LE TOP DES DVD DE LA DÉ­CEN­NIE

En l’es­pace d’une dou­zaine d’an­nées seule­ment, le DVD a ré­vo­lu­tion­né l’in­dus­trie du di­ver­tis­se­ment à do­mi­cile. Le for­mat a peut-être été lan­cé en 1997, mais pour la plu­part des gens, le DVD est un mi­racle tech­no­lo­gique du 21e siècle.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LES TOP DELADÉCENNIE - Agence QMI

L’ÈRE DU DO­MES­TIQUE

Grâce à l’ère nu­mé­rique, vous n’êtes plus obli­gés de re­gar­der à la mai­son des ver­sions de vos films pré­fé­rés dont l’image est em­brouillée, les cou­leurs dé­pha­sées et le son dé­té­rio­ré. Sou­dai­ne­ment, vous pou­viez vous dé­faire de vos piles de films sur VHS qui amas­saient la pous­sière (je sais que j’en ai). Ou les en­tre­po­ser en tant qu’ob­jet cultu­rel ob­so­lète du 20e siècle, de pair avec les rou­leaux de pia­no, les 78-tours, les 45-tours, les cas­settes, les 8-pistes, les vi­déo­disques et autres pièces de col­lec­tion so­nores ou vi­suelles.

Lorsque j’étais jeune, il y avait seule­ment deux fa­çons de re­gar­der un vieux film. La pre­mière, c’était à la té­lé­vi­sion, où la plu­part des titres étaient dans un cer­tain sens dé­na­tu­rés (même si je ne le réa­li­sais pas à l’époque).

En ef­fet, on abusait des tech­niques de re­ca­drage dans le for­ma­tage des films pour grand écran afin les ajus­ter au vieux ra­tio 4:3 des té­lé­vi­seurs, la norme jusque dans les an­nées 1940. Cer­tains films étaient éga­le­ment cou­pés par en­droits afin de don­ner aux sta­tions plus de temps pour pas­ser leurs an­nonces pu­bli­ci­taires. La cen­sure se fau­fi­lait de fa­çon in­si­dieuse. Les réa­li­sa­teurs étaient sys­té­ma­ti­que­ment for­cés de conce­voir des ver­sions pour la té­lé­vi­sion, sans scènes de sexe ou de gros­siè­re­té, en éli­mi­nant quelques scènes de vio­lence.

L’autre ma­nière de voir de vieux films in­tacts, c’était d’al­ler dans les ci­né­mas ré­per­toire. Mais même les meilleurs pro­gram­meurs étaient li­mi­tés par la qua­li­té et l’in­té­gri­té des co­pies dis­po­nibles.

Tout ce­la a chan­gé avec le VHS. Ac­cès ins­tan­ta­né, gra­ti­fi­ca­tion im­mé­diate. Mais la qua­li­té vi­suelle était si faible que les pu­ristes trou­vaient ce­la pé­nible. Tout ce­la a en­core chan­gé avec le DVD, même si cer­tains vieux pro­blèmes et ha­bi­tudes ont per­sis­té.

Le re­ca­drage des films pour grand écran s’est pour­sui­vi. Lors­qu’un film grand écran était ré­duit au ra­tio 4:3, les té­lé­spec­ta­teurs man­quaient jus­qu’à 40% de l’image que le réa­li­sa­teur dé­si­rait mon­trer. C’était comme si vous as­sis­tiez à la Der­nière Cène et que vous ne voyiez que sept des 12 dis­ciples.

L’adop­tion gé­né­ra­li­sée des té­lé­vi­seurs grand écran a per­mis de sup­pri­mer le re­ca­drage des nou­veaux DVD. Bra­vo! À un ni­veau plus so­phis­ti­qué, le consom­ma­teur plus ca­lé re­cher­chait aus­si les DVD ayant les meilleurs trans­ferts, pour une meilleure qua­li­té so­nore et vi­suelle, et les com­men­taires et les do­cu­men­taires les plus per­ti­nents.

Ce­pen­dant, la me­na­çante contre-ré­vo­lu­tion du Blu-Ray, le plus grand pro­grès tech­no­lo­gique des an­nées 2000 en ma­tière de ci­né­ma mai­son, est main­te­nant à nos portes. Grâce à cette tech­no­lo­gie, beau­coup plus d’in­for­ma­tion est en­co­dée dans les disques. L’image est six fois plus claire. Le son n’est pas com­pres­sé. Il y a plus de place pour le ma­té­riel sup­plé­men­taire.

LA VIC­TOIRE DU RAYON BLEU

C’est tout sim­ple­ment une honte que l’in­dus­trie ait sa­bo­té l’in­tro­duc­tion des disques haute-dé­fi­ni­tion avec son ab­surde guerre de for­mat, le DVD HD contre le BluRay, ce der­nier ayant ga­gné la ba­taille en jan­vier 2008.

Cette dis­pute a re­tar­dé l’adop­tion de la ten­dance do­mi­nante. La crise éco­no­mique de 2008-2009 a par la suite en­tra­vé sa re­con­nais­sance, sur­tout parce que le prix des ap­pa­reils est de­meu­ré trop éle­vé jus­qu’à main­te­nant.

Dans le contexte de ré­ces­sion-dé­pres­sion, toute l’in­dus­trie a connu un ra­len­tis­se­ment, per­dant 14% de son mar­ché aux États-Unis au cours de la der­nière an­née (la si­tua­tion a été meilleure cet au­tomne au Ca­na­da).

Comment se pro­file l’ave­nir? Le di­ver­tis­se­ment à do­mi­cile ré­cu­père len­te­ment. Le Blu-Ray pro­gresse, ac­ca­pa­rant ac­tuel­le­ment 15% des ventes. Et la qua­li­té tech­nique des nou­veau­tés - l’ap­pa­rence et le son des films - a at­teint un ni­veau im­pres­sion­nant en rai­son des res­tau­ra­tions haute-dé­fi­ni­tion. La qua­li­té de nos té­lé­vi­seurs n’a ja­mais été si bonne, ni celle des films que nous ai­mons.

LE­SEI­GNEUR­DE­SAN­NEAUX

LE CHEVALIER NOIR

MONS­TER,INC.

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