Pe­ter Jack­son ex­plore l’au-de­là d’une ado­les­cente

LOS ANGELES | (AFP) Le ci­néaste néozé­lan­dais Pe­ter Jack­son n’aime pas la ré­pé­ti­tion. Il le prouve avec The Lovely Bones, son der­nier film, où il s’éloigne ré­so­lu­ment de l’uni­vers fan­tas­tique du Sei­gneur des anneaux, qui lui a va­lu une re­con­nais­sance pla­né

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

Adap­té d’un ro­man d’Alice Se­bold, The Lovely Bones ( Jo­lis os) ra­conte l’his­toire d’une ado­les­cente de 14 ans vic­time de viol et de meurtre, qui ob­serve sa fa­mille et ses amis de­puis l’au-de­là.

«La seule chose qui me fait peur en tant que réa­li­sa­teur, c’est de me ré­pé­ter», ex­pli­quait ré­cem­ment le réa­li­sa­teur lors d’une ren­contre avec la presse, en­tou­ré des ac­teurs du film, dans un hô­tel de Be­ver­ly Hills.

«Je ne vois pas l’in­té­rêt de re­faire tou­jours la même chose, ce qui ne veut pas dire que je ne re­fe­rai pas un film fan­tas­tique ou un film d’hor­reur ou avec des ma­rion­nettes», ajou­tait-il.

Pe­ter Jack­son, au­jourd’hui mil­lion­naire, a ga­gné ses ga­lons avec des co­mé­dies d’hor­reur avant Le Sei­gneur des anneaux. La tri­lo­gie adap­tée de l’oeuvre de J. R. R. Tol­kien et peu­plée d’elfes, de ma­gi­ciens et de dra­gons a écra­sé le box-of­fice lors de sa sor­tie éche­lon­née de 2001 à 2003, em­po­chant trois mil­liards de dol­lars dans le monde en­tier et ré­col­tant 17 Os­cars. Pe­ter Jack­son a pro­duit les trois films et pré­voit de re­plon­ger dans l’uni­vers de Tol­kien avec Bil­bo le Hob­bit et le réa­li­sa­teur mexi­cain Guiller­mo del To­ro, dont le tour­nage doit com­men­cer cou­rant 2010.

Pour le réa­li­sa­teur de 48 ans, adap­ter l’his­toire d’Alice Se­bold était un «dé­fi» et un «for­mi­dable casse-tête».

«Nous vou­lions que le film de­vienne une sorte de ro­man po­li­cier qui ra­conte ce qui se passe quand on se trouve dans le monde du sub­cons­cient, le monde de l’au­de­là», ex­plique le réa­li­sa­teur.

La distribution réunit Su­san Sa­ran­don, Ra­chel Weisz, Stan­ley Tuc­ci, Mark Wahl­berg et Rose McI­ver. Saoirse Ro­nan, une jeune ac­trice ir­lan­daise de 15 ans qui avait été sé­lec­tion­née aux Os­cars pour son rôle dans Ex­pia­tion en 2007, in­ter­prète Su­sie Sal­mon, le rôle prin­ci­pal.

SOUF­FRANCE DE LA PERTE

Stan­ley Tuc­ci, que l’on a vu ré­cem­ment in­ter­pré­ter le ma­ri de Ju­lia Childs dans Ju­lie et Ju­lia, a dû vaincre ses ré­ti­cences pour en­dos­ser le cos­tume du mé­chant.

«C’était dur à tous égards», a ex­pli­qué l’ac­teur de 49 ans, père de trois en­fants, dont la femme est morte d’un cancer cette an­née. «Je suis in­ca­pable de re­gar­der ou lire quoi que ce soit où des en­fants souffrent. Je n’aime pas les tueurs en sé­rie». Mais dans The Lovely Bones, «il ne s’agis­sait pas de ce­la. C’était une su­perbe his­toire sur la souf­france de la perte».

Le film, mon­tré en avant-pre­mière à New York et Los Angeles, a été cri­ti­qué parce qu’il ne mon­trait pas le meurtre de l’hé­roïne. Mais Pe­ter Jack­son a dé­fen­du son ap­proche, ex­pli­quant qu’il vou­lait que les ado­les­cents puissent le re­gar­der.

«Je n’ai ja­mais consi­dé­ré le film comme trai­tant d’un meurtre. Si nous avions tour­né une telle sé­quence de quelque ma­nière que ce soit, ce­la au­rait stig­ma­ti­sé le film», se­lon lui.

«Pour moi, adap­ter un livre ne si­gni­fie pas en faire une co­pie conforme. C’est im­pos­sible. Pour qu’il en­globe tout, il fau­drait qu’il dure cinq ou six heures.»

Pour Su­san Sa­ran­don, qui in­ter­prète la grand-mère de l’hé­roïne, le film «nous dit de vivre notre vie et d’être heu­reux quand c’est pos­sible», et «tout ce qui ar­rive, il faut sa­voir le sai­sir et, en un sens, s’aban­don­ner».

«Alors, je me suis aban­don­née à l’at­mo­sphère et aux mots, aux ci­ga­rettes et à l’al­cool», a-t-elle plai­san­té.

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