UN SHER­LOCK HOLMES RÉ­IN­VEN­TÉ

Agence QMI | Met­tez ça dans votre pipe et fu­mez-la. Voi­là es­sen­tiel­le­ment ce que Guy Rit­chie dit au monde en­tier avec son in­ter­pré­ta­tion de Sher­lock Holmes, fai­sant fi de l’ico­no­gra­phie tra­di­tion­nel­le­ment as­so­ciée à Ar­thur Co­nan Doyle en nous pré­sen­tant u

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

Holmes y de­vient un homme d’ac­tion qui se bat torse nu pour le plai­sir et qui se pro­mène avec un cein­tu­ron gar­ni d’ou­tils dignes d’un su­per hé­ros. Quant au Londres dans le­quel il évo­lue, c’est un ra­mas­sis de ruelles hu­mides, de clo­chards cras­seux et de struc­tures d'acier.

Rit­chie, à qui l’on doit Snatch, n’a pas tant ré­in­ven­té Sher­lock Holmes qu’em­prun­té le titre pour son nou­veau film, qui s’ap­pa­rente plus à Pirates des Ca­raïbes qu’au Chien des Bas­ker­ville. Dans son genre, le ré­sul­tat est éner­gique, bien joué et as­sez as­tu­cieux pour mé­ri­ter une note de pas­sage.

Le film s’ouvre dans une at­mo­sphère vic­to­rienne in­quié­tante alors que Holmes (Ro­bert Dow­ney Jr.) et Wat­son (Jude Law) in­ter­rompent un sa­cri­fice hu­main et cap­turent Lord Bla­ck­wood (Mark Strong), un dé­vot de Sa­tan à qui l’on doit une sé­rie de meurtres hor­ribles en 1891. Tou­te­fois, der­rière ces meurtres se dis­si­mulent des ma­chi­na­tions dignes du Code Da Vin­ci et Holmes ne tente bien­tôt plus d’élu­ci­der des ho­mi­cides, mais bien de sau­ver le monde des griffes d’un mé­ga­lo­mane qui veut contrô­ler l’An­gle­terre et re­prendre les États-Unis grâce à des so­cié­tés se­crètes, des ex­pé­riences étranges et la des­truc­tion du Par­le­ment.

Vous crai­gnez que le scé­na­rio soit un peu trop com­plexe pour un film d’ac­tion? N’ayez crainte : l’his­toire est sim­ple­ment le mor­tier qui sert à joindre les scènes d’ac­tion entre elles.

Puis, flot­tant au-des­sus du brou­ha­ha, voi­là Dow­ney, peu convain­cant en Lon­do­nien de l’ère vic­to­rienne, mais dont la per­son­na­li­té ul­tra­cool convient par­fai­te­ment à son Holmes. À l’ins­tar du Jack Spar­row de Depp, Dow­ney ar­rive à jouer Holmes avec juste ce qu’il faut de re­te­nue pour ne pas avoir l’air ni de se prendre au sé­rieux, ni de s’en­nuyer.

Ce qui est moins agréable? Les am­bi­tions com­mer­ciales trop fla­grantes des pro­duc­teurs qui, pré­pa­rant une suite qu’on voyait dé­jà ve­nir, ont tri­co­té une in­trigue se­con­daire im­pli­quant le Pro­fes­seur Mo­riar­ty.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.