LETOP DESFILMS AMÉ­RI­CAINS

Bien avant Twi­light et Trans­for­mers, il y avait un to­tal désac­cord entre le goût po­pu­laire et l’opi­nion des cri­tiques. Et de­puis aus­si long­temps qu’il y a des ac­teurs, on mau­grée contre un manque de rôles de qua­li­té.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

Pour­tant, même par­mi les op­ti­mistes, il est dif­fi­cile de ne pas être dé­cou­ra­gé par une dé­cen­nie qui a com­men­cé de fa­çon si pro­met­teuse, et qui se ter­mine main­te­nant avec un dé­so­lant haus­se­ment d’épaules.

Il y a dix ans, l’an­née 1999 s'est ré­vé­lée être l'une des meilleures en une gé­né­ra­tion du point de vue ci­né­ma­to­gra­phique : Fight Club, Being John Mal­ko­vich, Elec­tion, Ma­gno­lia, The In­si­der, Th­ree Kings, Ame­ri­can Beau­ty et The Ma­trix sont au nombre des films pro­duits par des réa­li­sa­teurs et des co­mé­diens au­da­cieux.

En 2009, la dé­fi­ni­tion même d’un film par Hol­ly­wood semble né­bu­leuse. Est-ce une marque? Un pro­duit? Un évé­ne­ment? Un ma­nège à sen­sa­tion? À quand re­monte la der­nière fois où on vous a ven­du l’his­toire d’un film? (Je n'invente rien: les bandes des­si­nées étaient au­tre­fois ba­sées sur les films, pas l'in­verse.)

Les stu­dios ont une aver­sion ma­thé­ma­tique au risque. Ils pré­fèrent mi­ser 200 mil­lions $ sur une nou­velle fran­chise pou­vant po­ten­tiel­le­ment rap­por­ter 1 mil­liard $ (ou 20 mil­lions $ sur une co­mé­die qui exerce un at­trait sur un large pu­blic) que de flam­ber 40 mil­lions $ sur un drame qui s’ap­puie sur les épaules d’un ac­teur et qui est dif­fi­cile à vendre du point de vue mar­ke­ting.

Ce­la laisse donc peu de marge de ma­noeuvre pour les films qui ne font pas l’évé­ne­ment. Pire en­core, le mar­ché au­tre­fois pros­père du film in­dé­pen­dant s'est ef­fon­dré, ce qui si­gni­fie que d’ici à ce que soit mis en place une distribution en ligne viable, les pro­duc­tions fi­nan­cées en de­hors du sys­tème des stu­dios sont confron­tées à une dure ba­taille pour se trou­ver un pu­blic.

Pour les ci­né­philes, ce­la a me­né à une pré­do­mi­nante si­mi­li­tude de films par­mi les su­per­pro­duc­tions, avec le clo­nage in­ces­sant de thèmes et de concepts.

Per­sonne ne va bou­der son plai­sir avec des di­ver­tis­se­ments aus­si ex­tra­or­di­naires que X-Men, Spi­der-Man, The Dark Knight, la tri­lo­gie du Sei­gneur des anneaux ou les films d’Har­ry Pot­ter. Mais avons-nous be­soin que les films d’Har­ry Pot­ter donnent aus­si nais­sance à The Spi­der­wick Ch­ro­nicles, Ci­ty of Em­ber ou Cirque du Freak?

Ce mo­dèle, bien sûr, n'est pas viable. Rien n’at­tire da­van­tage l’apa­thie que la fa­mi­lia­ri­té. Pour­tant, vous vous en dou­tiez, la so­lu­tion concoc­tée par Hol­ly­wood est en­core une fois dans une vieille idée re­cy­clée : le ci­né­ma 3D, la for­mule ma­gique qui est cen­sée conser­ver l'ex­pé­rience ci­né­ma­to­gra­phique vi­vante, mal­gré le for­mat mul­ti­mé­dia qui trans­forme la fa­çon dont les films sont com­mer­cia­li­sés.

En cette ère Twit­ter, les mots se pro­pagent à toute vi­tesse et condamnent cer­tains films ( Brü­no) tout en por­tant d’autres films aux nues ( The Han­go­ver) dès qu’ils prennent l’af­fiche le ven­dre­di. Voi­là ma­tière à ré­flexion pour Hol­ly­wood.

THEDARKKNIGHT

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