LETOP DESFILMS QUÉ­BÉ­COIS

Au­pa­ra­vant bou­dé par les ci­né­philes au pro­fit des pro­duc­tions hol­ly­woo­diennes, le ci­né­ma qué­bé­cois a fait un re­tour en force ma­gis­tral du­rant la pre­mière dé­cen­nie des an­nées 2000, mar­quée par des re­cettes re­cords en salles et une pléiade de prix, dont un

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger Agence QMI

Ja­mais un film qué­bé­cois n’a scin­tillé au­tant que ce soir d’hi­ver 2004 quand De­nys Arcand et sa con­jointe, De­nise Ro­bert, sont mon­tés sur la scène du Ko­dak Thea­ter pour cueillir l’Os­car du meilleur film en langue étran­gère pour Les in­va­sions bar­bares. Un triomphe at­ten­du, com­bien es­pé­ré, qui ve­nait ré­com­pen­ser la riche fil­mo­gra­phie du ci­néaste qué­bé­cois le plus ac­cla­mé en de­hors de nos fron­tières.

Un an plus tôt, Arcand avait re­çu le prix du meilleur scé­na­rio au Fes­ti­val de Cannes, alors que Marie-Jo­sée Croze avait mis la main sur le prix d’in­ter­pré­ta­tion fé­mi­nine. Ce triomphe, elle l’avait ap­pris en di­rect, sur le pla­teau de l’émis­sion de Ch­ris­tiane Charette, ce qui avait don­né lieu à un des bons mo­ments de té­lé­vi­sion de la dé­cen­nie.

Les films qué­bé­cois sont en vogue et rem­portent an­née après an­née des prix en quan­ti­té in­dus­trielle lors des ga­las des prix Gé­nie, qui ré­com­pensent les meilleurs films ca­na­diens.

LE BOX-OF­FICE EX­PLOSE

Ap­plau­di à tout rompre, Les in­va­sions bar­bares a aus­si confir­mé un mou­ve­ment de ré­con­ci­lia­tion du pu­blic avec le ci­né­ma qué­bé­cois qui avait été amor­cé avec Sé­ra­phin, un homme et son pé­ché et, quelques an­nées plus tôt, avec Les Boys.

Consé­quence : les re­cettes en salles ont ex­plo­sé et le ci­né­ma du Qué­bec a vé­cu un vé­ri­table âge d’or jus­qu’au mi­lieu de la dé­cen­nie. Plu­sieurs films ont fra­cas­sé la barre de cinq mil­lions de dol­lars au box-of­fice. Des oeuvres ap­pré­ciées au­tant du pu­blic que de la cri­tique, comme La grande sé­duc­tion, C.R.A.Z.Y. et Les in­va­sions bar­bares, ont car­ton­né.

Mais ce sont deux co­mé­dies po­li­cières cal­quées sur le mo­dèle amé­ri­cain qui ont fait ex­plo­ser les gui­chets. Bon cop, bad cop et De père en flic ont, cha­cun leur tour, prou­vé que les Qué­bé­cois étaient prêts à ché­rir ce type de ci­né­ma si on lui of­frait une sa­veur lo­cale.

Mais sin­ger les Amé­ri­cains a par­fois ses li­mites. Quel­qu’un se sou­vient du film Les dan­ge­reux?

NOU­VEAUX TA­LENTS

Le dé­but du siècle a aus­si vu l’émer­gence de quelques ci­néastes de ta­lent, par­mi les­quels Ri­car­do Tro­gi (et son ex­cellent Qué­bec-Mon­tréal) et Denis Ville­neuve, qui a ré­cem­ment eu la dé­li­cate tâche de por­ter à l’écran le drame de Po­ly­tech­nique. L’an­née 2009 nous a aus­si fait dé­cou­vrir Xa­vier Do­lan, dont le pre­mier film, J’ai tué ma mère, a triom­phé à la Quin­zaine des réa­li­sa­teurs, au der­nier Fes­ti­val de Cannes.

D’autres, dont Bernard Émond, Fran­cis Le­clerc, Philippe Fa­lar­deau, Be­noit Pi­lon et Sté­phane La­fleur, ont ac­cou­ché d’oeuvres ac­cla­mées par la cri­tique, sans pour au­tant faire cou­rir les foules dans les salles de ci­né­ma. Leur tra­vail a per­mis de per­pé­tuer la tra­di­tion de ci­né­ma d’au­teur d’ici.

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