UN ÉVEN­TAIL DE BEAU­TÉS FÉ­MI­NINES

Voir un film in­ti­tu­lé Nine la même an­née que Dis­trict 9 et 9 peut être dé­rou­tant, même si les deux der­niers ne sont pas ti­rés d'une co­mé­die mu­si­cale ba­sée sur un film de Fel­li­ni, et ne mettent pas en scène un éven­tail de star­lettes hol­ly­woo­diennes se pa­va

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

Ce qui dé­route vrai­ment, c’est l’exis­tence même de Nine.

J’ad­met­trai que la ver­sion Broad­way de 1982 de 8 1/2, un hom­mage de Fel­li­ni à la panne d’ins­pi­ra­tion, m’était in­con­nue jus­qu’à ré­cem­ment. Le film de 1963 ra­conte l’his­toire d’un maes­tro ci­néaste ac­cla­mé qui, au beau mi­lieu du chaos gé­né­ré par l’en­cen­se­ment de la cri­tique et de ses ad­mi­ra­teurs, doit en­tre­prendre le tour­nage de son neu­vième film dont il n’a pas en­core écrit le scé­na­rio.

Ce dont ils peuvent s’ins­pi­rer pour créer une co­mé­die mu­si­cale me ren­verse... Panne d’ins­pi­ra­tion?

Mais à qui peut bien s’adres­ser ce film, hor­mis les ad­mi­ra­teurs de Fel­li­ni? La ver­sion sur Broad­way n’avait pas fait grand re­mous, mu­sique com­prise. Au-de­là de son scé­na­rio, 8 1/2 avait cette qua­li­té oni­rique qui, ma­ni­fes­te­ment, le pré­dis­po­sait à la scène : le rêve éveillé d’un maes­tro en pleine crise exis­ten­tielle voyant dé­fi­ler de­vant lui toutes les femmes de sa vie ve­nues lui rendre vi­site. On est loin de A Cho­rus Line.

À PRO­POS DE RIEN

À la dif­fé­rence de Mas­troian­ni qui avait don­né à Gui­do un air ir­ré­sis­tible de chien bat­tu, Le­wis, juste et égal à lui-même, y in­carne un maes­tro plu­tôt sombre, au­tour du­quel les nu­mé­ros chan­tés et dan­sés prennent vie, le tout dans un épais nuage de fu­mée de ci­ga­rette (c’est la Dolce Vi­ta des an­nées 60 après tout).

Mal­gré qu’il n’ait pu sor­tir Nine du théâtre comme il s’était per­mis de le faire avec Chi­ca­go, Mar­shall tient sa pro­messe. Le ré­sul­tat : une co­mé­die mu­si­cale sur film, agréable et ver­veuse, mise en scène de fa­çon à suf­fi­sam­ment conte­nir l’en­thou­siasme de sa distribution fé­mi­nine. Somme toute, un gâ­chis, mais dont la quan­ti­té de vé­nus­té est suf­fi­sante pour qu’on lui par­donne d’être une co­mé­die mu­si­cale... à pro­pos de rien.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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