’at­ten­dais à un contre­coup après Ti­ta­nic, étant don­né que les cri­tiques avaient été tel­le­ment po­si­tifs au su­jet de ce film. Mais j’ima­gine que lorsque vous dis­pa­rais­sez suf­fi­sam­ment long­temps, ils vous ou­blient ou se sentent obli­gés de vous ré­com­pen­ser à votre re­tour. » James Ca­me­ron n’a ce­pen­dant ja­mais eu l’in­ten­tion de s’ab­sen­ter, d’après lui. Il es­pé­rait que la tech­no­lo­gie évo­lue et lui per­mette de mettre en oeuvre l’idée qu’il avait eue d’Ava­tar, il y a 14 ans.

3D ET 2D

Dif­fu­sé à la fois en 3D et en 2D, le film suit un ex-ma­rine pa­ra­ly­sé du nom de Jake Sul­ly (Wor­thing­ton), qui se rend sur une pla­nète in­con­nue ap­pe­lée Pan­do­ra, ha­bi­tée par des hu­ma­noïdes pa­ci­fiques à la peau bleue, les Na’vis.

Les scien­ti­fiques, sous la di­rec­tion de Si­gour­ney Wea­ver, ont clo­né un de­mi-hu­main mo­di­fié gé­né­ti­que­ment, avec un corps à moi­tié ex­tra­ter­restre, que notre ma­rine peut contrô­ler psy­chi­que­ment. Il a pour mis­sion d’in­fil­trer le vil­lage des « singes bleus » et des « sau­vages ». Mais à la place, il se re­trouve plon­gé au coeur d’un conflit entre les Na’vis et les hu­mains cu­pides et des­truc­teurs.

Ca­me­ron, qui a pas­sé la der­nière dé­cen­nie à en­tre­prendre des ex­pé­di­tions sous-ma­rines et à tour­ner des do­cu­men­taires sur l’en­vi­ron­ne­ment, af­firme qu’il a eu la convic­tion qu’il pou­vait res­sus­ci­ter son pro­jet en voyant les images de Gol­lum, gé­né­rées par or­di­na­teur, dans la tri­lo­gie du Sei­gneur des anneaux de Pe­ter Jack-

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